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  • Staurée

    Staurée

    (le correcteur d’orthographe m’a fait la grâce
    de ne pas transformer automatiquement ce délicieux vocable wallon en
    « saturée ».
    Merci Steve Jobs Jobs Jobs ! Ben oui, c’est la fête d’MR en France. This is a gorgeous belgium joke !)

     

    Etale
    Le fleuve
    Etales les péniches dominicales
    Etalée
    La Meuse
    Dormeuse
    Prometteuse
    Ventre offert
    Aux caprices du ciel
    Qui fronce les nuages
    Réprobateur
    Devant cette grande fille lascive
    Paisible
    Passible
    D’incitation à la rêverie
    Sans intention de la donner
    Corps s’étirant
    Langourant
    Paressant
    Sans courant
    Sans courir
    Beauté horizontale
    Prisonnière
    Entre deux écluses
    Peau grise
    Chairdepoulant
    Sous la brise orientale
    Qui brise en vaguelettes
    Le miroir troublé
    D’un ciel hésitant
    Porteur de tous les orages
    Et de tous les apaisements

  • Molignée de mai

    Molignée de mai

     

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    Je voudrais être girafe
    Et pouvoir me goinfrer
    De ce tendre vert velours
    Qui sourd des vieilles branches
    Des grands arbres de mai
    Ça ne va pas durer
    Pas plus que
    Que les soleils craschés
    Dans les champs de colza
    Fluorescences jaunes
    Bluosité du ciel
    Vertendresse des forêts
    Comme un dessin d’enfant
    Aux couleurs sans mélanges
    Juste sorties des feutres
    Ou gouaches généreuses
    À peine diluées
    Rayons de soleil jaune mimosa
    Ciel uni bleu azur
    Arbres chartreuse verte
    Le printemps qui se jette
    Sur la feuille blanche
    D’un matin des bords de Molignée
    Qui se projette
    Sans réfléchir
    Au temps qu’il fait
    Dans le clignement des paupières
    D’un promeneur ébloui
    Quelque part sur la route
    De Maredret
    Parti à la recherche
    D’un vieux potier italien
    Venu de sa Toscane
    Pour faire tourner sa terre
    Et émailler nos yeux
    Sous la surveillance dédaigneuse
    Des chandelles blanc-rosé
    Que pointent vers le ciel
    Les géants marronniers
    Ces arbres qui fêtent noël
    En plein soleil de mai
    Pendant que la rivière
    Méandre dans les prés
    Coulant sous les vieux ponts
    D'un train qui ne passe plus
    Rêve déjà qu'à l'été
    Elle pourra se jeter
    Souple et paresseuse
    Dans le voluptueux  lit de la Meuse