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Société

  • Le déficit du doute

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    A.F.S.C.A. : Attention Fipronil Sous Coquile Avenante

    Ces derniers jours, un peu plus que les autres peut-être, je tente de me rassurer en cochant les rares certitudes qui me permettent d’avancer dans la vie. Du style « je n’aurai jamais tous les jours vingt ans », ou « je ne serai jamais Félicien Rops, ni Albert Londres, Gaston Roelandts (ça c’est pour emmerder les jeunes !) et encore moins Che Guevara », toutes ces places étant déjà occupées…

    La seule chose dont je sois aussi à peu près sûr, et quasiment certain, c’est que les œufs sortent du trou de balle des poules.
    Pour le reste, … les questions se pressent tout en bousculant ma confiance déjà bien branlante. Lisez « ébranlée », petits filous…

    Vivre plus longtemps en bonne santé ne coûte-t-il pas plus cher à la sécu que mourir plus jeune de malbouffe ?

    Qui vole un œuf industriel, vole-t-il un bœuf bio ?

    Le bar de ligne (donc sauvage) qui grille sur ma plancha n’a-t-il pas été pêché près d’un élevage pollué de saumons mous ?

    Si je cuis un œuf contaminé dans une fausse poêle Téfal ® avec de l’huile de palme non équitable et une tranche de jambon d’Ardennes flamandes ai-je plus de risque de voir mon taux de mauvais cholestérol péter le plafond que si je mange un œuf bio frit au beurre de la ferme d’à côté avec du jambon de Piétrain certifié bio de chez  bio ?

    D’ailleurs, comme dit mon voisin, « A part le prix, qu’est-ce qui te prouve que c’est bio ? ».

    Et les bilans énergétiques sur les produits alimentaires ? Qui me prouve que mon yaourt édulcoré fait vraiment 56 Kcal aux 100 g ? Qui me dit que le gars qui calcule ça ne s’est pas trompé d’échantillon, ou n’a pas tapé sur la mauvaise touche de son clavier un vendredi à 17 h 29 et que, à cause de lui, je vais encore prendre 0,753 g de plus sur la balance demain matin à jeun ?

    Ce petit chimiste batave de mes deux becs Bunsen qui a introduit du Fipronil dans le pourougicide utilisé à l’insu de leur plein gré par des braves gens qui, la conscience tranquille, élèvent 100.000 poules dans leur jardin d’Eden… Ce fils de p…lanteur de tulipes et de tireur de caravane réunis a donc remis une couche de doute sur la tartine de Nutella ® de mes déjà pénibles incertitudes.

    Et de me perdre dans un océan pollué de conjectures industrielles…

    La viande de cheval roumain découverte dans les lasagnes Spanghero était-elle vraiment du cheval ?

    Dieu est-il bio ? Ben tiens, tant qu’on y est à nous faire croire n’importe quoi.

    Donald Trump n’est-il pas l’arrière-petit-fils caché d’Oliver Hardy ?
    Et n’aurait-il pas péché avec la femme de Kim Jong-il pour donner naissance à Kim Jong-un, ce qui expliquerait bien des inimitiés et des traits communs de caractère ?

    A quelle date l’homme est-il passé de l’âge du fer à celui du bronze ?

    Que se passe-t-il dans une boîte de saucisses TV Zwan ® la nuit qui suit la date de péremption ?

    J’en étais là quand Michelle m’a dit : « Tu sais, le Fipronil, ils ont découvert ça par hasard. C’est un producteur d’œufs qui a changé de labo. Il a envoyé ses œufs en Allemagne, là où la détection du Fipronil fait partie des routines d’analyses. Alors qu’en Belgique, il faut vraiment le chercher pour en trouver. Donc ma bonne dame… Ben oui, ben non on ne nous dit pas tout… Et ce qui est grave, ils ne nous disent pas tout parce que eux-mêmes ne savent pas encore tout.
    Allez, bon appétit ! Et comme disait mon médecin : « La vie est une maladie mortelle, de toutes façons tu n’en sortiras pas vivant ! »
    Rendez-vous au JT de 13 heures pour la suite des bonnes nouvelles !

  • Américain préparé.

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    Alors que ce sont eux qui ont le plus de succès, il n’y a jamais qu’un sandwich américain pour six au jambon et six au fromage ? Et quand, parfois, les sandwiches ne laissent pas deviner leur garniture, la collation prend des allures de tirage de lotto, … Avec les fouilles au corps que certains n’hésitent pas à pratiquer de leurs doigts gourmands et fureteurs. C’est souvent aussi le signal de rupture de glace entre des « invités » qui ne se connaissent pas… Une preuve de plus que ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers. Et cela fait des décennies que ça dure.

    Ben oui, je reviens d’un enterrement.
    Et d’un « après-enterrement », j’allais oser dire, n’en déplaise au défunt, « surtout d’un après-enterrement ».
    Parce que les sandwiches d’après l’enterrement, c’est surtout une affaire de vivants.
    Revenir à des funérailles dans son village natal, c’est comme tremper une tranche de pain rassis dans le grand bol intact du cacao chaud et odorant de son enfance.
    C’est se retrouver assis entre des dames à qui, adolescent, on n’aurait jamais oser dire autre chose que « Bonjour ! » ou « Bonsoir ! ». Le « grand-âge » (dort ?) réduisant les différences d’âges (justement) et de sexe… ainsi que certains interdits parentaux. Les filles avec les filles et les garçons avec les garçons !
    C’est là aussi que l’on remet les bons couvercles sur les bonnes casseroles des familles. Que l’on démêle les échevaux compliqués des relations. Que l’on trouve des réponses à de sombres questions qui ont hanté nos nuits… Que l’on découvre de belles personnes que nos timidités d’adolescents avaient mise à l’index.
    C’est là enfin qu’on se rend compte aussi que c’est d’abord Facebook qui nous avait permis de nous retrouver. Bien avant le faire-part funèbre. Utiles aussi les photos de profil qui évitent les désobligeants « Je ne t’aurais jamais reconnu ! ».
    Ah ! Oui ! On parle aussi un peu, quand même, de la vedette du jour et des bons moments partagés. Mais sans s’appesantir sur les derniers instants, tacitement, comme pour ne pas casser l’ambiance.

    « C’est dommage qu’il faille attendre un enterrement pour se revoir, mais bon… c’est la vie… ». Et personne, jamais personne, n’ajoute : « A la prochaine ! ». On ne sait jamais...

    Ben ouiche, c’est tout ça un enterrement. Après les souvenirs d’enfant de chœur dans l’église paroissiale où l’on se demande si le confessionnal a gardé l’odeur du cigarillo de Monsieur le curé Carlier, voici le cimetière où l’on profite de l’occasion pour voir comment se portent les tombes des siens. Des visages bienveillants ou toxiques passent un instant dans les mémoires… Inoffensifs, le temps, comme une pelletée de terre, rendant les morts presque tous fréquentables. 

    Et on finit toujours par se dire que, comme quoi, même si on n’est pas parmi les meilleurs, si on n’est que jambon, ou que fromage, on est quand même bien content de rester sur le plateau et de ne pas être partis les premiers…

     

  • Bidoche ou poisson ?

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    Dimanche 23 avril :

    Chez les Sikotés, on déteste le poisson. Madame Sikotés va donc chez le boucher. Ce sera un magret rosé pour Benoit, un faux-filet à point pour François, une escalope pour Emmanuel et un steak-tartare bien rouge pour Jean-Luc. Les Tricolo-Bontain, eux, préfèrent de loin le poisson. Chez le mareyeur de Madame Tricolo-Bontain l’encornet décongelé est en promo. Ce sera donc encornet armoricaine pour tout le monde.

    Dimanche 7 mai :

    Madame Sikotés arrive chez le boucher mais il n’y a plus que de l’escalope ! Résultat Jean-Luc, François et Benoit vont encore râler… Mais ce sera escalope ou rien ! On va pas passer au poisson quand même ! N’auront qu’à faire avec.
    Chez son poissonnier, Madame Tricolo-Bontain tire la tronche. Encore de l’encornet ! qui vont dire… Ben ouiche, mais dimanche passé ils ont adoré, alors, on remet ça ! Espérons que la bestiole céphalopode ne goûte pas trop l’escalope… Et s’ils râlent trop, en juin je leur fais des tripes ! Chiche ?

    Lundi 8 mai :

    Chacun aura sûrement encore un peu faim et tirera la tronche sauf peut-être Emmanuel, repus et souriant aux anges... Désormais, et pendant cinq ans, ce sera vraisemblablement escalope à tous les repas. Et pour tout le monde !


    Ah ! Oui ! Ce lundi, c’est aussi l’anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie. Mais bon, ça c’est tous les ans depuis quarante-cinq.


    (Jean-Charles Perrault de La Fontaine)

  • Parenthèses de bonheur

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    Les forces occultes qui nous gouvernent ne sont ni en enfer ni au paradis, elles sont dans les banques et les cénacles politico-financiers.
    Elles résident aussi dans l'obscurantisme (entretenu) des électeurs.
    Les Trumps, Orban, et autres Erdogan, ne sont pas des putschistes. Ils ont été démocratiquement élus.
    Ce qui veut dire, plus qu'hier encore, qu'il ne faut plus faire confiance aux peuples pour savoir ce qui est (ou pas) bon pour eux. 
    Les puissances  qui nous gouvernent ne sont pas occultes, mais identifiées autant qu'inaccessibles. Et ce ne sont pas les frétillements des campagnes électorales, ni les résultats des scrutins, qui vont fondamentalement changer la donne. 
    En choisissant parmi les solutions extrêmes qu'on lui  présente le citoyen opte pour un hypothétique meilleur. Dans ce cas, c'est une part de sa liberté qu'il joue à pile ou face. Rien n'étant moins sûr que l'incertain. Et s'il choisit un parti plus soft, il vote  pour la certitude d'une continuation de ses frustrations.
    Libre à l'homme d'adhérer à une religion pour l'aider à supporter tout ça.
    Ou, pour celui qui ne croit pas en l'existence d'une puissance supérieure extra-terrestre ou de divins envoyés spéciaux venus d'ailleurs, libre à lui de se créer des parenthèses du supportable. 
    Changer toute la société est impossible. Il y aura toujours des profiteurs qui embobineront des électeurs pour satisfaire "majoritairement" leurs ego. Bien loin de l'intérêt général.
    Aux hommes libres de se constituer des ilots de liberté, à l'abri des anti-cyclones de la réalpolitique du tout à l'économique et du bénéfice à court terme.
    Et ces hommes-là existent. Leur simple combat est de vivre autrement. Rattachés à la société par un minimum vital. Société à laquelle ils participent et contribuent  solidairement, se réservant une "double nationalité" salvatrice entre leur écosystème librement créé et la matrice globale à laquelle ils ne peuvent matériellement renoncer.
    Schizophrènes ? Certes, un peu.
    Mais leur bonheur, leur sérénité et leur équilibre est à ce prix.
    Les écologistes ont voulu d'abord changer le système de l'extérieur, puis de l'intérieur.
    Leur combat plein d'espoir se poursuit, entre le mépris supérieur des élites économico-financières (et finassières) qui brandissent le plein emploi, le chaos et la misère à chaque proposition d'avancée écologico-humaniste, d'une part, et les quolibets agacés de ceux qui veulent un air pur sans changer leurs habitudes, d'autre part. 
    Leur idéal et leur courage pèse souvent peu face à l'obscurantisme de ces majorités de moins en moins silencieuses. Mais leur "maladie" de l'esprit est contagieuse.
    Pour vivre positivement il faut à l'homme libre "cancériser" le monde à coups de petites métastases oxygénantes (gênantes ?). Lesquelles, loin de s'attaquer au grand corps sociétal malade, vont créer des cellules de vie immunisée où il sera possible de s'épanouir autrement que par la compétitivité. 
    Par une activation volontariste des propensions naturelles au bonheur. 
    Propensions naturelles à la création désintéressée, individuelle ou collective, à l'initiation à la culture, ... A l'amitié, la famille, le bénévolat, l'art de vivre ensemble, la méditation, le soin de soi par une alimentation raisonnée...
    Des propensions que la paresse légitime engendrée par le travail et ses conditions vient sans cesse contrarier. Aidée en cela par l'engourdissement de l'esprit, cultivé par l'action soporifique de certains médias de masse, propriétés des pseudo-forces obscures dont question plus haut.
    Loin du parasitisme, puisqu'ils payent leurs impôts, ces schizophrènes du bonheur osent sauter du train fou de l'abrutissement. Juste le temps  de récupérer les forces nécessaires  à supporter le stress  de la compétitivité à outrance et du burn-out réunis qu'on leur impose à l'extérieur.
    Sans cracher dans la grande soupière, ils font bol à part.
    Il faut arrêter de croire aux spectres que les politiques traditionnels (et leurs sponsors) agitent sans cesse : sécurité et plein emploi.
    Ils (et nous, et nos parents aussi) ont doucettement, et bien involontairement (pour certains), créé les conditions de cette insécurité généralisée. Faite de mondialisation et d'insatisfaction planétaire. Faisant du bien-être matériel dont nous jouissons un appât pour les moins favorisés. Et il nous faudra nous habituer à vivre avec. Si cela n'est déjà fait.
    Le plein emploi et les technologies de pointe, et l'automatisation qu'elles entrainent, ne feront jamais lit commun.
    Le chômage deviendra une profession reconnue. Il faut s'en  faire une raison, sans juger, ni condamner. Comme les migrations. Sans juger ni condamner. 
    Si la société, et ceux qui travaillent, sont devenus incapables de fournir du travail à tous, il faudra bien un jour passer par le revenu universel, ou quelque chose de semblable, pour éviter les guerres civiles et les marginalisations outrageantes et frustrantes. Ce qu'on appelait le progrès, destiné à sauver les humains, est devenu un poison universel. Mais l'antidote existe. Et il est individuel.
    On ne changera cette société du progrès qu'en s'y adaptant.
    En douceur, parallèlement. Volontairement.
  • "Marche pour la vie" : interdiction de couper les choux !

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    Jusqu’à l’âge de onze ans, j’ai cru dur comme fer que, dans la nuit du 5 décembre, un vieux monsieur déguisé en évêque, avec mitre, crosse et tout le saint tremblement, accompagné de son âne et d’un esclave africain, s’introduisaient chez moi par un conduit de cheminée mesurant à tout casser trente centimètres sur vingt. Qu’ils déplaçaient, en plus, une cuisinière de marque Ciney d’une demi-tonne, et bourrée de charbon rougeoyant, pour pouvoir m’apporter des jouets, des mandarines et des bonbons. Comment faisaient-ils pour remonter en ayant replacé le poêle ? C’était ça le vrai miracle !
    Plus tard, au catéchisme, un autre monsieur, déguisé en veuve calabraise, m’a assuré que c’est un volatile à visage humain nommé Gabriel qui avait envoyé un pigeon (que j’étais) appelé saint Tesprit (qui croyait prendre) pour cocufier un charpentier de Nazareth et faire ainsi un fils à dieu, et par la même occasion à une brave fille qui, non seulement resterait vierge, mais garderait le nom toute sa vie. Vie d’ailleurs qu’elle passerait à revenir sur terre après sa mort pour dire aux autres pigeons qu’elle était toujours immaculée ! Soit. Mais pendant tout ce temps, ma grand-mère m’assurait que les enfants ça naissait dans les choux… Schizophrène moi ? Meuh non… Mais j’allais quand même traîner souvent dans le jardin… au cas où… On ne sait jamais !
    Re-soit ! Mais bon, saint Nicolas cela n’a duré que jusqu’à mes onze ans, et pour le reste Marie, Jésus, Joseph, j’eus vite compris, avec l’aide de mes copains, que Gabriel s’appelait en fait Zizi et que c’était pas des trucs à faire sinon « on était obligé de se marier ».
    Et vl’la t’y pas que dimanche au JT je tombe sur un cortège (une procession mariale ?) constituée de gens qui continuent de croire dur comme fer que Gabriel, saint Tesprit et donc Dieu sont les papas de Jésus, et donc que mama Marie a toujours un hymen non perforé, et qui manifestent contre une loi qui a été votée quand la plupart n’étaient même pas encore nés. Des gens qui croient que Darwin a créé le monde en sept jours, et sans heures sup !
    Et qu’est-ce qu’ils veulent imposer à toutes ces gens-là ?
    Eh ben, ils veulent interdire que l’on coupe les choux fraîchement repiqués. Rien de moins, rien de plus !
    Ben ouais, le raccourci est saisissant. Mais c’est ça. Quand on croit au surnaturel au point d’en faire une règle stricte de vie quotidienne, on en arrive à extrapoler ses croyances au point d’en perdre la raison. Vous verrez, ce seront les mêmes qui bientôt nous obligeront à « étourdir » les huitres avant ouverture. Les mêmes qui proposeront, si on les laisse se reproduire sans capote, le port obligatoire du triangle rose pour les « sexuellement orientés différemment ». Les mêmes qui remettront Zola à l’index. Les mêmes qui n’osent pas écrire « vierge » sans le « i », du moins avant le mariage.
    Ceux-là mêmes qui fustigent les musulmans pour cause d'
    intégrisme !

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  • Co remémorations



    IMG_0467.jpgMinutes de bruit

    Ou silences minutés
    Paroles fortes
    Lacrimogènes
    Anniversaires surmédiatisés
    Et gerbes déposées
    Micros tendus
    Comme des aspirateurs d’émotions
    Lieux communs pour lieux de mémoire
    Bougies de chauffe-plats 
    Aux flammes tremblotantes
    Cris dérisoires

    Sur les pavés lavés


    C’est pour les vivants
    Pour ceux qui restent
    Habillés de pourquoi

    Pendant que les loups
    Fous jaloux
    Fous frustrés
    Fous de haine
    Habillés de dieu
    Attendent

    Que le troupeau s'habille de peur

    Puis
    Que le troupeau oublie
    Que le troupeau revive

    Avant de le remordre
    Des loups pour qui
    La vie n’a plus de sens
    Ni de valeur
    Des loups qui tuent sans faim
    Et sans plaisir
    Des loups à qui
    Il faudrait
    Simplement
    Un jour
    Réapprendre
    Encore
    Et encore
    A réaimer
    La vie

     

  • Indignez-vous, mais dans la dignité.

    Voici le texte complet de mon article qui vient d'être mis en ligne sur le site

    du magazine "Le Vif-Express". 

    http://www.levif.be/actualite/international/indignez-vous-mais-avec-dignite/article-opinion-626891.html

     

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    Indignez-vous !

    Qu’il était fort le message de Stéphane Hessel. Nous étions en 2010.
    Sept ans plus tard, si le message est toujours d’actualité, il a été entièrement dévoyé par beaucoup. Chaque groupe culturel, religieux, politique, partisan, économique ou anti-quelque chose usant et abusant de ce qu’il croit être de l’indignation. Alors qu’il ne s’agit plus que de colère, de frustration, de passion, bref, de réclamation.
    De l’idée noble insufflée par Hessel, la masse n’a retenu que l’idée de faire entendre ses voix. D’un grand mouvement fustigeant l’injustice et l’inégalité, la masse n’a entendu que le droit de réclamer tous ses petits dûs.
    Et de s’indigner quand la presse ose s’en prendre aux siens. A ceux qui défendent ses intérêts particuliers et les convictions qui vont avec.
    Il suffit d’entendre l’aveuglement dont font preuve les partisans de certains candidats à la présidentielle. Ils s’indignent que l’on ose s’indigner, ailleurs, des comportements dysfonctionnants des leurs champions.
    Stéphane Hessel basait son appel sur des faits.
    La masse prend le droit de s’indigner en ignorant les faits qui la dérangent.
    « Quelle indignité ! » semble être la réponse type à chaque révélation étayée et contrariante.
    Même les gars de la Marine s’indignent qu’on ose « justicier » leur Jehanne d’Arc. La plaçant au-dessus des lois qu’ils s’apprêtent à piétiner une fois la victoire acquise. Et quand un journaliste de la RTBF évoque « la justice » à propos des démêlés de François Fillon, ses partisans crient à l’amalgame. Tous pourris sauf les nôtres.
    L’aveuglement a toujours été le principal obstacle à la lecture.
    Même si la lisibilité reste parfois une notion floue, voire compliquée.
    La justice et la presse d’information (non, ce n’est plus un pléonasme), ces empêcheurs de gouverner en rond, restent les seuls garants de la démocratie bien comprise.
    L’indignation généreuse est devenue revendication passionnelle et égoïste.
    Et Facebook et ses pairs ont fait le reste, nous installant de plain pied sur le plateau du « Petit rapporteur ».
    Leurs algorithmes confinant leurs utilisateurs dans leurs cocons de petites indignations partisanes. Les empêchant de voir ailleurs.
    Mais il y a plus grave.
    Quand cette délation larvée, dont abuse généreusement le président des Etats-Unis, est utilisée au sommet du pouvoir, elle ouvre la voie à tous ceux qui ont ou auront le nez dans le caca. François Fillon n’a-t-il pas évoqué publiquement devant 200.000 (pardon, 40.000) fanatiques la suicide de sa femme ? Rien n’est désormais plus trop « gros » dès qu’il s’agit d’accéder au pouvoir. Et, en Amérique comme en France, les partisans partisent.
    La présomption de culpabilité s’efface devant la suspicion de quelque grand complot. Quant à la présomption d’innocence, elle ne fonctionne que pour les siens.
    Et ça marche. « Regardez comme ils osent abreuver leurs sillons de notre sang pur ! ».
    Plus que jamais la justice et la presse se doivent de rester irréprochables pour transformer ces insatisfactions en causes d’intérêt général. Sinon, bienvenue en Pologne, en Turquie ou en Hongrie. Non, la Corée du Nord, c’est déjà complet !

    Dans le film « Chez Nous », Lucas Belvaux montre comment une belle personne, généreuse et ouverte, qui ne fait pas de politique, mais élevée dans les valeurs de la gauche militante, capable de grandes indignations, va être formatée, « radicalisée », pour endosser l’uniforme électoral d’une candidate d’extrême droite aux municipales. On voit là comment, en « fabricant » et en exhaustant les petites indignations du quotidien en guise de programme politique, les manipulateurs du parti vont tenter de radicaliser cette personne pour en faire un instrument de cristallisation des haines et des peurs en vue de la conquête du pouvoir.
    Et pour s’indigner ensuite des réactions de haine que sa seule présence au sein de la communauté va provoquer.
    Le basculement de ce type d’indignation -provoquer la haine, pour, ensuite, s’indigner des réactions qu’elle provoque- est un signe de proximité de la ligne de touche de la démocratie.
    La part de générosité inhérente aux grandes indignations chères à Hessel une fois confisquée, il ne reste que l’égoïsme du rejet. La démocratie n’est plus alors le mieux vivre ensemble possible, mais l’illusoire espoir qu’une puissance « magique » et autoritaire va faire revenir les temps bénits d’un monde débarrassé d’une « racaille » responsable de tout.
    Et il n’est de pire régime qu’un autoritarisme démocratiquement institué.
    La victoire de ces faux-indignés se résumant alors à un coup d’état passé par les urnes.

     

    (1) Dans cet essai, Stéphane Hessel appelle, en s'appuyant sur l'idée « sartrienne » d'engagement personnel, à ne pas accepter le creusement des inégalités de richesse, critique la politique d'immigration des gouvernements Fillon, regrette le poids du monde financier dans les choix politiques et dénonce l'affaiblissement de l'héritage social du Conseil national de la Résistance (sécurité sociale et régime de retraite). Sous le titre « Mon indignation à propos de la Palestine », un développement est consacré à la situation imposée par l'État d'Israël à la Palestine, et notamment à la Bande de Gaza.

  • Courbe de gausse

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    Chers Zamies & Zamis, et Zamis/mies de vos Zamies/mis.



    Facebook serait-il devenu le dernier salon où l’on se gausse ?


    http---i.huffpost.com-gen-2714370-images-n-POOP-EMOJI-ICE-CREAM-628x314.jpgTrump twîîîte une bafouille à l’emporte-pièce de +/- 140 signes et nous nous gaussons.

    F.F. (François Fillon) ment comme dealer pris avec dix pacsons dans chaque poche et l’on se gausse.

    Des mandataires wallons du club « pas vu pas pris - pas su pas nous » se rejettent des balles pourries et nous nous regaussons.

    Les humoristes s’en donnent à gausse-joie et nous partageons. Même que nous, Wallons ou Belges d’expression plus ou moins française nous avons même tendance (doux euphémisme) à publier plus sur ce fou furieux de Donald T. et ce discret prestidigitateur de F.F. que sur nos Publifions régionaux.

    Peut-être parce que, là, nous avons peut-être voté pour eux, ou que le fille de la copine est MR, et que la voisine chez qui la gamine fait du babysit est PS ou que le patron du neveu est CdH… Ou peut-être simplement parce que nous avons honte…
    Toujours est-il que nos quelques vrais magouilleurs et ceux qui les ont casés, eux, haussent les épaules devant notre gaussisme quasi-inoffensif.


    images.jpgDevant les dérives de Trump, les Américains descendent dans leurs rues et pétitionnent à tout va. Même les Roumains manifestent contre l’amnistie programmée de leurs corrompus.
    Mais nous, non, nous nous gaussons. En remplaçant joyeusement l’Internationale par l’Intercommunale, et en reforwardant du Kroll à tout va. 

    Et après… Quand la lassitude aura usé cette courbe de gausses, quand toutes ces gausseries auront trouvé un nouveau terrain de jeux… ? Hein ? Quand les commissions spéciales auront commissionné ?

    1.jpgTant que tous les gaussistes d’aujourd’hui ne se rassembleront pas par milliers à Namur, ou devant les sièges des partis, les présidents et ceux qu’ils ont placés aux juteuses places refuseront toute tentative réelle d’y voir clair.
    Pour les patrons de la politique, les réseaux sociaux sont de la rigolade tant qu’ils ne remplissent pas les rues de vociférations. Le chaos ? Non, l’écho !
    Et ne comptez pas sur les syndicats (très muets ce coup-ci !) pour catalyser le mouvement. Non, ils ont apparemment d’autres chats à cacher, eux aussi.

    Tous ceux qui sont si près de leurs sous quand il s'agit d'aider les migrants semblent soudain s'en foutre quand ils tombent dans la poche des parvenus sans états d'âme qu'ils ont élus ! 

    Sinon, il vous restera des yeux pour pleurer ou des clics pour vous gausser.
    La démocratie ce n’est pas que le jour des élections. Et ce jour-là, quand tous les gausseurs et les dégoutés auront choisi l’abstention ou le vote extrême, il sera trop tard.

  • Plus c'est simple et plus c'est gros, et plus ça passe.

    Les religions et l’extrême droite actuelle ont plusieurs points communs.

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    La foi sans les preuves d’abord. 
     
    Des politiques dont la principale activité a été, jusqu’ici, de se faire élire sur base de messages simplistes visant uniquement à décrédibiliser les « autres ». Sans avoir prouvé leur réelle efficacité.
    Idem pour la religion. Cela fait plus de deux mille ans qu’elle nous promet la vie éternelle après la mort. Et la résurrection des corps au jugement dernier. Et cela sans autres preuves que des bouquins relatant des promesses prononcées aussi il y a vingt siècles. Ou des miracles souvent sulfureux.
    Donc, croyez, ne pensez pas. 
     
    Le rejet et l’intolérance.
     
    Le manque de respect de la religion pour les autres croyances n’est plus à démontrer. Demandez aux Andiens d’Amérique, aux tribus africaines, que nos colons (Christophe ou pas) ont missionnarisées à outrance. Sûrs du bon droit que leur prodiguait leur foi. Non seulement la religion a détruit pour s'implanter, mais à tué pour se maintenir. 
    Les racistes anti-migrants d’aujourd’hui ressortent leur christianisme non pratiqué pour justifier leur peur et leur repli. « Sauvez notre crèche ! » . Sous-entendu… bientôt ils prieront leur dieu dans toutes les églises que nous avons désertées. 
    L’extrême droite prend le relais de ces peurs pour y ajouter des solutions radicales et simplistes : « Stop à l’entrée ! Et dehors pour ceux qui sont entrés ». Et tout ira mieux entre nous, dans notre meilleur des mondes où nous ne partagerons qu’entre-nous. En attendant… nous savons par expérience que les régimes totalitaires ont détruit pour s'implanter, et ont tué pour se maintenir.
     
    Le grappin sur la misère.
     
    La religion se diffuse mieux dans un corps faible, malade, et désespéré. Il suffit de voir la vivacité de la foi dans les pays pauvres. Où cependant, la culture chrétienne n’a pas toujours réussi à imposer ses propres superstitions face à celles des croyances primitives. Et quand il lui arrive de rassembler une élite (Manif pour tous) c’est pour s’opposer au progressisme humaniste et éclairé d’une société.
    Partout, l’extrême droite racole les laissés économiquement pour compte. Ou ceux à qui elle fait croire qu’ils risquent de le devenir. Et là, elle se sert souvent du conservatisme de la religion pour justifier son propos.
     
    La haine des intellectuels et de la raison.
     
    Religion et extrême droite n’ayant pas de preuves à fournir, elles remplacent l’information par la propagande. L’étouffement de certaines vérités pour la première et le mensonge pour la seconde .
    Mais cette maladie est contagieuse au plus haut point. Profitant de ce climat où le peuple est prêt à croire tout ce qui n’est pas compliqué, d’autres politiques au vernis plus démocratique, sont tentés par la méthode à succès du repli identitaire à la sauce patriotique. Et du « tout ira mieux sans les autres ». Vague, très vague programme. Si la solution était si simple il y a longtemps que la formule aurait réussi.
     
    Face à cela, et vu les échéances et les heures des choix qui se rapprochent, il reste aux femmes et hommes de bonne volonté de devenir, chacun à leur niveau, et au quotidien, des petits lanceurs d’alerte. Incitant les gens, et leurs amis d'abord, à se méfier de ces faux messies qui nous promettent la lune à défaut d’une terre vivable. Pour tous et pour chacun. Que 2017 vous soit la plus heureuse et la plus laïque possible.
  • Ô bon peuple !

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    « Josette : Qu’est-ce qu’il y a après le CETA ? - Ben halloween, tiens ! »


    Le problème avec le « bon peuple », cette fameuse majorité silencieuse, c’est qu’il ne prend position -et encore parce qu’on l’y pousse- qu’au moment des élections.
    Entre deux élections, il ne sort de son désintérêt pour la politique que lorsqu’un gros titre, à la une de journaux télévisés, vient le provoquer. Alors il réagit dans le style pour/contre, on/off ou blanc/noir.
    Voyez avec le CETA, cela fait des mois que l’on en parle dans les journaux. Pas les gazettes, s’entend. Mais qui se souciait alors du travail d’Hélène Rijkmans, de Philippe Lamberts (" Hé Josette ! Encore des fouteurs de merde d'ECOLO (s) !") ... et d’autres élus wallons ? Ben oui, s’informer c’est ça…
    Mais dès que Magnette, voyant qu’aucune des remarques wallonnes et justifiées n’avait été prise en compte depuis plus d'un an, a osé dire « niet », on a d’abord entendu : « Mais qu’est-ce que ce foutu Wallon, socialiste en plus, et Carolo de surcroit, vient encore nous les briser avec ses postures de coq ! Il va encore casser l’image de la Belgique à l’étranger ! » . Pire que Wilmots à l’Euro de foot !
    Evidemment pour une fois, le « bon peuple » se rangeait du côté de certaines éminences qui, préférant se préoccuper de la durée de conservation de la tarte au riz, et aux ordres des associations patronales, avaient signé les yeux baissés. Quand même, notre image !
    Mais dès qu’à l’étranger on a encensé Magnettix comme un héros, alors on a bombé le torse. Ben tiens, l'image, hein !
    Et maintenant que les Wallons ont signé, les mêmes en parlent comme « un gentil Popol rentré dans le rang ». Iconoclastée l'icône !
    Ô majorité silencieuse, toi qui prends pour argent comptant tout ce que les auditeurs déversent au micro de Benjamin Maréchal. Affirmations non recoupées, mais écoutées chaque jour par tes 543.560 paires d’oreilles non préparées, donc non critiques.
    Toi qui ne lis que les gros titres. Enfin quand tu sais les lire… Parce que « bon peuple » qui aimes tout ce qui est simple à comprendre, n’oublie pas que tu comptes dans tes rangs 580.470 illettrés en Flandre . Et tu ne sais pas non plus que 10 % de la population francophone du pays ne sait ni lire ni écrire…(1). Toi dont les rangs s'enorgueillissent -quand même- de 760.920 lecteurs de Sud Presse.
    Toi qui comptes 130.000 malades d’Alzheimer (- Tiens Josette, André Cools n’est pas sur les listes cette année ?). Sans compter les 165.000 Belges atteints de démence …
    Toi qui as déposé 5,8 % de bulletins blancs ou nuls dans les urnes au dernier scrutin .
    Ô bon peuple qui détient le suffrage universel et qui en use au gré de ses émotions, de ses petits intérêts à court terme.
    Ô bon peuple qui compte aussi une majorité des 5 millions d’utilisateurs belges de Facebook, qui adore « Plus belle la vie », « Touche pas à mon poste » , « L’amour est dans le pré », « Le grand cactus » et « Danse avec les stars ». Toi qui fais pencher la balance des alliances électorales.
    Rendors-toi en paix, ô brave et bon peuple. La jungle de Calais est rasée, le CETA est signé, les élections ce n'est qu'en 2018 et 2019 et les Diables rouges reprennent du poil de l’enfer. Et la menace...


    « Quoi, la menace ? Quelle menace ? Josette, mets-toi sur Facebook, mouyardidju ! »

     


    (1) ils sont analphabètes. alors que l’illettrisme touche toutefois un public bien plus large, en témoignent les dernières statistiques Pisa, qui dévoilaient que 28 % des jeunes de 15 ans ne comprenaient pas ce qu’ils lisaient…