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  • Françwès & Djozef : la réunion au sommet...

    Voici les deux compères en trois versions : les dessins de Jean Legrand, les santons de Paul Rensonnet et les bronzes de Suzanne Godard.

  • Dimanche

    Moi jpeg.jpg

    La pluie percole des nuages
    Brumisant les senteurs compostées d'un air fade
    Des pincées de gouttelettes ternes
    Agacent le dos reflet du fleuve
    Qui voudrait se gratter
    Aux parapets des ponts
    L'écluse dort
    Le soleil mort
    Se terre
    Un joggueur dégoulinant
    Fluorise le halage
    Un instant
    Un cou noir émerge
    Cormoran
    Trois peluches blanches
    Strient la grisaille
    Mouettes
    Le temps s'étale
    De tout son lent
    Battements d'ailes
    Inconsistant
    Mais palpable
    Oubliant les instants
    Qui le font battre
    Cela fait des secondes
    Qu'il ne s'est rien passé
    Strictement rien
    Ni chaland
    Ni passant
    À part le fleuve
    Nonchalant
    Courant
    Avalant
    Indifférent
    C'est dimanche

  • Françwès & Djozef, Nameùrwès todi pres'

     

    J'ai tenté de ressusciter "Djozef èt Françwès", en utilisant les santons de Paul Rensonnet, avec des dialogues d'époque.

    Voici les deux premiers face à face.

    Françwès & Djozèf 1.jpg

    Françwès & Djozèf 2 jpeg.jpg

     

     

    Nameùrwès, todi pres' ! (1)

    i fait fre a l-gare do nord di bussele  - va 1.jpg

    Djozèf et Françwès sont au départ des caricatures humoristiques de personnages namurois imaginées par Jean Legrand, et qui paraissent dans le journal « Vers l’Avenir » après la Seconde Guerre mondiale.
    Comme tous les Namurois, ils sont lents, tellement lents qu’ils doivent enfermer leurs escargots ou les tenir en laisse ! Ils promènent leur bon sens et leur savoir vivre « tot doûcemint » dans les rues de Namur, préoccupés par « l’pleuve èt l’solia ». Deux nostalgiques d’un temps passé où l’on prenait le temps de vivre, de méditer et de « r’waîti passer les batias ». Tellement lentement qu'on dit de Djozèf "qu'on ne voit qu'il marche que quand il s'arrête"!
    Djozèf est grand, peut-être parce que sa mère habitait rue Haute-Marcelle. Penché en avant, il progresse, les pieds en dedans. Sous sa tignasse ébouriffée, son gros nez rouge et une écharpe démesurée. Il va s'appuyant sur un parapluie mal ficelé.
    Quant à Françwès, il est petit et dodu. Il faut savoir qu'il est né rue Basse Neuville. Et "Todi sès mwins è s'potches" (toujours ses mains en poches), il suce sa pipe en terre d'Andenne.

    Les santons de Paul

    P1080378.jpgPaul Rensonnet, (2) eut l'idée d'immortaliser les personnages de Jean Legrand sous forme de santons et de les ajouter à sa crèche.
    Ces petits santons sont faits de terre wallonne. Ils ont été amoureusement et facétieusement façonnés et peints méticuleusement par ses doigts. Accessoirement ex-frère des écoles chrétiennes, ce "santonnier wallon", comme il l'a fait imprimer sur sa nécro dans l'Avenir, a eu aussi le mérite d'être mon prof de pédagogie à l'école normale de Malonne. Et quel prof. Un de ceux qui emplissent les cœurs plutôt que les têtes.
    Paul, qui est parti en juillet, et qui comme tout bon santonnier a cassé tous ses moules avant de s'en aller, revit ainsi à travers ses petits personnages.

    Street art

    P1130929.jpgEnfin, sur la place d'Armes, au pied de la Bourse, les très photographiés "Djozef et Françwès", d’après les personnages créés par Jean Legrand, sont des sculptures de Suzanne Godard, réalisées par les Ateliers des Arts du Feu, décembre 2000. Donc bien longtemps après les santons de Paul Rensonnet.

    (1) "Namurois toujours prêts" - et non, "pressés" !

    (2) http://commecaenpassant.blogs.lalibre.be/…/paul-le-santonni…