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Europe

  • Les points sur les "i".

    Mieux vaut mettre les points sur les "i", sinon, on finit par se les foutre sur la gueule.

     

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    Ainsi, à tous les "cœurs purs" et autres "bonnes et belles âmes" drapées dans les certitudes de leurs peurs ignorantes, ceux qui disent que les Syriens "n'ont qu'à…" aller se faire asiler près de chez eux, voici quelques chiffres publiés ce matin par "Le Soir" :

    Pour 348.540 réfugiés syriens qui ont frappé à la porte de l'Europe, 1,8 millions sont en Turquie, 600.000 en Jordanie, et 1,1 millions au Liban. 

    Et 7,6 millions ont quitté leur maison pour se réfugier ailleurs en Syrie.

    Au total ce sont 11,6 millions de personnes qui dû fuir leur domicile.

    Pour rappel, la guerre a déjà tué 220.000 Syriens, dont la moitié de civils. Sur une population de 22 millions d'âmes… au départ. 

     

     

    Comme le dit "Coca-Cola", dans sa pub en dernière page du même journal : "Le bonheur, une question de choix"… entre Coca classic, Coca light ou Coca green, œuf corse !

    Une petite pour la route...

    Michel Houellebecq : "Moi, islamophobe ? Probablement ! Mais dans ce mot, il y a phobie, qui signifie peur, pas haine !" 
    Bon, les mecs, faudra donc trouver un nouveau mot !

  • e-Migrants

     

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    J'ai publié sur Facebook un "avis à la population" de la Mairie de Castres (Tarn) encourageant les habitants à se montrer accueillants vis-à-vis des réfugiés belges ayant fuit les risques causés par l'invasion allemande. C'était il y a quinze jours, bien avant donc, que "la" photo de cette bouture d'homme et de femme échouée sur une plage ne fasse le tour du monde. Les réactions n'ont pas tardé. Un ami d'enfance, fils d'émigré italien, a commenté : "Même langue, même culture…". Paradoxal, non ? Mais il n'avait pas tort. Un autre ami d'enfance en a profité pour rappeler ce que son père, qui avait suivi l'exode de 1940 jusque dans le Sud français, lui racontait : "Pas de pain pour les Belges !" C'est vrai aussi, tous les Français n'ont pas dû se montrer accueillants de la même manière. Un troisième ami d'enfance vivant dans un village rural où il a une chance sur dix mille de rencontrer un jour un demandeur d'asile ou un candidat djihadiste a, lui, passé la vitesse supérieure : "Ils n'ont qu'à demander asile à l'Arabie Saoudite !". Pour mémoire, ces trois amis sont catholiques et, deux au moins, royalistes et plus belges que belges. Mais méfions-nous de l'amalgame. Quoique… Bon, je retire, votre honneur ! Ces commentaires ont engendré un certain nombre de "J'aime", et permis à d'autres plus timides de se lâcher. De sortir du fécebouquement correct pour glisser poliment vers le : "C'est dur, mais ils ont quand même raison, on ne peut pas laisser le monde entier venir s'installer chez nous." Le silence de nos politiques est pointé de l'index par la presse (la vraie pas celle qui se contente d'embrayer sur les peurs pour mieux les amplifier). Un silence qui se comprend. Le problème de nos élus, est justement qu'ils sont élus. Et ils sont élus par, notamment, des gens qui pensent -un peu, beaucoup, passionnément- comme mes trois amis d'enfance. Par des gens qui pensent que ces canots pneumatiques bondés d'étrangers vont fatalement venir s'échouer dans leur salon en plein match des Diables Rouges. Par des gens qui réagiraient sans doute différemment si ces migrants ne venaient pas de ce Moyen-Orient nébuleux, forcément arabe et musulman. La peur et l'égoïsme paralysant la curiosité intellectuelle, l'inculture fait le reste. Nous ne verrons heureusement pas de migration massive de réfugiés climatiques scandinaves et protestants pour pouvoir comparer les réactions de mes trois copains. En attendant, pourvu que le choc provoqué par la photo de ce petit corps, victime d'un nouveau massacre des innocents (juste pour les trois copains cathos !), ne s'estompe pas trop vite. Avant qu'on oublie, comme pour Julie et Mélissa, que derrière une iconographie se cachait une vie, une promesse. Avant que l'image ne se désincarne. Avant que ces humains chassés de chez eux par la folie guerrière ne soient plus que des e-Migrants. Que ce choc perdure le temps qu'il faudra (jusqu'au 14 septembre) pour que nos élus prennent des décisions en oubliant qu'ils feront certainement des électeurs mécontents. Vive le suffrage universel… !

  • Dormez tranquilles millionnaires...

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    La gauche traditionnelle est maladroite.
    La droite classique a mal à droite. Extrêmement.
    Le centre est droit, quoique excentré.
    Le radical cale.

    L'arène politique est un ring qui s'incline inexorablement vers la droite. Et tout le monde glisse sur la pente savonnée par le tout à la finance et l'Europe.
    Les solidaires de tous bords s'accrochent aux cordes tout en haut, à gauche.
    Désespérément, en tenant la main de quelques penseurs et experts qui nagent à contre courant.

    En Belgique, qui aurait cru qu'un jour le CD&V, le parti du patronat flamand establishé, représenterait la gauche dans un gouvernement fédéral ?
    En effet, même si seule son aile "mouvement ouvrier chrétien" demande en vain de faire porter "aussi" l'effort budgétaire sur le capital, il se sent tout gauche dans la majorité.


    En France, les plus mal lotis rejoignent les gars de la Marine.
    Et le rose se dilue encore un peu plus dans le social-libéralisme.
    En Grèce aussi, un gouvernement  radical de gauche, a besoin de l'opposition conservatrice pour faire adopter les mesures austères de son premier ministre.


    Jeudi 23 juillet 2015,
    Le gouvernement fédéral belge a bouclé son budget tax-shift cette nuit. Quoi de neuf? La TVA sur l'électricité va repasser à 21% pour les particuliers, une taxe sur les plus-values boursières sera lancée, et une taxe sur les boissons fort sucrées est évoquée... Le diesel coûtera aussi plus cher, le tabac aussi. Dormez tranquilles millionnaires. La droite veille...

  • Hier en Provence (Histoire vécue)

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    Suite à une durite de turbo défaillante, une Nissan est immobilisée, puis remorquée. Mais la pièce n'est pas disponible  chez Nissan France. Durée indéterminée.
    Ce couple belge doit travailler demain samedi, en plus, ils doivent ramener deux amis en Belgique.
    "Allo ! Mondial Assistance !"
    Et hop ! Taxi de Sisteron jusqu'à l'aéroport de Nice, quatre billets d'avion pour Bruxelles, taxis respectifs de Zaventem jusqu'aux domiciles et rapatriement de la voiture par camion. Pas mal pour un bout de caoutchouc à 15 € !

    Cette mésaventure qui vient d'arriver à mon fils me fait penser à la situation européenne.
    Loin de moi l'idée de comparer la Grèce à une durite défectueuse, mais...
    En adhérant à l'Europe, c'est un peu comme si l'on souscrivait un contrat d'assistance... mutuelle.
    Et quand un petit pays risque l'explosion, on l'aide, puis on le dirige vers des solutions "réparantes".
    Mondial Assistance n'a pas dit à mon fils : "Quelle idée d'acheter une Nissan ! Quelle idée d'aller en Provence pendant la canicule ! Il y a longtemps que vous auriez dû surveiller cette durite ! Et si vous l'aviez surveillée, vous l'auriez remplacée depuis longtemps ! Vous avez fait preuve d'une inconscience et d'une négligence tellement coupables que vous sortez de nos conditions d'assistance ! Trekkez votre plan !
    Et pour vos prochains contrats, sachez que votre cotisation sera doublée chaque année ! Ou alors, (gr)exit !"

    "Allo ! Europ Assistance !"

  • Deux poids démesure.

    Les terroristes ont tout compris.
    Tuer du caricaturiste ne suffit pas.
    Il faut aussi "casser" du juif.
    Parce que certains médias et les gouvernements européens font le reste.
    En donnant plus d'importance à l'attaque d'une synagogue qu'à la discrimination quotidienne des "arabes" dans nos villes, en ménageant Israël, en craignant toujours plus d'être taxés de pseudo-antisémitisme, ils illustrent à chaque occasion
    le "deux poids deux mesures" qui font le lit des recruteurs islamistes.
    Qui entretiennent la haine de ceux qui n'ont plus que leur dieu à aimer.
    Action-réaction !
    Aucun génocide n'est tolérable.
    Mais tant que l'ombre culpabilisante de la shoah, utilisée comme un patch universel par les Israéliens, paralysera l'inconscient collectif, aucune solution ne sera possible.

    Certains instrumentalisent trop souvent le nécessaire "devoir de mémoire", pour négliger certains "devoirs de l'histoire".

    Ne pas oublier de lire l'édito de Maroun Labaki, ce lundi dans Le Soir :


    " Après Copenhague, restons nous-mêmes, ne cédons rien
    Cinq semaines après Paris, les attaques de Copenhague confirment la réalité de la menace qui pèse sur l’Europe. Et sa nature très complexe. Le meurtrier présumé de la capitale danoise était-il plus ou moins inspiré, guidé ou téléguidé par Daesh (le groupe «Etat islamique»)? En tout cas, il avait des racines aussi au Danemark.
    Les attentats de Copenhague ne changent cependant pas la donne. Ils ne doivent donc pas affecter nos choix. Plus que jamais, nous devons, en Europe, résister à la peur, refuser le rejet des autres, les amalgames, les slogans, les âneries.
    L’Europe, ce sont des sociétés ouvertes, libres, démocratiques, où l’on jouit de la liberté de religion et de la liberté d’en rire, du respect de Dieu et du respect de l’irrespect. Tel est notre modèle, poli par l’Histoire. Telles sont nos valeurs. Nous devons en être fiers et les chérir.
    Depuis les attentats de Paris, bien des choses ont été dites, et le plus souvent avec intelligence, sérénité et même générosité. En France, c’est Marine Le Pen et ses frontistes au front bas qui se sont en réalité retrouvés dans les cordes…
    Poursuivons dès lors dans la même voie, qui nous a grandis. La tâche est énorme.
    Il faut bien sûr assurer la sécurité dans nos pays – mais toujours en veillant à nos libertés.
    Il faut porter le fer dans les sables du Moyen-Orient, où Daesh nous a déclaré la guerre (ainsi qu’à d’autres, notamment arabes). S’y engager davantage? S’y aventurer au sol? Ces questions doivent être posées.
    Il faut redoubler d’efforts pour relancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. On ne le dira jamais assez: les violences faites aux Palestiniens sont à l’origine de tant de haine dans le monde arabo-musulman…
    Enfin, last but not least, il faut prendre à bras-le-corps les problèmes de nos villes métissées, donner chair à ce «vivre ensemble» resté incantatoire, rattraper ces jeunes perdus entre deux cultures, sans repères et sans espoir.
    La tâche est énorme, c’est incontestable. Mais restons nous-mêmes. Ne cédons rien."


  • Aux musulmans d’éradiquer l’État islamique

    A l'heure où "Fly Emirates", s'affiche sur les maillots de foot des équipes les plus prestigieuses.

    A l'heure où la "Suédoise" (Vlaamse Bleuw) discute du bien fondé de deux où trois missions princières par an, en considérant d'office celle au Qatar comme un "must".

    A l'heure où l'argent a de plus en plus la couleur et l'odeur du sang.

    Cet édito lumineux mérite lecture et réflexion.

    J.

    " Treize ans de lutte apparemment acharnée contre Al-Qaïda pour finalement se retrouver avec l’Etat islamique sur les bras: bravo, les services de renseignements occidentaux!

    Il faut, c’est certain, se garder de tout raccourci, de tout simplisme. Il est évident, cependant, que le développement de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) est lié aux erreurs des dirigeants occidentaux en Syrie, à leur faiblesse, à leur court-termisme – à leur inaction. Répétons-le: si seulement ils avaient armé les démocrates syriens, aux premières heures de leur révolution, alors qu’il en était encore temps…

    Tandis que les Occidentaux ergotaient, d’autres agissaient. Car enfin, l’EIIL a bien été soutenu, financé, armé par quelques bienfaiteurs, sans doute trop heureux de contribuer à l’exaltation d’Allah, mais davantage encore à l’affaiblissement du croissant chiite Téhéran-Bagdad-Damas-Hezbollah, puis à la vengeance des sunnites d’Irak! Ces parrains devaient même être très généreux, si l’on en juge par les progrès militaires que l’EIIL a enregistrés sur le terrain au début de l’été.

    Bien des experts l’affirment: il ne s’agit pas d’incriminer nos bons alliés sunnites d’Arabie saoudite, du Qatar ou du Golfe en général. Les pétrodollars de l’EIIL seraient bien partis de cette partie-là du monde, mais non pas des caisses officielles, plutôt de comptes privés. Hypocrisie! Dans ces Etats policiers, tout se sait – et tout se tait. «Mon Dieu, gardez-moi de mes amis…»

    Aujourd’hui, alors que sèche à peine le sang de notre confrère James Foley, et alors que la monstruosité du projet de l’Etat islamique a explosé au grand jour, il ne faudrait pas que nos bons alliés sunnites s’en lavent discrètement les mains. C’est avant tout à eux de défaire ce qu’ils ont fait. Ils doivent stopper tous les flux d’aide, évidemment, donner de la voix, et mobiliser leurs opinions publiques sinon leurs armées.

    Il y va aussi, au demeurant, de la réputation de leur religion. Tous les musulmans devraient descendre dans la rue pour crier que l’Etat islamique n’est pas l’islam…

    Mercredi, un ministre allemand s’en était pris au Qatar pour ses liens avec l’Etat islamique. Dans un communiqué diffusé hier, le ministère des Affaires étrangères du riche petit émirat a condamné la décapitation de James Foley, un «crime ignoble (…) contraire aux principes de l’islam».

    Il en faudrait assurément plus pour convaincre que nul responsable sunnite n’est, quelque part, en train de se réjouir dans sa barbe."

  • Citoyenneté

    Ceux qui justifient leur rejet des élections par  "Je ne sais plus pour qui voter !" ou " C'est tous les min-mes, tousses des pourris !", doivent n'avoir ouvert aucun journal imprimé, radiodiffusé ou télévisé au cours de ces dernières semaines.

    L'activité des médias a été jusqu'ici à la hauteur de l'importance de ce triple scrutin.

    Si ma mémoire est bonne, jamais, ni en quantité, ni en qualité surtout, l'électeur -qui le souhaite- n'aura été aussi bien informé.

     

    Je craignais un peu la lassitude après les dix premiers jours de campagne. Mais rien n'en fut. Il faut avouer (et à moitié me pardonner) que les candidats font tout, volontairement ou involontairement, pour apporter le bon grain comme l'ivraie au moulin des journalistes. L'espace aérien a son r(w)oitelet. Le cirque N-VA a son Monsieur Déloyal, et l'extrême droite wallonne son clown blanc-bleu-belge. 

    Ont vu le jour, de nouvelles formes de débats qui évitent autant que possible le show, des reportages participatifs, des études comparatives des programmes, thème par thème. Certains faisant un effort didactique qu'on ne peut que saluer. Avec une mention toute particulière à Pierre Bouillon, du Soir, pour ses "On s'en fiche(s)". Une série de "fiches", consacrées à la machine électorale, dont la limpidité et la pertinence suffisent à plonger le lecteur dans la profondeur de son ignorance en la matière. Ceci sans oublier le "Test électoral", notre chouchou.

    Très instructive aussi, la série de reportages de RTL télé sur la "Campagne flamande en VO" (Version Originale). Des choses croquantes, et plus rugissantes, que les candidats flamands évitent de prononcer devant les micros de la presse francophone. Tout cela présenté dans le style "No comments" de CNN.

     

    Ceci étant dit, il est une autre information plus citoyenne qui échappe au champ des grands médias.

    Ainsi, cette initiative d'un ami brabançon wallon, fidèle lecteur réactif de ce blog.

     

    L'histoire se passe il y a un an. Donc, "in tempore non suspecto", puisque bien avant les escarmouches et autres duels en rase campagne.

     

    Mais laissons la parole à André D. :

     

    " Il y a quelques mois j’avais écrit à tous nos députés européens (francophones) afin de leur faire part de mes doutes et de mes interrogations au sujet de l’efficacité de leur travail.

    Trois sur huit ont eu l’amabilité de me répondre, les autres n’en ont pas pris la peine. Il s'agit de Louis Michel, Frédéric Daerden, Véronique Dekeyser, Isabelle Durant et Frédérique Ries.

     

    Trois députés m'ont donc répondu :

     

    Marc Tarabella (PS) m’a dit que si je voulais savoir quelle avait été son action, il suffisait que j’aille voir son site… Et le ton était un peu « limite »…

     

    Anne Delvaux (CdH) a pris la peine de m’envoyer un long courrier répondant, le mieux possible, à toutes mes questions. 

     

    Philippe Lamberts (ECOLO) a estimé qu’il était difficile de répondre valablement à autant de questions par courrier, aussi il m’a proposé de rassembler quelques amis et connaissances à mon domicile et qu’il pourrait alors répondre, de vive voix, aux attentes de chacun. Nous avons donc fixé une date, et ce soir là 9 personnes étaient présentent chez moi. Aux dires de tous, les échanges furent francs et très fructueux. Bref, chacun a eu le sentiment d’avoir appris une foule de choses et surtout avait compris l’importance du travail de député, face aux lobbies industriels et financiers et aux intérêts partisans des différents pays membres. "

     

    Ceci, pour souligner le volontarisme du citoyen André D., et l'intérêt relatif que certains élus portent aux citoyens hors campagne électorale. 

    Le civisme de base et le militantisme citoyen ne sont donc pas morts. 

    Qu'on se le dise ! Les cons se le disent bien, eux !

     

    Mais nous sommes en démocratie, et le suffrage universel et la voix d'André D. aura  le même poids que celle des amateurs d'idées simples, clé sur porte, et prêtes à colporter. Du comptoir à l'isoloir, il n'y a souvent qu'un pas … de l'oie.

     

  • Miracoli

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    Un samedi soir à Jambes dans les sixties. Mon ami Louis-Philippe, dit "Loulou" ou encore "Lou" pour son papa, sous l'œil discret mais attentif de sa maman, nous préparait ce qui, pour l'époque, était encore un plat exotique : des spaghetti ! Et pas n'importe quels spaghetti : des Miracoli ! Quatre sachets dans un étui en carton : un de fines pâtes, un de concentré de tomates, un d'herbes et d'épices, et un dernier de parmesan râpé. Et comme à chaque fois, c'était un peu d'Italie qui descendait la Meuse. 

    Nous ne savions pas que le kit Miracoli, créé en 1961 par la multinationale américaine Kraft, tiendrait toujours la route en 2014.

    Nous ne savions pas non plus que Miracoli signifiait "miracles" dans la langue pâteuse de Berlusconi.

     

     

    images-3.jpegMiracoli ! (1) Pour devenir saint, bouboule Roncalli, alias Jean XXIII, n'aura eu besoin que du seul miracolo qui l'avait fait bienheureux. Fallait en effet être un vrai saint pour réussir un bordel planétaire comme le concile œcuménique Vatican II qui allait durer de 1962 à 1965. Rien que ça l'aurait bien dispensé de l'unico miracolo qu'il doit à Catarina Capitani. Une religieuse guérie illico presto d'une tumeur à l'estomac après que le bon pape Jean soit apparu à son chevet en 1966. On n'ose imaginer la suite si, au lieu du pape, elle avait vu apparaître Mussolini, Lénine, ou Félicien Rops…

     

    Pour y parvenir, le coriace plombier polonais Karol Wojtyla, mieux connu sous le pseudo Jean-Paul II, aura, lui, eu besoin des deux miracoli réglementaires. Pas de favoritisme pour les non-Italiens ! Ni de santo subito ! (2)

    Un : une religieuse française parkinsonienne se réveille guérie, et son premier geste est d'écrire, non pas sœur Sourire ni abbé Pierre, mais Jean-Paul II. Donc… "Miracolo !"

    Deux : une Costaricaine atteinte d'un anévrisme regarde la photo de Jean-Pipole II sur la couverture d'un magazine, et hop-là, l'anévrisme disparaît. Encore une fois, on n'ose imaginer la suite, si, un touriste belge de passage au Costa-Rica en 2011, avait oublié son Télé-Moustique avec Di Ruppo en cover. Ouais, ou pire, un Spirou avec Gaston Lagaffe, ou un Knack avec la fondation de Fabiola, ou un Vif avec Michel Daerden… Comme quoi, quand on est Costaricaine souffrant d'un anévrisme, on a intérêt à avoir de saines (saintes ?) lectures.

     

    Que mes amis catholiques-romains-croyants et néanmoins papistes se préparent à tendre l'autre joue, parce que j'ai pas fini !

     

    Savez-vous qu'en cinq siècles avant Jean-Paul Solidarnosk II l'église n'avait canonisé que trois cents citoyens. Et que de 1978 à 2005, notre papolonais en aura auréolé 482.

    Pas étonnant que notre petit François -qui doit viser le Holyness Book of Miracles- passe la cinquième mule au plancher. En un an, au son du canon, il a en a déjà sanctifié 807. D'accord, mais là-dedans, il y en a huit cents qui ont reçu leur auréole d'un seul bloc. Pensez ! Les huit cents martyrs d'Otrante (Italie), massacrés par les Turcs en 1480 (3), pour avoir refusé de se convertir à l'islam.

    La brigade des martyrs d'Al-Aqsa peut donc aller raccrocher ses ceintures de plastique au vestiaire. Les 72 vierges sont déjà fort prises ces derniers temps.

     

    Et dire que dans un calendrier il n'y a de la place que pour 365 têtes auréolées. Ouais, mais la Toussaint arrange bien les choses. 

     

     

    (1) http://www.franceinfo.fr/actu/beatifications-canonisations-comment-ca-marche-1396241-2014-04-24

     

    (2) Santo Subito n'est pas un jeu à gratter de l'Institut pour les Œuvres de Religion, alias la banque du Vatican.

     

    (3) Recep Erdogan nie toute responsabilité et a déjà présenté ses excuses à titre anticipatif.

     
  • Aquabonisme râleboliste

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    Ce matin, pour poster ce texte, je n'ai pas dû accoster une touriste italienne de passage dans ma ville. Ni lui demander si sa cousine, qui travaille à l'UE à Bruxelles, ne pouvait pas m'ouvrir un blog sous un faux nom. Pour s'afficher sur le blog, ce texte n'a pas dû transiter par la dizaine d'adresses mails que d'autres touristes que j'ai guidés ont bien voulu me confier afin de bricoler un petit réseau qui tiendra ce que durent les œillets.

    Ce matin, pour "exprimer" mon double espresso ouvreur d'yeux, je n'ai pas dû avoir recours au marché noir, ni faire trois fois le tour de Kiev avant de me procurer les capsules magiques. What else ?

    Ce matin, je n'ai pas dû ingurgiter la propagande d'un média gouvernemental. Mon journal, non censuré, m'attendait dans la boîte aux lettres.

     

    Et pourtant ce 25 avril, j'ai un peu peur.

    Dans un mois, jour pour jour, il faudra voter, et je me sens déjà gagné par la lassitude d'une campagne qui me semble déjà durer depuis si longtemps. 

    Tout en soulignant le travail indispensable et important, tant en qualité qu'en densité, réalisé par les journalistes et leurs supports, je me demande s'ils n'en font pas trop. Et pas trop tôt. 

    Encore un mois de débats, de défenses de thèses, de drague, de mises en garde.

    J'ai peur que cela ne conduise certains à remplacer leur désintérêt par des votes extrémistes inconsidérés.

    De remplacer leur aquabonisme rasleboliste (râleboliste ?) par un militantisme du désespoir honteux et aventureux. 

    Dans une Wallonie, une Belgique et une Europe qui ont besoin de valeurs sûres, l'éparpillement des voix vers les extrêmes serait désastreux.

    Le renouveau des idées doit venir des femmes et des hommes à l'intérieur des grands partis. Ce sont eux qui doivent nous surprendre en sortant résolument de l'épuisement engendré par la gestion quotidienne d'une société infiniment complexe.

    C'est à l'intérieur de ces partis que l'électeur doit retrouver la possibilité d'une île. Le courant d'air des grands projets humains.

    Toutes les grandes entreprises ne survivent que par leur service recherche et innovation. En politique, cela semble accessoire. On a bien des bureaux d'études, mais c'est souvent l'électoralisme qui l'emporte.

    Le tout au socio-économique est un cache-poussières qui tend à faire oublier que nous avons besoin d'eau et d'air purs. D'énergies sûres. De nourritures terrestres et spirituelles fiables. Mais, encore une fois, les grands partis semblent choisir de laisser l'écologie à Ecolo. Parce que l'écologie est un sujet qui fâche plus souvent qu'autre chose. Parce que le photovoltaïque wallon a été ruiné pas la cupidité de ceux qui n'y ont vu que moyen de placement et source d'intérêts. Tout en écornant sérieusement le crédit de ministres verts. Parce que l'écologie est avant tout un grand changement de nos petites habitudes.

     

    J'ai peur aussi que ma voix, celle d'un citoyen qui tente chaque jour d'étayer son futur choix tout en préservant ses convictions, ne pèse pas plus lourd que celle d'un boucher d'Alost qui ne regarde que VTM, dont les lectures se résument aux pages sportives du Nieuwsblad et dont l'opinion ne reflète qu'une synthèse simplifiée de ce qu'il entend de derrière son comptoir.

    J'ai peur aussi de n'avoir pas toujours la sérénité d'accepter les choses que je ne puis changer.

     

    Dans le jardin, comme à la télé, de petites fleurs bleues me murmurent : "Ne m'oublie pas !". A côté de ces myosotis, les giroflées orange laissent leur lourd parfum se faufiler par le soupirail jusque dans la fraîcheur du subconscient de ma cave. Le rosier rouge tente d'escalader le mur en essayant de faire oublier ses épines. Et partout, le vert et ses cent nuances me disent que l'espoir a une couleur.

    Dans mon jardin aussi, c'est la campagne.

     
  • Voter utile.

    "Nous avons besoin d'Europe et d'écologie." 

     

    (Daniel Cohn-Bendit, qui fut notamment, et pendant cinq ans, adjoint au maire d'une "petite" ville nommée Francfort, en RFA. Avant de siéger au parlement européen depuis 1994.)

     

     

    Plus ça va, et plus une évidence s'impose : "Il va nous falloir voter "utile"." Et laisser les œillères au vestiaire.

     

    Pour la première fois la simultanéité de trois scrutins nous permet de regarder la société en face. Les enjeux sont lourds et tellement différents. Suivant les étages.

     

    Prenons le scrutin fédéral. Si le but est de mettre la N-VA hors-jeu, il faut résolument ériger un mur de briques bien rouges pour rendre le PS incontournable face au tirlipotage pré-électoral du MR. Qui croire ? Entre un Michel qui dit "jamais" et un Reynders dont le silence cache peut-être un peut-être ? 

    Il faut savoir aussi que la réforme fiscale n'aura pas la même amertume pour tous, suivant qu'on roule sur la bande de droite ou sur celle de gauche.

    Je sais, avaler un nœud-pap' rouge est une lourde épreuve pour un vert solidaire ou un humaniste pratiquant. Mais, si c'est le prix à payer.

    D'ailleurs, avec la réforme de l'Etat et les transferts de compétences vers le régional (2), les enjeux humains, écologiques et culturels se situent un étage plus bas.

     

    Au scrutin régional, là, on pourrait relativement laisser libre cours à ses convictions personnelles. En évitant toutefois d'oublier le côté destructeur de l'opposition MR qui veut "à tout prix revenir aux affaires" en faisant oublier son bilan lorsqu'elle y était. Se souvenir aussi des maladresses d'Ecolo qui parfois semble tout faire pour rendre l'écologie antipathique, mais sans qui les autres se seraient très bien arrangés pour faire passer "leur" socio-économique avant tout. Pour le reste, bien du bonheur à l'électeur sensé baser son choix sur des données objectives, tant les innombrables chiffres se lancent à la tête comme les confettis des blancs-moussîs.

     

    Quant à l'Europe ? Et si c'était là le scrutin primordial ? C'est de là que vont descendre les directives dont nous allons apprécier diversement les effets suivant qu'elles viendront des défenseurs du libéralisme économique ou des partisans de la justice sociale et de la qualité d'une vie digne. (3)

    Ce scrutin n'est pas une question subsidiaire au quiz belgo-belge.

    C'est "la" question qui donnera "la" position dominante du gouvernail pour les cinq années de croisière à venir. C'est "la" question qui fera ce que seront nos élections  fédérales (?) et régionales dans le futur. Dans, cinq, dix, quinze ans.

     

    Moralité : le 25 mai, on votera pour mais aussi contre.

    Contre la N-VA et ses idées aventuro-sulfureuses, contre une Europe de la finance et pour une qualité de vie régionale. 

    Bref, on votera utile, en avalant quelques couleuvres, certes. Mais il paraît que c'est froid, ça n'a pas trop d'arrière-goût et ça glisse tout seul.

     

     

    (1) Une analyse de l'UCL montre qu'en 2010, au scrutin fédéral, 73% des électeurs wallons sont restés fidèles à leur choix de 2007. 

    C'est le PS qui compte le plus d'abonnés : 88,3%. Suivent le CdH (70,3%), le MR (63%) et Ecolo (61%).

    Parmi les 27% de mouvants, il n'est pas anecdotique de constater que le MR a perdu 98.500 électeurs au profit du PS, 29.500 sont allés vers le CdH, 39.000 vers Ecolo, et 65.500 sont passés dans le camp des désabusés (Abstentions-absentéistes, votes blancs, nuls et FN). 

    Parallèlement, 44.500 ex-désabusés ont voté PS, 44.500 Ecolos sont passés au PS et 40.500 PS ont viré CdH. Les goûts et les couleuvres…

     

    (2) http://www.lesoir.be/257449/article/actualite/belgique/2013-06-06/reforme-l-etat-accord-sur-transferts-competences

     

    (3) Par exemple, les réacteurs nucléaires n°2 de Tihange et n°3 de Doel n'auraient jamais dû être relancés en juin 2013, ont affirmé jeudi le groupe des Verts/ALE au parlement européen, mettant en avant une liste de 56 questions sur le traitement des micro-fissures qui ont été détectées. Les Verts se fondent sur un rapport qu'ils ont commandé à cinq experts internationaux, dont l'experte en matériaux Ilse Tweer et Dieter Majer, ancien chef de la sécurité nucléaire en Allemagne.

    "Sur base des documents rendus publics, les experts sont arrivés à trois types de critiques: erreurs méthodologiques, lacunes dans la documentation de fabrication et erreurs au niveau des détails de l'examen", a résumé l'eurodéputé Bart Staes (Groen).

    Il affirme que ni l'Agence nucléaire ni le gestionnaire des centrales Electrabel ne peuvent réellement déterminer les caractéristiques du matériau qui se trouve dans les cuves sous pression. Inquiétant, quand même !