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  • Deux rue des Écoles

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    Les murs

    Se dénudant

    Ont élargi les pièces

    Les tiroirs ont craché

    Leurs ultimes secrets

    Les livres ensommeillés

    Sont passés à la caisse

    Et sur les étagères

    L'empreinte des objets

    Caresse la mémoire

    De son plumeau cruel

    Les vieux meubles vidés

    Caisses de résonance

    Des silences éteints

    Ont choisi de se taire

    La maison s'est fait couler un bain

    Puis s'est ouvert les veines

    Les souvenirs s'écoulent

    Jus de vie concentré

    A base des fruits mûris

    Aux soleils des rencontres

    La pluie indifférente fouette

    Les vieux carreaux

    Diluant les regrets

    Le signet écorné

    Approche à doigts feutrés

    Des mots déjà tracés

    De la dernière page

    L'esprit respire gourmand

    Des bouts de paysage

    Volés par un regard

    Déjà prêt au voyage

    La place des moments

    Se fait doucement libre

    Ouverte à d'autres voix

    Et à d'autres chaleurs

    Prête pour d'autres rires

    Et pour d'autres colères

    Même l'air n'a déjà plus notre odeur

    Il est temps de partir

    Et de laisser le seuil

    Ouvert à d'autres pas

     

     

     

  • Scinder râler

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    Pour certain Flamand, c'est la saint-Dé tous les jours.

    Scinder la sécu, scinder le pays, scinder la scission, ...

    Chez nous, en Wallonie, nous en sommes restés au scinder-râler, pupon di liards à dispenser.

    Ben ouais. Nosse pitite patreye...

    La Wallonie, quand on y pense très fort (mais alors très, très fort), c'est pas si mal que ça.

    Parce que bon, la Suisse ?

    Si on en ôte les montagnes, l'industrie pharmaceutique, les banques, le chocolat, les montres et le fromage ? Qu'est ce qui reste, hein ?

    Et les USA ? Mondjeu ! Ine gote (di bourbon) oui treusse !

    Ôtez les armes, les noirs, les racistes et l'armée, et ben reste pas trop grand chose. Ben si quand même ! Les Indiens et la liberté, ou, du moins, sa statue.

    C'est comme New York, sans les juifs, les gratte-ciel, les traders et les dealers.  Ou le Canada sans le mari de Céline Dion et le mapple sirup !

    Et la France si vous supprimez soit les Français, soit le gouvernement, et ben en voilà un pays qu'il est gouvernable !

    Et la Flandre ! Si vous enlevez la mer, Anvers, Bruges, les dialectes et la langue, il vous reste quoi ? Bruxelles ?

    Et Bruxelles, parlons-en... Ôtez les navetteurs wallons et flamands, posez les Maroturcs ou les Turquocains, la grand-place, l'atomium et le musée Magritte. Il ne vous reste que l'OTAN, l'Europe et les marchands de chocolats !

    Si Brel revenait, il chanterait "C'était au temps où Bruxelles pralinait...".

    Pas de quoi pavoiser un 27 septembre !

    Tandis que Wallons, nous !

    Les Wallons, c'est les Belges dont on a enlevé les Flamands et les bilingues.

    Si vous nous ôtez le singe de Mons, le maca de Wavre, le marsupilami, les gilles de Binche, les marcheurs de l'Entre-Sambre-et-Meuse, les chinels de Fosses, les porais de Tilff, les haguettes du Mam'dy, les majorettes de Tangissart, la chimay bleue, l'orval et le pèket dè houyeux, ... ?

    VIEUX SYSTEME ET COQ WALLON.jpgIl nous reste, envers (pas anvers, hein m'fi !) et contre tout, notre plan "Marchal" 7.0 © (Appellation Géographique Protégée) (1), notre sirop de Liège halal ©, nos transferts nord-sud (le mercato est ouvert toute l'année), nos politichiens (et chats), notre François Pirette-Van Cauberg, nos frères Taloche et Duferco-Mittal, nos armes de guerre pour pays en paix only, notre Leffe brassée à Leuven, notre archéologie industrielle, notre jusqu'au bouddhiste syndicalisme, nos célèbres surlendemains des avant-veilles de fêtes, notre sens aigu de la grève, Charleroi-Standard, et Franco Dragone... De quoi tenir des siècles sur notre barricade. De quoi voir venir à sn'aise.

    Pensez qu'on aurait pu n'être (naître aussi) que Japonais (OK, on a déjà les fissures de Fukushtiange),  ou Monneygasques (OK, on a aussi le hors-prix de Francorchamps), ou Emiratis dubaïotes (OK, Verviers a déjà ses salafistes sponsorisés), ou, pire encore, Luxembourgeois (les pauvres qui sont obligés de s'expatrier à Arlon pour éviter le terrorisme immobilier !).

    Adon, ni nos plaingnant nin. Si y a dix coups mia, i gnia cint coups pîre !

    Eyè dimèrons fîrs di nosse pitite patreye, ouski les Flamins vègnent nu dispinser les liards qui no n'avan pu ! (2)

     

    (1) Méthode Coué wallonne.

    (2) Traduction en Algemeen Beschaafd Frans : " Alors, ne nous plaignons pas. S'il y a dix fois mieux, il y a cent fois pis. Et restons fiers de notre petit patrie où les Flamands viennent dépenser les sous que nous n'avons plus."

     

  • 2016

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    Une année a montré son faux-cul avant de se casser pour toujours.
    Le mieux qu'elle avait à faire. Dans le fond, elle n'avait que ça de beau : son cul. Normal pour une année de merde direz-vous ? Quoique. Entre les métastases et la morphine, entre les enterrements et les crémations, entre les fusillades et les migrations, entre les mauvaises réponses et les mauvaises questions, il y a quand même eu une sacrée chiée de putains de bons moments. Que les responsables se lèvent afin que je les embrasse. Ces faiseurs de beaux jours. Ces colorieurs fous. Ces voix amies qui trouvent les pansemots étanches aux jours de pluie. Ces mains tendues et caressantes. Ces partageurs de cœurs sur la main. Ces optimistes du quart d'heure à la fois. Ceux qui font de la place entre les gouttes. Ceux qui à Noël m'ont offert 366 calendriers pour 2016. Des calendriers d'une seule page. Blanche comme les dimanches aux chiffres rouges. Avec des matins calmes comme du papier de riz. Où tout est à écrire avec des mots blinquants qui sentent le cuir neuf. A toutes celles-là, à tous ceux-là. Merci et bonne journée 2016. (Toute ressemblance avec des gens que vous connaissez de près n'est absolument pas fortuite.)