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Société

  • Face à Face

    3255978611.jpgC’est l’histoire d’un Face mec.
    Et ce mec un jour il décide de faire le ménage dans ses Face amis, le mec.
    D’abord celles.ceux qui ne le « J’aime » pas assez souvent.
    Buiten ! Fired ! Despedido ! Gefeuert ! Virés, quoi !
    Comme il n’aime pas les chiens, il supprime ensuite tous ceux qui publient sans arrêt
    des photos de leur.s clébard.s. Puis ceux qui sont contre les corridas.
    Puis ceux qui donnent des cours de « philo-vivre-heureux-le-moment présent » à 3,50 €.
    Puis ceux qui veulent des croix partout et qui voudraient que le 21 juillet ne soit fêté
    que par des belgo-belges de minimum troisième génération.
    Puis ceux qui photographient tout le temps ce qu’ils bouffent au resto.
    Puis ceux qui disent tout le temps dans quel aéroport ils sont.
    Puis ceux qui disent tout le temps bonjour au matin et au revoir le soir.
    Bon, ça fait déjà un bon paquet de « retirer de la liste d’amis ».
    Restent encore 180. Quand même !
    Ah ! oui, ceux qui aiment-adorent les chats…
    Ben ils sont plus là !
    Sûrement que c’étaient les mêmes que ceux qui détestaient les corridas.
    Ben les écolos non plus ils sont pu là ! Forcément.
    Ni ceux contre la violence faite aux femmes et aux enfants.
    Décidément !
    Restent encore les commentateurs de foot et de tennis « on line », les
    exposants d’œuvres d’art, les critiques de films, les amateurs des vieux tubes des sixty-seventy-eigthy-nineties, …
    Et ceux qui sont pour l’écriture inclusive.sive.
    Ceux qui sont spécialisés en nécrologies.
    Et ceux qui changent sans arrêt de photo de profil.
    Et celles.ceux qui n’en mettent pas.
    Ceux qui vous promettent mille morts si vous ne partagez pas leurs trucs sur le cancer.
    Et les activistes et autres militants cervantesques
    Et pî ceux qui postent des blagues qui tournent depuis des années.
    Et ceux qui balancent des recettes de gratins caloriques toujours bourrés de fromage et d’oeufs.
    Allez, encore un petit effort.
    Ah oui, reste.ent une trentaine de gonzes-zesses qui ne pensent pas comme lui au sujet du Moyen-Orient. Le mec .
    Et celui qui se demande si c’est bien prudent de placer une étoile au faîte de son sapin de Noël.
    Et aussi s’il faut -ou pas- une majuscule à noël. Allez, à la trappe.
    Et mènant qui qui reste…
    Hein ? Qui qui reste ?
    Ben lui. Un réseau social à lui tout seul. Le mec.
    Face à Face !

    Au bout de deux jours, se sentant très seul, il s’en alla au cinéma. Tout seul.
    Là, il rencontra un ancien voisin qui lui demanda s’il ne voulait pas adopter un chaton.
    Rentré chez lui, il photographia son nouveau copain félidé.
    Et posta la photo en « couverture » sur sa page Facebook.
    Il fit de même avec sa tronche et remplit ainsi l’espace réservé à sa photo de profil.
    En souriant tristement devant le pathétique de la situation,
    il posta aussi un petit texte : « Suite à un bug, Facebook a effacé ma liste d’amis.
    Ne vous étonnez donc pas si je vous ré-invite. A bientôt ! »
    Il « invita » donc deux ou trois amis d’enfance, quelques condisciples, l’un ou l’autre cousin,
    quelques anciens collègues, et attendit…
    En quelques heures, deux ou trois (non, deux !) « J’adore » ornaient de leur petit cœur rouge
    la photo du chat. Quant à sa tronche,… rien.
    Il aurait suffi d’un ou deux LOL et MDR
    pour lui rendre un peu de sérénité.
    Il enleva donc sa tronche et la remplaça par celle du chat.
    Il ouvrit Google. Chercha des photos de couchers de soleil.
    De chiens marrants qui disent bonjour.
    De chats baillants qui disent bonsoir.
    Des pensées du Dalaï Lama.
    Une chanson de Serge Lama.
    Un avis de disparition inquiétante.
    Une alerte au virus vieille de deux ans.
    Un bouquet de fleurs photoshopé à mort.
    Un dessin de Kroll.
    Il enleva ses chaussettes.
    S’assis sur le fauteuil de la terrasse et photographia ses pieds.
    Et posta, posta, posta.
    Encouragé par les « Vous connaissez peut-être ? », il invita aussi
    pleins d’amis d’amis, des hommes politiques régionaux, des animateurs de radio,
    des gens qu’il ne connaissait ni des lèvres ni des dents, …
    Mais des gens.
    Des gens qui allaient peut-être
    le « J’aimer » à défaut de le « J’adorer » !
    Des gens bien à portée de main.
    Des gentils qu’ils invita sans compter.
    Puis il ferma les yeux et attendit.

    Les premiers avertissements sonores de notifications ne se firent pas attendre.
    Les réponses aux invitations aussi.
    « Et c'était comme si tout recommençait
    La même innocence le faisait trembler
    Devant le merveilleux
    Le miraculeux… ». 
    Non , pardon, mais je me laisse emporter là…
    Faudrait pas exagérer quand même. Quoique…
    Mais toujours est-il qu’au fur et à mesure.
    Dans la solitude de son petit appartement.
    Il se sentit revivre.
    Il était de nouveau quelqu’un pour des gens.
    Il réexistait.
    Il descendit en ville en souriant aux anges
    et à tout le monde.
    S’assit à une terrasse.
    Commanda deux verres de blanc.
    Et, tout joyeux, trinqua avec son smartphone.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Facebook : le cul et les écus

    Grand moment d’humilité

    Merde ! Putain ! Con !
    Le monde de Facebook est parvenu à tourner sans moi pendant 72 heures. Montre en main !

    brassai1899-1984henri-matisse1939-1399809330_b.jpegTout ça parce que j’avais publié « en commentaire » une photo de Matisse et d’un de ses modèles.
    Certes il était en train de la croquer… mais sur papier seulement.

    Et les scrogneuxgneux du grand réseau social, que les Martiens ne nous envient pas, ont poussé le sadisme jusqu'à me laisser accéder au « fil de l’actualité » à condition que je ferme ma sale grande gueule de pervers.
    Je pouvais regarder, mais à chaque tentative de clic, le message suivant apparaissait :

    « Vous avez récemment publié quelque chose qui enfreint les règlements Facebook et n’êtes plus autorisé à utiliser cette fonctionnalité pour le moment. Pour plus d’informations, visitez les pages d’aide.
    Pour éviter tout blocage à l’avenir, assurez-vous d’avoir bien lu et compris les Standards de la communauté Facebook.
    Ce blocage restera actif pendant encore 1 jour et 2 heures.
    Si vous pensez voir ceci par erreur, dites-le nous. »

    Suite à mon interdiction de publier, de « liker », d’ « adorer », de « waouwer » et de « grrrr…ogner » j’ai répondu à leur formulaire d’insatisfaction …

    Voici la réponse de FB suite à ma protestation :

    « Nous vous remercions pour vos commentaires.
    Nous avons à nouveau examiné votre photo et vous certifions qu’elle ne respecte pas nos Standards de la communauté. Nous comprenons que vous n’étiez peut-être pas au courant de l’existence des standards. Aussi, nous vous invitons à découvrir ce que vous pouvez partager sur Facebook."

    Et quels sont ces fameux « standards » ?

    « Standards de communauté (sorte de règlement intérieur) de Facebook (15 mars) : « Nous supprimons les photographies présentant des organes génitaux ou des fesses entièrement exposées. Nous limitons également certaines images de poitrines féminines si elles montrent le mamelon, mais nous autorisons toujours les photos de femmes qui défendent activement l’allaitement ou qui montrent les cicatrices post-mastectomie de leur poitrine. Nous autorisons également les photos de peintures, sculptures et autres œuvres d’art illustrant des personnages nus. »

    Moins sourcilleux sur des problèmes bien plus graves

    Robert Mueller, nommé en mai dernier par le ministère de la Justice pour faire toute la lumière sur les interférences russes durant la campagne électorale de 2016 et la possible collusion de l’équipe Trump avec le Kremlin pour salir Hillary Clinton, est à la hauteur de sa réputation : pugnace et méticuleux.
    En six mois de travail acharné et discret, Mueller a déjà réussi à établir l’extrême sophistication des interférences russes l’an passé, notamment sur les réseaux sociaux tels que Facebook où des millions de… roubles ont été dépensés en milliers de publicités mensongères. La plupart incitaient à l’exaltation des tensions raciales, quand d’autres visaient à ternir plus encore l’image de Clinton et des démocrates. Sans que Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, et ses équipes de cerbères virtuels y trouvent à redire, au vu du mea-culpa tardif prononcé la semaine passée par le trentenaire au visage poupin lors d’une audition surréaliste au Congrès.

    matisse flouté.jpgComme quoi, le cul et les écus… n’ont pas le même poids dans cette Amérique cul-bénite de sa sainteté le dollar.

  • Le déficit du doute

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    A.F.S.C.A. : Attention Fipronil Sous Coquile Avenante

    Ces derniers jours, un peu plus que les autres peut-être, je tente de me rassurer en cochant les rares certitudes qui me permettent d’avancer dans la vie. Du style « je n’aurai jamais tous les jours vingt ans », ou « je ne serai jamais Félicien Rops, ni Albert Londres, Gaston Roelandts (ça c’est pour emmerder les jeunes !) et encore moins Che Guevara », toutes ces places étant déjà occupées…

    La seule chose dont je sois aussi à peu près sûr, et quasiment certain, c’est que les œufs sortent du trou de balle des poules.
    Pour le reste, … les questions se pressent tout en bousculant ma confiance déjà bien branlante. Lisez « ébranlée », petits filous…

    Vivre plus longtemps en bonne santé ne coûte-t-il pas plus cher à la sécu que mourir plus jeune de malbouffe ?

    Qui vole un œuf industriel, vole-t-il un bœuf bio ?

    Le bar de ligne (donc sauvage) qui grille sur ma plancha n’a-t-il pas été pêché près d’un élevage pollué de saumons mous ?

    Si je cuis un œuf contaminé dans une fausse poêle Téfal ® avec de l’huile de palme non équitable et une tranche de jambon d’Ardennes flamandes ai-je plus de risque de voir mon taux de mauvais cholestérol péter le plafond que si je mange un œuf bio frit au beurre de la ferme d’à côté avec du jambon de Piétrain certifié bio de chez  bio ?

    D’ailleurs, comme dit mon voisin, « A part le prix, qu’est-ce qui te prouve que c’est bio ? ».

    Et les bilans énergétiques sur les produits alimentaires ? Qui me prouve que mon yaourt édulcoré fait vraiment 56 Kcal aux 100 g ? Qui me dit que le gars qui calcule ça ne s’est pas trompé d’échantillon, ou n’a pas tapé sur la mauvaise touche de son clavier un vendredi à 17 h 29 et que, à cause de lui, je vais encore prendre 0,753 g de plus sur la balance demain matin à jeun ?

    Ce petit chimiste batave de mes deux becs Bunsen qui a introduit du Fipronil dans le pourougicide utilisé à l’insu de leur plein gré par des braves gens qui, la conscience tranquille, élèvent 100.000 poules dans leur jardin d’Eden… Ce fils de p…lanteur de tulipes et de tireur de caravane réunis a donc remis une couche de doute sur la tartine de Nutella ® de mes déjà pénibles incertitudes.

    Et de me perdre dans un océan pollué de conjectures industrielles…

    La viande de cheval roumain découverte dans les lasagnes Spanghero était-elle vraiment du cheval ?

    Dieu est-il bio ? Ben tiens, tant qu’on y est à nous faire croire n’importe quoi.

    Donald Trump n’est-il pas l’arrière-petit-fils caché d’Oliver Hardy ?
    Et n’aurait-il pas péché avec la femme de Kim Jong-il pour donner naissance à Kim Jong-un, ce qui expliquerait bien des inimitiés et des traits communs de caractère ?

    A quelle date l’homme est-il passé de l’âge du fer à celui du bronze ?

    Que se passe-t-il dans une boîte de saucisses TV Zwan ® la nuit qui suit la date de péremption ?

    J’en étais là quand Michelle m’a dit : « Tu sais, le Fipronil, ils ont découvert ça par hasard. C’est un producteur d’œufs qui a changé de labo. Il a envoyé ses œufs en Allemagne, là où la détection du Fipronil fait partie des routines d’analyses. Alors qu’en Belgique, il faut vraiment le chercher pour en trouver. Donc ma bonne dame… Ben oui, ben non on ne nous dit pas tout… Et ce qui est grave, ils ne nous disent pas tout parce que eux-mêmes ne savent pas encore tout.
    Allez, bon appétit ! Et comme disait mon médecin : « La vie est une maladie mortelle, de toutes façons tu n’en sortiras pas vivant ! »
    Rendez-vous au JT de 13 heures pour la suite des bonnes nouvelles !

  • Américain préparé.

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    Alors que ce sont eux qui ont le plus de succès, il n’y a jamais qu’un sandwich américain pour six au jambon et six au fromage ? Et quand, parfois, les sandwiches ne laissent pas deviner leur garniture, la collation prend des allures de tirage de lotto, … Avec les fouilles au corps que certains n’hésitent pas à pratiquer de leurs doigts gourmands et fureteurs. C’est souvent aussi le signal de rupture de glace entre des « invités » qui ne se connaissent pas… Une preuve de plus que ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers. Et cela fait des décennies que ça dure.

    Ben oui, je reviens d’un enterrement.
    Et d’un « après-enterrement », j’allais oser dire, n’en déplaise au défunt, « surtout d’un après-enterrement ».
    Parce que les sandwiches d’après l’enterrement, c’est surtout une affaire de vivants.
    Revenir à des funérailles dans son village natal, c’est comme tremper une tranche de pain rassis dans le grand bol intact du cacao chaud et odorant de son enfance.
    C’est se retrouver assis entre des dames à qui, adolescent, on n’aurait jamais oser dire autre chose que « Bonjour ! » ou « Bonsoir ! ». Le « grand-âge » (dort ?) réduisant les différences d’âges (justement) et de sexe… ainsi que certains interdits parentaux. Les filles avec les filles et les garçons avec les garçons !
    C’est là aussi que l’on remet les bons couvercles sur les bonnes casseroles des familles. Que l’on démêle les échevaux compliqués des relations. Que l’on trouve des réponses à de sombres questions qui ont hanté nos nuits… Que l’on découvre de belles personnes que nos timidités d’adolescents avaient mise à l’index.
    C’est là enfin qu’on se rend compte aussi que c’est d’abord Facebook qui nous avait permis de nous retrouver. Bien avant le faire-part funèbre. Utiles aussi les photos de profil qui évitent les désobligeants « Je ne t’aurais jamais reconnu ! ».
    Ah ! Oui ! On parle aussi un peu, quand même, de la vedette du jour et des bons moments partagés. Mais sans s’appesantir sur les derniers instants, tacitement, comme pour ne pas casser l’ambiance.

    « C’est dommage qu’il faille attendre un enterrement pour se revoir, mais bon… c’est la vie… ». Et personne, jamais personne, n’ajoute : « A la prochaine ! ». On ne sait jamais...

    Ben ouiche, c’est tout ça un enterrement. Après les souvenirs d’enfant de chœur dans l’église paroissiale où l’on se demande si le confessionnal a gardé l’odeur du cigarillo de Monsieur le curé Carlier, voici le cimetière où l’on profite de l’occasion pour voir comment se portent les tombes des siens. Des visages bienveillants ou toxiques passent un instant dans les mémoires… Inoffensifs, le temps, comme une pelletée de terre, rendant les morts presque tous fréquentables. 

    Et on finit toujours par se dire que, comme quoi, même si on n’est pas parmi les meilleurs, si on n’est que jambon, ou que fromage, on est quand même bien content de rester sur le plateau et de ne pas être partis les premiers…

     

  • Bidoche ou poisson ?

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    Dimanche 23 avril :

    Chez les Sikotés, on déteste le poisson. Madame Sikotés va donc chez le boucher. Ce sera un magret rosé pour Benoit, un faux-filet à point pour François, une escalope pour Emmanuel et un steak-tartare bien rouge pour Jean-Luc. Les Tricolo-Bontain, eux, préfèrent de loin le poisson. Chez le mareyeur de Madame Tricolo-Bontain l’encornet décongelé est en promo. Ce sera donc encornet armoricaine pour tout le monde.

    Dimanche 7 mai :

    Madame Sikotés arrive chez le boucher mais il n’y a plus que de l’escalope ! Résultat Jean-Luc, François et Benoit vont encore râler… Mais ce sera escalope ou rien ! On va pas passer au poisson quand même ! N’auront qu’à faire avec.
    Chez son poissonnier, Madame Tricolo-Bontain tire la tronche. Encore de l’encornet ! qui vont dire… Ben ouiche, mais dimanche passé ils ont adoré, alors, on remet ça ! Espérons que la bestiole céphalopode ne goûte pas trop l’escalope… Et s’ils râlent trop, en juin je leur fais des tripes ! Chiche ?

    Lundi 8 mai :

    Chacun aura sûrement encore un peu faim et tirera la tronche sauf peut-être Emmanuel, repus et souriant aux anges... Désormais, et pendant cinq ans, ce sera vraisemblablement escalope à tous les repas. Et pour tout le monde !


    Ah ! Oui ! Ce lundi, c’est aussi l’anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie. Mais bon, ça c’est tous les ans depuis quarante-cinq.


    (Jean-Charles Perrault de La Fontaine)

  • Parenthèses de bonheur

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    Les forces occultes qui nous gouvernent ne sont ni en enfer ni au paradis, elles sont dans les banques et les cénacles politico-financiers.
    Elles résident aussi dans l'obscurantisme (entretenu) des électeurs.
    Les Trumps, Orban, et autres Erdogan, ne sont pas des putschistes. Ils ont été démocratiquement élus.
    Ce qui veut dire, plus qu'hier encore, qu'il ne faut plus faire confiance aux peuples pour savoir ce qui est (ou pas) bon pour eux. 
    Les puissances  qui nous gouvernent ne sont pas occultes, mais identifiées autant qu'inaccessibles. Et ce ne sont pas les frétillements des campagnes électorales, ni les résultats des scrutins, qui vont fondamentalement changer la donne. 
    En choisissant parmi les solutions extrêmes qu'on lui  présente le citoyen opte pour un hypothétique meilleur. Dans ce cas, c'est une part de sa liberté qu'il joue à pile ou face. Rien n'étant moins sûr que l'incertain. Et s'il choisit un parti plus soft, il vote  pour la certitude d'une continuation de ses frustrations.
    Libre à l'homme d'adhérer à une religion pour l'aider à supporter tout ça.
    Ou, pour celui qui ne croit pas en l'existence d'une puissance supérieure extra-terrestre ou de divins envoyés spéciaux venus d'ailleurs, libre à lui de se créer des parenthèses du supportable. 
    Changer toute la société est impossible. Il y aura toujours des profiteurs qui embobineront des électeurs pour satisfaire "majoritairement" leurs ego. Bien loin de l'intérêt général.
    Aux hommes libres de se constituer des ilots de liberté, à l'abri des anti-cyclones de la réalpolitique du tout à l'économique et du bénéfice à court terme.
    Et ces hommes-là existent. Leur simple combat est de vivre autrement. Rattachés à la société par un minimum vital. Société à laquelle ils participent et contribuent  solidairement, se réservant une "double nationalité" salvatrice entre leur écosystème librement créé et la matrice globale à laquelle ils ne peuvent matériellement renoncer.
    Schizophrènes ? Certes, un peu.
    Mais leur bonheur, leur sérénité et leur équilibre est à ce prix.
    Les écologistes ont voulu d'abord changer le système de l'extérieur, puis de l'intérieur.
    Leur combat plein d'espoir se poursuit, entre le mépris supérieur des élites économico-financières (et finassières) qui brandissent le plein emploi, le chaos et la misère à chaque proposition d'avancée écologico-humaniste, d'une part, et les quolibets agacés de ceux qui veulent un air pur sans changer leurs habitudes, d'autre part. 
    Leur idéal et leur courage pèse souvent peu face à l'obscurantisme de ces majorités de moins en moins silencieuses. Mais leur "maladie" de l'esprit est contagieuse.
    Pour vivre positivement il faut à l'homme libre "cancériser" le monde à coups de petites métastases oxygénantes (gênantes ?). Lesquelles, loin de s'attaquer au grand corps sociétal malade, vont créer des cellules de vie immunisée où il sera possible de s'épanouir autrement que par la compétitivité. 
    Par une activation volontariste des propensions naturelles au bonheur. 
    Propensions naturelles à la création désintéressée, individuelle ou collective, à l'initiation à la culture, ... A l'amitié, la famille, le bénévolat, l'art de vivre ensemble, la méditation, le soin de soi par une alimentation raisonnée...
    Des propensions que la paresse légitime engendrée par le travail et ses conditions vient sans cesse contrarier. Aidée en cela par l'engourdissement de l'esprit, cultivé par l'action soporifique de certains médias de masse, propriétés des pseudo-forces obscures dont question plus haut.
    Loin du parasitisme, puisqu'ils payent leurs impôts, ces schizophrènes du bonheur osent sauter du train fou de l'abrutissement. Juste le temps  de récupérer les forces nécessaires  à supporter le stress  de la compétitivité à outrance et du burn-out réunis qu'on leur impose à l'extérieur.
    Sans cracher dans la grande soupière, ils font bol à part.
    Il faut arrêter de croire aux spectres que les politiques traditionnels (et leurs sponsors) agitent sans cesse : sécurité et plein emploi.
    Ils (et nous, et nos parents aussi) ont doucettement, et bien involontairement (pour certains), créé les conditions de cette insécurité généralisée. Faite de mondialisation et d'insatisfaction planétaire. Faisant du bien-être matériel dont nous jouissons un appât pour les moins favorisés. Et il nous faudra nous habituer à vivre avec. Si cela n'est déjà fait.
    Le plein emploi et les technologies de pointe, et l'automatisation qu'elles entrainent, ne feront jamais lit commun.
    Le chômage deviendra une profession reconnue. Il faut s'en  faire une raison, sans juger, ni condamner. Comme les migrations. Sans juger ni condamner. 
    Si la société, et ceux qui travaillent, sont devenus incapables de fournir du travail à tous, il faudra bien un jour passer par le revenu universel, ou quelque chose de semblable, pour éviter les guerres civiles et les marginalisations outrageantes et frustrantes. Ce qu'on appelait le progrès, destiné à sauver les humains, est devenu un poison universel. Mais l'antidote existe. Et il est individuel.
    On ne changera cette société du progrès qu'en s'y adaptant.
    En douceur, parallèlement. Volontairement.
  • "Marche pour la vie" : interdiction de couper les choux !

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    Jusqu’à l’âge de onze ans, j’ai cru dur comme fer que, dans la nuit du 5 décembre, un vieux monsieur déguisé en évêque, avec mitre, crosse et tout le saint tremblement, accompagné de son âne et d’un esclave africain, s’introduisaient chez moi par un conduit de cheminée mesurant à tout casser trente centimètres sur vingt. Qu’ils déplaçaient, en plus, une cuisinière de marque Ciney d’une demi-tonne, et bourrée de charbon rougeoyant, pour pouvoir m’apporter des jouets, des mandarines et des bonbons. Comment faisaient-ils pour remonter en ayant replacé le poêle ? C’était ça le vrai miracle !
    Plus tard, au catéchisme, un autre monsieur, déguisé en veuve calabraise, m’a assuré que c’est un volatile à visage humain nommé Gabriel qui avait envoyé un pigeon (que j’étais) appelé saint Tesprit (qui croyait prendre) pour cocufier un charpentier de Nazareth et faire ainsi un fils à dieu, et par la même occasion à une brave fille qui, non seulement resterait vierge, mais garderait le nom toute sa vie. Vie d’ailleurs qu’elle passerait à revenir sur terre après sa mort pour dire aux autres pigeons qu’elle était toujours immaculée ! Soit. Mais pendant tout ce temps, ma grand-mère m’assurait que les enfants ça naissait dans les choux… Schizophrène moi ? Meuh non… Mais j’allais quand même traîner souvent dans le jardin… au cas où… On ne sait jamais !
    Re-soit ! Mais bon, saint Nicolas cela n’a duré que jusqu’à mes onze ans, et pour le reste Marie, Jésus, Joseph, j’eus vite compris, avec l’aide de mes copains, que Gabriel s’appelait en fait Zizi et que c’était pas des trucs à faire sinon « on était obligé de se marier ».
    Et vl’la t’y pas que dimanche au JT je tombe sur un cortège (une procession mariale ?) constituée de gens qui continuent de croire dur comme fer que Gabriel, saint Tesprit et donc Dieu sont les papas de Jésus, et donc que mama Marie a toujours un hymen non perforé, et qui manifestent contre une loi qui a été votée quand la plupart n’étaient même pas encore nés. Des gens qui croient que Darwin a créé le monde en sept jours, et sans heures sup !
    Et qu’est-ce qu’ils veulent imposer à toutes ces gens-là ?
    Eh ben, ils veulent interdire que l’on coupe les choux fraîchement repiqués. Rien de moins, rien de plus !
    Ben ouais, le raccourci est saisissant. Mais c’est ça. Quand on croit au surnaturel au point d’en faire une règle stricte de vie quotidienne, on en arrive à extrapoler ses croyances au point d’en perdre la raison. Vous verrez, ce seront les mêmes qui bientôt nous obligeront à « étourdir » les huitres avant ouverture. Les mêmes qui proposeront, si on les laisse se reproduire sans capote, le port obligatoire du triangle rose pour les « sexuellement orientés différemment ». Les mêmes qui remettront Zola à l’index. Les mêmes qui n’osent pas écrire « vierge » sans le « i », du moins avant le mariage.
    Ceux-là mêmes qui fustigent les musulmans pour cause d'
    intégrisme !

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  • Co remémorations



    IMG_0467.jpgMinutes de bruit

    Ou silences minutés
    Paroles fortes
    Lacrimogènes
    Anniversaires surmédiatisés
    Et gerbes déposées
    Micros tendus
    Comme des aspirateurs d’émotions
    Lieux communs pour lieux de mémoire
    Bougies de chauffe-plats 
    Aux flammes tremblotantes
    Cris dérisoires

    Sur les pavés lavés


    C’est pour les vivants
    Pour ceux qui restent
    Habillés de pourquoi

    Pendant que les loups
    Fous jaloux
    Fous frustrés
    Fous de haine
    Habillés de dieu
    Attendent

    Que le troupeau s'habille de peur

    Puis
    Que le troupeau oublie
    Que le troupeau revive

    Avant de le remordre
    Des loups pour qui
    La vie n’a plus de sens
    Ni de valeur
    Des loups qui tuent sans faim
    Et sans plaisir
    Des loups à qui
    Il faudrait
    Simplement
    Un jour
    Réapprendre
    Encore
    Et encore
    A réaimer
    La vie

     

  • Indignez-vous, mais dans la dignité.

    Voici le texte complet de mon article qui vient d'être mis en ligne sur le site

    du magazine "Le Vif-Express". 

    http://www.levif.be/actualite/international/indignez-vous-mais-avec-dignite/article-opinion-626891.html

     

    768945.jpg

     

    Indignez-vous !

    Qu’il était fort le message de Stéphane Hessel. Nous étions en 2010.
    Sept ans plus tard, si le message est toujours d’actualité, il a été entièrement dévoyé par beaucoup. Chaque groupe culturel, religieux, politique, partisan, économique ou anti-quelque chose usant et abusant de ce qu’il croit être de l’indignation. Alors qu’il ne s’agit plus que de colère, de frustration, de passion, bref, de réclamation.
    De l’idée noble insufflée par Hessel, la masse n’a retenu que l’idée de faire entendre ses voix. D’un grand mouvement fustigeant l’injustice et l’inégalité, la masse n’a entendu que le droit de réclamer tous ses petits dûs.
    Et de s’indigner quand la presse ose s’en prendre aux siens. A ceux qui défendent ses intérêts particuliers et les convictions qui vont avec.
    Il suffit d’entendre l’aveuglement dont font preuve les partisans de certains candidats à la présidentielle. Ils s’indignent que l’on ose s’indigner, ailleurs, des comportements dysfonctionnants des leurs champions.
    Stéphane Hessel basait son appel sur des faits.
    La masse prend le droit de s’indigner en ignorant les faits qui la dérangent.
    « Quelle indignité ! » semble être la réponse type à chaque révélation étayée et contrariante.
    Même les gars de la Marine s’indignent qu’on ose « justicier » leur Jehanne d’Arc. La plaçant au-dessus des lois qu’ils s’apprêtent à piétiner une fois la victoire acquise. Et quand un journaliste de la RTBF évoque « la justice » à propos des démêlés de François Fillon, ses partisans crient à l’amalgame. Tous pourris sauf les nôtres.
    L’aveuglement a toujours été le principal obstacle à la lecture.
    Même si la lisibilité reste parfois une notion floue, voire compliquée.
    La justice et la presse d’information (non, ce n’est plus un pléonasme), ces empêcheurs de gouverner en rond, restent les seuls garants de la démocratie bien comprise.
    L’indignation généreuse est devenue revendication passionnelle et égoïste.
    Et Facebook et ses pairs ont fait le reste, nous installant de plain pied sur le plateau du « Petit rapporteur ».
    Leurs algorithmes confinant leurs utilisateurs dans leurs cocons de petites indignations partisanes. Les empêchant de voir ailleurs.
    Mais il y a plus grave.
    Quand cette délation larvée, dont abuse généreusement le président des Etats-Unis, est utilisée au sommet du pouvoir, elle ouvre la voie à tous ceux qui ont ou auront le nez dans le caca. François Fillon n’a-t-il pas évoqué publiquement devant 200.000 (pardon, 40.000) fanatiques la suicide de sa femme ? Rien n’est désormais plus trop « gros » dès qu’il s’agit d’accéder au pouvoir. Et, en Amérique comme en France, les partisans partisent.
    La présomption de culpabilité s’efface devant la suspicion de quelque grand complot. Quant à la présomption d’innocence, elle ne fonctionne que pour les siens.
    Et ça marche. « Regardez comme ils osent abreuver leurs sillons de notre sang pur ! ».
    Plus que jamais la justice et la presse se doivent de rester irréprochables pour transformer ces insatisfactions en causes d’intérêt général. Sinon, bienvenue en Pologne, en Turquie ou en Hongrie. Non, la Corée du Nord, c’est déjà complet !

    Dans le film « Chez Nous », Lucas Belvaux montre comment une belle personne, généreuse et ouverte, qui ne fait pas de politique, mais élevée dans les valeurs de la gauche militante, capable de grandes indignations, va être formatée, « radicalisée », pour endosser l’uniforme électoral d’une candidate d’extrême droite aux municipales. On voit là comment, en « fabricant » et en exhaustant les petites indignations du quotidien en guise de programme politique, les manipulateurs du parti vont tenter de radicaliser cette personne pour en faire un instrument de cristallisation des haines et des peurs en vue de la conquête du pouvoir.
    Et pour s’indigner ensuite des réactions de haine que sa seule présence au sein de la communauté va provoquer.
    Le basculement de ce type d’indignation -provoquer la haine, pour, ensuite, s’indigner des réactions qu’elle provoque- est un signe de proximité de la ligne de touche de la démocratie.
    La part de générosité inhérente aux grandes indignations chères à Hessel une fois confisquée, il ne reste que l’égoïsme du rejet. La démocratie n’est plus alors le mieux vivre ensemble possible, mais l’illusoire espoir qu’une puissance « magique » et autoritaire va faire revenir les temps bénits d’un monde débarrassé d’une « racaille » responsable de tout.
    Et il n’est de pire régime qu’un autoritarisme démocratiquement institué.
    La victoire de ces faux-indignés se résumant alors à un coup d’état passé par les urnes.

     

    (1) Dans cet essai, Stéphane Hessel appelle, en s'appuyant sur l'idée « sartrienne » d'engagement personnel, à ne pas accepter le creusement des inégalités de richesse, critique la politique d'immigration des gouvernements Fillon, regrette le poids du monde financier dans les choix politiques et dénonce l'affaiblissement de l'héritage social du Conseil national de la Résistance (sécurité sociale et régime de retraite). Sous le titre « Mon indignation à propos de la Palestine », un développement est consacré à la situation imposée par l'État d'Israël à la Palestine, et notamment à la Bande de Gaza.

  • Courbe de gausse

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    Chers Zamies & Zamis, et Zamis/mies de vos Zamies/mis.



    Facebook serait-il devenu le dernier salon où l’on se gausse ?


    http---i.huffpost.com-gen-2714370-images-n-POOP-EMOJI-ICE-CREAM-628x314.jpgTrump twîîîte une bafouille à l’emporte-pièce de +/- 140 signes et nous nous gaussons.

    F.F. (François Fillon) ment comme dealer pris avec dix pacsons dans chaque poche et l’on se gausse.

    Des mandataires wallons du club « pas vu pas pris - pas su pas nous » se rejettent des balles pourries et nous nous regaussons.

    Les humoristes s’en donnent à gausse-joie et nous partageons. Même que nous, Wallons ou Belges d’expression plus ou moins française nous avons même tendance (doux euphémisme) à publier plus sur ce fou furieux de Donald T. et ce discret prestidigitateur de F.F. que sur nos Publifions régionaux.

    Peut-être parce que, là, nous avons peut-être voté pour eux, ou que le fille de la copine est MR, et que la voisine chez qui la gamine fait du babysit est PS ou que le patron du neveu est CdH… Ou peut-être simplement parce que nous avons honte…
    Toujours est-il que nos quelques vrais magouilleurs et ceux qui les ont casés, eux, haussent les épaules devant notre gaussisme quasi-inoffensif.


    images.jpgDevant les dérives de Trump, les Américains descendent dans leurs rues et pétitionnent à tout va. Même les Roumains manifestent contre l’amnistie programmée de leurs corrompus.
    Mais nous, non, nous nous gaussons. En remplaçant joyeusement l’Internationale par l’Intercommunale, et en reforwardant du Kroll à tout va. 

    Et après… Quand la lassitude aura usé cette courbe de gausses, quand toutes ces gausseries auront trouvé un nouveau terrain de jeux… ? Hein ? Quand les commissions spéciales auront commissionné ?

    1.jpgTant que tous les gaussistes d’aujourd’hui ne se rassembleront pas par milliers à Namur, ou devant les sièges des partis, les présidents et ceux qu’ils ont placés aux juteuses places refuseront toute tentative réelle d’y voir clair.
    Pour les patrons de la politique, les réseaux sociaux sont de la rigolade tant qu’ils ne remplissent pas les rues de vociférations. Le chaos ? Non, l’écho !
    Et ne comptez pas sur les syndicats (très muets ce coup-ci !) pour catalyser le mouvement. Non, ils ont apparemment d’autres chats à cacher, eux aussi.

    Tous ceux qui sont si près de leurs sous quand il s'agit d'aider les migrants semblent soudain s'en foutre quand ils tombent dans la poche des parvenus sans états d'âme qu'ils ont élus ! 

    Sinon, il vous restera des yeux pour pleurer ou des clics pour vous gausser.
    La démocratie ce n’est pas que le jour des élections. Et ce jour-là, quand tous les gausseurs et les dégoutés auront choisi l’abstention ou le vote extrême, il sera trop tard.