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  • Même pas peur

     

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    Extrait de "La planète des sages"; Pépin et Jul; Dargaud.

     

    Début 2015 on a tué des gens qui faisaient rire.

    Fin 2015, on a tué ceux qui riaient.

    Même pas peur ! C'était lors de l'intifada 2, alors qu'un "missile" palestinien s'était écrasé sur Tel Aviv.  Des jeunes Israéliens disaient qu'ils achetaient leurs chaussures de luxe à crédit :

    "Ben ouais, on ne sait jamais. Si on ne les porte que deux fois, on aura pas payé trop cher !"

    Et si la peur était un exhausteur du goût de vivre ?

    Et si le patron de DAESH, Abou Bakr al-Baghdadi -heureusement qu'on a le copier-coller !- était un prophète envoyé sur terre par les mânes des stoïciens ? Pour nous réapprendre l'importance de l'instant ? Nous obligeant à la joie de vivre. Réalisant par là exactement l'inverse du but qu'il poursuit ?

    Il semble que nous ayons déjà appris à vivre avec les niveaux 3 et 4. Avec les rétrospectives télévisées et appuyées des attentats. Avec la misère côtoyée des migrants. Avec des militaires hors de prix et hors de leurs casernes. Avec des bombances au pied des sapins enguirlandés. Avec "Viva for Live" et "Danse avec les Stars". Le tout en même temps. Se disant que le pire n'est ni universel ni éternel.

    Quand c'est le bordel niveau 4 dans le petit monde fermé de nos émotions, nous devrions trouver, à l'intérieur de nous-même, un endroit douillet où nous offrir un moment de thalasso. D'immédiathérapie. J'en connais deux qui y sont parvenus sans peine et en pleine conscience.

     

    Extrait de la Lettre à Ménécée (Epicure; 300 av. J.-C.) :

    " Familiarise-toi avec l'idée que la mort n'est rien pour nous, puisque tout bien et tout mal résident dans la sensation, et que la mort est l'éradication de nos sensations. Dès lors, la juste prise de conscience que la mort ne nous est rien autorise à jouir du caractère mortel de la vie : non pas en lui conférant une durée infinie, mais en l'amputant du désir d'immortalité. Il s'ensuit qu'il n'y a rien d'effrayant dans le fait de vivre, pour qui est radicalement conscient qu'il n'existe rien d'effrayant non plus dans le fait de ne pas vivre. Stupide est donc celui qui dit avoir peur de la mort non parce qu'il souffrira en mourant, mais parce qu'il souffre à l'idée qu'elle approche. Ce dont l'existence ne gêne point, c'est vraiment pour rien qu'on souffre de l'attendre ! Le plus effrayant des maux, la mort ne nous est rien, disais-je : quand nous sommes, la mort n'est pas là, et quand la mort est là, c'est nous qui ne sommes pas ! Elle ne concerne donc ni les vivants ni les trépassés, étant donné que pour les uns, elle n'est point, et que les autres ne sont plus. "

    Texte intégral : http://www.echosdumaquis.com/Accueil/Textes_(A-Z)_files/Lettre%20a%CC%80%20Me%CC%81ne%CC%81ce%CC%81e.pdf

  • Pierre Kroll

    Un beau discours, ou le grand dessein des petits dessins.

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    Vendredi soir.

    Mille nuances de noir mouillé.

    Quel est le grand couillon qui a shooté dans le potiquet d'encre de Chine ?

    Sur la route, les grands arbres dégoutés dégouttent à goutte.

    Gigantesque perfusion d'encre noire qui humecte une planète et une Belgique en soins palliatifs.

    Accrochée à la potence d'un ciel en deuil, la poche Baxter © tente en se vidant de ranimer un automne moribond qui n'attend que Noël pour fermer définitivement les yeux.

    Et au bout de la route, loin derrière les gestes désespérés des essuie-glaces essoufflés proches de l'hydrocution : Jodoigne.

    Ou plus justement : Pierre Kroll à Jodoigne.

    Chez Louis Michel et dans le Hall Baudouin Premier. Ça ne s'invente pas.

    Le grand philosophe absurdistanais Djinsé Pu Khî (troisième siècle à gauche avant notre air) disait : " A chacun son truc ! Que les politiciens politicaillent, que les poètes rimaillent et que les caricaturistes dessinent."

    "Et les moutons bélant seront bien tondus." , ajoutait Ikke Mî son fidèle disciple contradicteur.

    Mais ça, c'était au troisième siècle à gauche avant notre air (très pollué, par ailleurs !).

    Si Djinsé Pu Khî était passé à Jodoigne hier, il aurait moins fait son malin.

    Pierre Kroll dit déjà beaucoup avec un marqueur noir et une feuille blanche.

    Mais quand il se met à causer… c'est Merlin qui rencontre Mélusine pour lui conter Magritte.

    Elégance, aisance, fluidité, légèreté, simplicité sans simplisme, virtuosité, humilité, générosité, ouverture, tolérance, Pierre Kroll nous a tracé une e-pure d'une heure et demie.

    Sans longueurs, sans pédantisme ni vulgarité ni autres lourdeurs, il nous a raconté Pierre Kroll, son enfance, sa vie, son métier sur le ton tellement naturel de l'improvisation.

    Il nous a fait partager ses doutes et ses certitudes. Il nous a narré l'histoire des histoires que cachent ses dessins.

    Nous avons souri, certes. Mais ri aussi. Réfléchi ? Beaucoup !

    Au bout de notre rangée, un certain Louis Michel riait parfois jaune curry dans sa barbe seldepoivrée.

    Parce que, en une heure et demie le prof Kroll nous a fait revisiter l'histoire de notre Belgique (Présente et à venir, salut !) sans gommer ses heures noires de gloire coloniale, l'histoire de notre monarchie touche à touche, celle aussi de la caricature politique et de la censure. Il a revisité les évangiles, et iconoclasté quelques idoles monothéistes, et leurs piliers ignares et prétentieux, au passage (Et au repassage !).

    Tout cela en dessinant en direct, parfois en différé, reprenant ses animations cultes de la RTBF.

    Une leçon de stand up. Ou, comment être magistral sans faire chier les gens.

    (Que le temps passe vite quand il passe bien !)

    Des gens qu'il semble aimer profondément.

    Des gens qui sont sortis de là en se sentant meilleurs qu'au moment d'y entrer, lors de la fouille des sacs et du vestiaire obligatoire, niveau 3 oblige.

    "Bon OK, on a commencé avec une heure de retard, mais si j'avais joué à Genève ce soir, c'est dimanche que vous seriez entrés !".

     

    http://www.kroll.be/

  • Attentat : 106 vicitimes

     

     

     

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    NDLR : Le nombre de victimes aurait pu être plus lourd si certains, par un réflexe salvateur, n'avaient eu l'absence d'esprit de détourner le regard in extremis. Une cellule spéciale "soutiens" s'est chargée du nettoyage des lieux du carnage.

     

     

  • The Belgian Game of Throne

    imgres.pngQue Mathilde ne soit pas revenue et qu'elle ait préféré faire gommer ses royales vergetures à Quiberon !

    Que Philippe, qui n'avait pas souscrit d'assurance annulation, ait économisé ainsi quelques euros sur sa dotation en restant chez Louison Bobet !

    Dans le vrai fond du fond ? Mais on s'en tape le prépuce avec une pelle à tarte !

    Imaginez les réactions, si Mathilde avait bravé le niveau 4 en faisant du shopping dans les magasins fermés de la rue Neuve !

    Ou si Philippe avait assisté à la pose de la première bière à la buvette du club de foot d'Yvoir et nécessité ainsi un escorte de paras de Flawinne !

    Ou, pire, s'il avait pris la parole pour nous ressortir une version updatée à la va-vite de son message de Noël 2014 !

    Faudrait savoir ce qu'on veut !

    Déjà en 1961, Monsieur Frérard, prof d'histoire à l'athénée royal de Namur nous disait, à propos de la constitution : "En Belgique, le roi a tous les pouvoirs, et, entre parenthèses, mais il n'a rien à dire ."

    Nous ne sommes plus en 1914 où le roi chevalier (Alberto nouméro uno) prenait les bains de mer à La Panne en visitant une fois de temps en temps ses troupes dans les boues (déjà la thalasso ?) de l'Yser, histoire d'aérer son cheval et de soutenir le moral de son peuple en guerre.

    Nous voulons une monarchie potiche dont les deux raisons d'exister sont l'approvisionnement des médias pipolaires et l'accompagnement de missions économiques belges à l'étranger. Eh ben non l'avons. Et ne me faites pas péter les zygos en parlant du ciment de la Belgique. Pour ça nous avons les Diables Rouges.

    Alors qu'Ils fassent ce qu'Ils veulent de Leur temps libre, et de Leur argent de poche,  du moment que ça ne nous coûte pas trop cher en kérosène.

    Notez qu'ils ont quand même pris le risque d'assister à la finale de la Davis Cup à Gent ! Et sans gilets pare-balles ! Alors ? Hein ! Bon ! M'en faut plus pour atteindre le niveau 5 de l'indignation…

    Toute façon, Elisabeth de Belgique, la dauphine, était à Laeken et suivait tout sur son iPad. Donc, en cas d'hydrocution à Quiberon, le royaume était sauvé !

     

     

     

     

  • Carbonnades à la gueuze et au pèquet

    " Recette pour un accord sur le climat "à la belge" : faire revenir de beaux morceaux de blanc-bleu-belge des polders, flamber au pèquet mouiller à la gueuze et laisser mijoter huit ans. Et si c'est pas prêt, terminer vite fait au micro-ondes." 

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    En Belgique, faire de la politique, c'est lancer des projets et établir un budget pour tout de suite se rendre compte que le budget est dépassé et passer le reste du temps à s'étriper sur des chiffres,  trouver des économies à faire et voir quels projets on va supprimer. Ceci fait, il est déjà temps d'établir le budget suivant...  Tu parles de haut-vol ! Ah ! Sans ces irresponsables de socialos, sans ces emmerdeurs d'écolos, sans ces sociaux-centristes d'ex-cathos,  avec  rien que des gens sérieux de centre-très-droite, on allait voir ce qu'on allait voir ! Et qu'est-ce qu'on voit ? Un gouvernement de comptables lobbyés par le capital et qui s'emmêle dans les chiffres. Pourtant sa soi-disant spécialité !   Un gouvernement qui néglige l'écologie puisque l'air est suffisamment pur depuis qu' ECOLO n'est plus là. Un gouvernement qui tape dans le social puisque Elio Doudou-Mama-Poupée est'èvoye. Il est tristement comique  d'observer le sieur Jeholet (MR) fustiger la majorité wallonne sur des questions de budgets alors qu'au fédéral Hervé Jamar, feu ministre du Budget (MR lui aussi), a  été gentiment poussé vers la sortie par ses pairs. Ajoutons Gallant et Marie-Electrabel Marghem que le sieur Jeholet essaye de dissimuler derrière son écran de fumée, et l'on change sa définition du "faire de la politique en Belgique" : faire vite et mal n'importe quoi pour parer au plus pressé et passer le reste du temps à se justifier. A se dédouaner. A rejeter les fautes sur ceux d'avant. Plus que jamais, gouverner c'est prévoir... les prochaines élections.