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  • Pluviose

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    Le dos du fleuve chairedepoule sous les baisers picotants

    des gouttes tombées d'un ciel eau de vaisselle

    Un cormoran rêve de Bretagne rasant la houle fluviale qui n'a d'orientale

    que la direction

    Tiret noir

    Encre de chine d'un tire-ligne vite dissoute dans la grisaille

    La pluie liquéfie la moindre velléité du paysage immobile

    Le ciel fait la moue à la terre qui se noie

    Aucun pinceau à l'horizon pour déposer la goutte colorée

    qui irradierait la grande feuille détrempée

    Même les péniches semblent ne plus savoir où elles s'en vont

    Le temps vague vaque faisant semblant de s'occuper les aiguilles

    Les gris se fondent sans conviction

    Connaissant d'avance le résultat de leur cafardeux mélange

    Même la mélancolie se fait endorphine

    Pour empêcher les façades de plonger dans leur reflet

    A l'horizon brumisé les frondaisons s'estompent

    Comme les oiseaux fripés

    La vie revient se nicher dans les branches intérieures de l'âme

    Où la morosité sait se sécher les plumes et se briquer les yeux

    Douce résilience de l'esprit qui se nourrit d'un rien

    Puisant dans l'air humide les mots qui lui font chaud

    L'esprit souffle à l'oreille de l'âtre imaginaire qui ronronne en son cœur

    Timide flambée évaporeuse de toutes les tristesses

    Seul sous le vieux béret qui goutte dans son cou

    Le vieil homme sourit

    On le prend pour un fou

  • Grognonnages

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    Etait-ce vraiment une bonne idée d'aller piocher dans le vocabulaire ferroviaire pour baptiser les contrôleurs aériens ?

    En les appelant "aiguilleurs du ciel" n'allait-on pas leur instiller une propension à la grève ?

    "Gardiens du ciel" alors ? Ben pas vraiment non plus. C'est leur donner la mauvaise idée de garder les passagers prisonniers de leur bon vouloir. Et en matière d'actualité... le rapport "gardiens-prisonniers" est assez déconseillé.

    C'est comme baptiser les gouvernements de sobriquets en rapport avec les couleurs qui les composent.

    Prenez du bleu, du bleu, du jaune, du noir, de l'ocre, de l'orange et encore du jaune. Vous trouvez que ça fait "suédoise" vous ?

    Essayez, vous aurez un truc de la famille des "cacas d'oie". Pas ragoûtant.

    Et pourtant, si l'on observe la gouvernance de la Belgique fédérale, nous avons bel (bbof !) et bien (reboff !) un superbe gouvernement "caca d'oie".

    Et quand c'est le nez fort de Charles Michel que l'on enfonce dans cette matière odorante, tout ce que l'intéressé trouve à dire c'est : "C'est pas moi, c'est l'oie !"

    Le 16 rue de la l'Oie en aura déjà bien entendu en matière de démocrottes, mais là ...

     

    (Parenthèse.)

     

    imgres.jpgJ'en étais là dans mes grognonnages, quand Michelle a passé la tête : "C'est l'heure !"

    Et nous sommes  partis au Caméo voir "Demain". (Tant qu'il en était encore temps, c'est à dire à encore l'affiche et ... pas trop tard pour les habitants de notre planète !)

    Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, à la sortie j'ai piqué un journal "gratuit" que je ne connaissais pas : "Le bienvenu". (1)

    Ce matin j'ai donc ouvert ce "Journal populaire de solidarité" (N° indispensable, comme ils disent...).

    Huit pages très bien écrites (Martine Vandemeulebroecke est derrière... ainsi que tout le secteur associatif) pour démonter les clichés les plus répandus sur les migrants et les réfugiés.

    Et je me suis dit : "Qui va prendre la peine de lire tout ça ?".

    Ceux qui se nourrissent de simplismes ? Ceux qui ne vont jamais à messe mais qui défendent notre occident chrétien contre les invasions barbares ?

    J'ai embrayé avec l'interview éclairée et éclairante (vite mes Ray-Ban !) de Jean Tirole, prix Nobel d'économie, dans "Le Soir".

    Et là je me suis redit : "Y a-t-il une de nos politiques têtes dépensantes qui va lire ces deux pages et s'en inspirer ?"

    Je crois plutôt que Charles Michel aura préféré apprendre par cœur ce que De Wever a dit de lui. Pour demander à Ducarme de réagir par un coup de gueule susceptible et sanguin qu'il pense être de la polémique... Pour eux, le long terme, c'est ce qu'on va dire d'eux au JT du soir.

    Idem pour "Demain" ce film admirable qui pose des questions, y répond et redonne espoir tout en lançant l'alarme.

    Qui parmi nos responsables des énergies, de l'agriculture et de l'éducation a eu la bonne idée d'abandonner son smartphone et ses électeurs pour aller s'asseoir deux heures devant ce film ?

    Qui parmi nos braves nymbies pourfendeurs d'éoliennes aura fait de même ?

     

    L'information est là, mais pour qu'elle perce l'épaisse couche de crasse ignorante de la paresse humaine il faudra peut être attendre qu'il soit trop tard.

    "Mais allez hein fieu ! Qu'est ce que tu viens encore nous faire chier avec tes trucs pessimistes ?  C'est des Diables Rouges, de la Jupiler, Plus belle la vie et des Tops Chefs qu'il nous faut. On ne vit qu'une fois ! "

     

    On ne crève qu'une fois aussi... la gueule ouverte en criant "We are the champions !"

     

    (1) https://lebienvenu.be/

  • "Bonjour, vous allez bien ."

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    "Bonjour, vous allez bien ?"

     

    Dites ça au conducteur en montant dans le bus. Putain sa tête. Il vous regarde d'abord comme un extra-tec-rèstre, puis ébauche un sourire et répond un "Çavaèvous ?" surpris, venu d'ailleurs. De loin, en tout cas.

     

    "Vous verrez, Namur est une ville agréable. Plein de belles boutiques et de restaurants. Et il s'y passe toujours quelque chose...". Certes, certes...

     

    Venant d'un village où se passer de voiture relève du militantisme, nous sommes devenus des habitués de la ligne TEC namuroise "n° 5".  En plus avec le "Pass 65+" à 35 € par an... nous ne sommes pas fous !

    Côté Sambre, terminus Les Hayettes (Salzinnes). Côté Meuse : Plomcot (doit-on prononcer le "t" ?) ou Beez (prononcez Bé, c'est plus sûr !). Au centre, la gare.

    Quand on est habitué à faire ses courses en bagnole avec Classic 21 dans les oreilles, le bus 5 c'est  le choc des rencontres. Le 5, c'est d'abord les nombreux "banlieusards" qui s'en servent pour aller, comme patients ou visiteurs (la joie quoi !), de la gare à une clinique. Sainte-Elisabeth (la chic) à un bout et Saint-Camille (la populaire), à l'autre. Fronts soucieux. Regards perdus dans la forêt des questions.

    Ouais, bon, lors d'un de mes premiers voyages j'ai rencontré Jacqueline, la maman de Benoit Poelvoorde. Elle souriait. Je lui ai dit "C'est vous ?". Elle a éclaté de rire et a répondu "Oui, c'est moi !". Mais ça c'était le cadeau de bienvenue des TEC. Le cèpe du débutant en octobre dans le bois. En temps normal les gens parlent peu, ou entre eux.

    Et quand une flopée d'Africaines montent à la gare et qu'un vieux Namurois ose, pour lui seul : "È bé on dîreuf' qui ça a brûlé véci !" (*), les rares qui comprennent n'y voient pas de racisme.

    Aux heures de pointe, les navetteurs des parkings de dissuasion et les students.

    Aux heures creuses, les smartphones se font plus discrets. Des vieux. Des pauvres, ou presque. Des sans-âge aux yeux fixes. L'une ou l'autre bourgeoise sans permis de conduire. Rarissimes bobos aux cheveux gris-blanc. Beaucoup de femmes voilées ou pas. Des enfants. Beaucoup de caddies au skaï défraîchi. Et on se dit que la fracture sociale n'existe pas que dans les journaux.

    Au retour, le numéro 5 s'arrête place de l'Ange. L'arrêt de toutes les tentations ! Pensez. Derrière vous, les cafés Delahaut, les pralines Galler jouxtées de Léonidas (toujours le mélange des genres !) et la "Maison Saint Aubain" (fromages et charcuteries de haut vol). En face, les chocolats Neuhaus. Mais ceux qui vont vers la clinique ne descendront pas ici. On les attend ailleurs. Là où sont déjà leurs pensées.

     

    "Bonjour, vous allez bien ?"

     

    Essayez aussi avec la caissière de chez Aldi, ou la vendeuse de fromages et le boulanger marocain du marché. On ne sait jamais. Le pouvoir des mots de tous les jours est parfois étonnant.

     

    "Ouièvous ?"

     

    "Ben jusqu'ici, ça a l'air d'aller...".

     

    (*) " Eh bien on dirait que ça a brûlé ici !"

  • Du bon usage de Photoshop.

    J'ai enfin décidé d'approfondir -un peu- le mode d'emploi de Photoshop Elements.

    Voici quelques petits exercices de débutant.

     

     

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