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  • Médias-killers

    Les médias-killers !

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    Commencent à m'enflammer sérieusement les gonades, ces grands esprits qui n'arrêtent pas de tirer sur les "médias".

    Rien déjà que ça : "Les médias" !

    C'est comme si on mettait tous les restos dans le même sac. Ceux qui embauchent un grand chef lequel choisit ses produits, en vérifie la fraîcheur et la qualité, et les transforme en quelque chose non seulement de mangeable, mais d'enrichissant, de générateur de plaisir, et, osons-le, de spirituel. 

    Mais aussi ceux qui se contentent d'acheter du bon sous-vide et de le réchauffer. 

    Et aussi, hélas, ceux qui, dès l'ardoise posée sur le trottoir, annoncent du copieux, du "à volonté", du salivogène, et qui servent du gros, du gras, du lourd et du pas frais-pas cher. Du prix-pas qualité.

    Les médias ?

    Et si nous parlions plutôt de "consommateurs de médias" ? 

    Les ceusses qui veulent du sport "à volonté" et du fait divers savent où s'attabler.

    Ceux qui veulent savoir si la voisine assistait aux noces d'or de ses parents, aussi.

    Idem pour ceux qui raffolent du croustillant et du sanguinolent. 

    Même ceux qui veulent du posé, de l'analysé, du commenté, de l'instructif, ont le choix. 

    Alors  ? Soyons grossier (Coffier ?) ! "Si tu vas dans un resto de merde, et qu'on te sert de la merde, ne te plains pas de la bouffe, ni du chef, ni du non-sourire de la serveuse !"

    Ceux qui n'attachent aucune importance à la bouffe n'ont pas besoin de Gault-Millau, Tripadvisor suffit.

    Et c'est pas parce que le propriétaire du resto veut faire du bénèfe que le chef n'est pas un artiste !

    Que ceux qui se plantent une fois par jour devant la télé, qui n'entendent la radio que comme bruit de fond, qui ne savent ce que l'on écrit dans les journaux que par Facebook interposé, se privent de leur droit de critique. Ils me font penser à certains qui se prétendent gastronomes parce qu'ils lisent le Michelin sans sortir de chez eux.

    Comme par hasard, ce sont souvent les mêmes qui remettent en cause le suffrage universel. Voter ? Pour quoi faire, alors que le lecteur de Sudpresse a le même poids que celui de La Libre . Alors que la voix du barakî vaut autant que celle d'un Lasnois . "De toutes façons, ils sont tous pourris et une fois en place ils feront ce qu'ils voudront !"

    Un peu de logique, chers grands esprits :

    " Ils feront encore plus ce qu'ils voudront si personne n'est là pour les surveiller un tant soit peu ."

    Et c'est qui qui va les surveiller un tant soit peu ? L'opposition certes, mais les médias aussi bien sûr !

    Alors, puisque nos médias ne valent rien, chers grands esprits, pourquoi n'allez-vous pas voir au Maroc, en Hongrie, en Turquie, en Russie, voire en Corée du Nord ? Ah oui, en Arabie aussi, ce pays "sûr" !

    En ces temps difficiles, il est trop facile de tirer sur le messager porteur de mauvaises nouvelles. Même s'il se montre parfois maladroit.

    Mais à force de tirer dans le tas, et de voter à droite, il ne restera bientôt que des colporteurs des fausses nouvelles dictées par le pouvoir.

    Et alors, chers grands esprits non-éclairés, il ne vous restera plus que vos yeux d'aveugles pour pleurer dans le noir.

    Le sommet de l'orgueil n'est-il pas de s'arroger le droit de juger sans savoir ?

  • Le temps de la spiritualité

    Une anesthésiste du Centre de la douleur du CHU de Liège m'a dit un jour : "La médecine actuelle privilégie trop les interventions lourdes au détriment des solutions plus psychologiques."

    Mon homéopathe, pour sa part, comparait son art à celui des médecins allopathes : " Pour ouvrir une porte, ils l'enfoncent. Et le chambranle, ainsi que des morceaux de mur s'en vont avec. Dégâts dont la réparation nécessitera d'autres médicaments et ainsi de suite. L'homéopathie se résume à chercher où se trouve la petite clé qui permettra d'entrouvrir la porte."

    Ces réflexions me font penser à la situation de peur que certains essaient de nous imposer. Et la réponse émocratique est automatique, comme les armes du même nom : la guerre. "Qu'un sang impur abreuve nos sillons !"

    Tâlââââm ! On va irradier cette putain de tumeur ! Et si ça suffit pas on va la chimiothérapier. Et mourira bien qui mourira le dernier !

    Et les métastases de répondre : "Plus con que ça tu meurs !"

     

    Certes il est des mesures que l'urgence nous impose. Mais, parallèlement, n'est-ce pas aussi le temps venu de la réflexion.

    Mon quotidien préféré semble avoir pris ce virage, en même temps que de la distance. Témoin ce remarquable texte demandé au philosophe Abdenmour Bidar.

    Puissent tous les citoyens de bonne volonté se donner la peine -et la joie- de le lire.

    Notre monde a en effet aujourd'hui plus besoin de spiritualité que de religions.

     

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    "Suite aux attentats effroyables de Paris, il y a un piège dans lequel nous ne devons pas tomber : la stratégie claire de Daesh est de provoquer le chaos dans la société française en alimentant la peur, qui va nourrir le vote d’extrême droite. Au-delà, c’est le risque que partout en Europe ces attentats aggravent encore la suspicion et le rejet à l’égard de nos concitoyens musulmans en provoquant une flambée de l’intolérance et de la haine. Car en France aujourd’hui, et dans bien d’autres pays européens, se creuse dramatiquement le fossé d’incompréhension entre les musulmans et les autres : d’un côté une véritable allergie se répand à l’égard d’une religion perçue comme violente et agressive, de l’autre se propage le sentiment d’être toujours plus « montrés du doigt », stigmatisés. Le rejet n’en finit plus de monter des deux côtés : les uns rejettent, les autres se sentent rejetés. Voilà le mécanisme, l’engrenage maudit, qui pourrait dresser demain nos populations les unes contre les autres. Face à cela, nous devons avoir un sursaut de lucidité collective : être capables de comprendre le piège à temps, et l’éviter tous ensemble, non musulmans et musulmans unis, avant que ne se déclenche son mécanisme de désastre sur les plans social et politique.

    Au bord de ce péril, les réactions des musulmans eux-mêmes qui expriment leur dénonciation de Daesh sont nécessaires et salutaires, indispensables pour faire diminuer la suspicion à l’égard de l’islam. Mais c’est insuffisant. Tragiquement insuffisant. Il ne suffit plus de dire « ne faisons pas l’amalgame entre islam et islamisme » . Les musulmans du monde entier doivent passer du réflexe de l’autodéfense à la responsabilité de l’autocritique. Car comme le dit le proverbe français, « le ver est dans le fruit » : ce n’est pas seulement le terrorisme djihadiste qui nous envoie de mauvais signaux en provenance de cette civilisation et culture musulmane, mais l’état général de celle-ci. Voilà en effet une culture tout entière qui est menacée par la régression vers l’obscurantisme, le dogmatisme, le néoconservatisme, le rigorisme incapable de s’adapter au présent et aux différents contextes de société… et qui, c’est le comble, parle parfois de liberté de conscience pour réclamer le droit de donner libre cours à sa radicalité, ou pour faire valoir publiquement ses « principes éternels » , sa « loi divine intangible et indiscutable » , comme si quelque chose pouvait et devait échapper aussi bien à la marche de l’histoire et à la volonté des hommes !

    La nostalgie de l’âge d’or ne vaut guère mieux que l’islam pur des salafistes

    De plus en plus de musulmans prennent conscience qu’il y a là un cancer interne de civilisation gravissime, un cancer qui se généralise à grande vitesse et face auquel les courants progressistes reculent. Un cancer face auquel les musulmans lucides souffrent de voir leur religion ainsi dégénérer. Qu’ils ne se laissent pas paralyser par leur sentiment d’impuissance ! L’optimisme est une responsabilité. Quand on agit, il n’y a plus de place pour la peur et le désespoir. La tâche est qu’il faut tout faire, chacun à son niveau, chacun avec ses moyens, pour régénérer, réinventer, métamorphoser cette culture spirituelle en perdition. Et pour cela, la première chose à comprendre est qu’il faut arrêter de dire seulement « le vrai islam ce n’est pas cela », « cet obscurantisme ce n’est pas l’islam de mes grands-parents, de mon village, ou des âges d’or de l’islam, comme l’Espagne andalouse » . Ce type de nostalgie ne vaut guère mieux face à la gravité du présent que la solution des salafistes qui veulent revenir à un «islam originel », à un « islam pur ». Rien de plus stérile que de vouloir fabriquer du futur avec le passé ! Rien de plus dangereux que de vouloir faire triompher la « pureté » de quoi que ce soit : ce fantasme de « pureté » passe toujours, l’histoire nous l’a enseigné, par la « purification totalitaire » de tout ce qui n’est pas conforme au modèle !

    Pour dire cela, combien sommes-nous ? D’intellectuels de culture musulmane ? De philosophes critiques ? De consciences engagées ? Dès aujourd’hui, il faut que du côté musulman, les voix de la transformation soient beaucoup plus nombreuses et puissantes. Et que nous entendions dans ce concert la voix de plus de théologiens ou d’imams, bien qu’en tant que philosophe, je suis toujours très prudent avec les « clercs éclairés » : même ouvert d’esprit jusqu’à un certain point, le savant ou le chef religieux reste un « maître de religion » attaché au noyau du dogme, et face auquel toute conscience doit garder farouchement sa vigilance et sa liberté. La responsabilité des musulmanes et de musulmans dans nos sociétés européennes ? Elles et ils doivent s’engager massivement, pas seulement en tant que croyants de telle religion, mais en tant que citoyens qui participent au progrès moral et social général, à la reconstruction, ici, en Europe de sociétés plus justes, plus fraternelles. Contre le libéralisme sauvage, contre les inégalités entre riches et pauvres, contre le matérialisme anti-spirituel de nos sociétés. C’est en participant à tous ces combats que les musulmans d’Europe pourront affirmer une voix propre, et peut-être construire le modèle d’une autre identification à la culture musulmane – non plus repliée sur elle-même, sur la défense de son identité et de ses intérêts, mais ouverte et engagée dans une logique de contribution au bien collectif.

    La mère de toutes les crises : celle du spirituel

    Comme toujours, l’intellectuel est en première ligne, il doit monter au front des idées, des propositions, de l’ouverture de nouveaux horizons de sens et de société. Il doit porter un projet de civilisation nouveau face à la « fin des idéologies » et au « désenchantement du monde » où nous sommes tombés en Occident. A partir de ma double culture française et musulmane, j’essaie d’expliquer que nous sommes tous maintenant, musulmans et occidentaux, et la planète entière avec nous, confrontés à une immense question qui fait son grand retour au milieu du monde humain : la question du sacré. Voilà le défi du siècle qui s’ouvre. Il nous renvoie non pas à la crise écologique, ni aux crises financières ou politiques, ni aux crises géopolitiques, mais à la mère de toutes les crises : celle du spirituel. Quelle vie spirituelle pour l’humanité, à l’heure où tout entière elle essaie de se rassembler dans la mondialisation ? A l’heure où elle cherche un « projet de civilisation » qui ne soit pas seulement politique et économique, mais qui nous permette de devenir plus humains ?

    Voilà le défi qui se cache encore derrière tous les autres – et que nos grands médias, nos classes politiques n’ont pas encore eu la lucidité de voir alors même que beaucoup de consciences ont déjà compris que, comme l’avait dit André Malraux, « le XXI e siècle sera spirituel ou ne sera pas » . Daesh ? L’islamisme radical ? Oui, c’est l’urgence, mais c’est une goutte d’eau dans l’immense tâche qui nous incombe aujourd’hui : sortir enfin des guerres de religion, sortir enfin du conflit immémorial entre les formes du sacré, pour aller ensemble vers un sacré partageable entre toutes les cultures, toutes les civilisations. Mais où est-il ce sacré partageable qui créerait l’unité spirituelle entre nous, sans abolir la diversité de nos croyances ? C’est l’axe de tous mes travaux depuis des années. Sans relâche, j’essaye de dessiner, d’esquisser les formes de ce sacré partageable – je m’y consacre à partir de l’intuition qu’il s’établira sur une vision de l’être humain, un humanisme complètement réinventé à partir de tous nos héritages d’Orient et d’Occident, critiqués et mis en mutation créatrice.

    Vivre reliés

    En vue de cet objectif élevé d’un sacré partageable qui soit un juge de paix nous évitant de nous battre, je demande solennellement aux musulmanes et aux musulmans européens de ne pas rester de leur côté, de ne pas céder à la tentation de se replier sur eux-mêmes dans la défense exclusive de leurs intérêts propres. Qu’ils répondent à la suspicion par l’ouverture. Qu’ils répondent au rejet par la contribution. Qu’ils répondent au mal par le bien, comme le conseille le Coran (41, 34). Qu’ils regagnent le respect et la considération de tous en s’associant intellectuellement et humainement, partout où c’est possible à tous ceux qui refusent un monde égoïste où l’on vit séparés en communautés et en tribus. Qu’ils regagnent l’estime générale en unissant leurs efforts à tous ceux qui refusent aussi bien un monde matérialiste, sans spiritualité, qu’un univers où telle religion domine tout, sans laisser à chacun sa liberté de conscience.

    Contre cela, cherchons ce sacré partageable que j’évoque ici à l’horizon de nos sociétés. Il commence là. Dans la lutte pour une fraternité sans frontières, qui travaille aussi bien à réduire les inégalités sociales qu’à combler les distances, les « coexistences » sans mélange, les fossés d’incompréhension, le choc des ignorances, des rejets et des peurs, entre les cultures et les croyances. Quand je parle du sacré et du spirituel, son sens est très simple : il surgit de cette fraternité qui crée du lien et qui fait grandir en humanité. Plus largement, vivre spirituellement, c’est vivre relié : à soi, aux autres, à la nature et à l’univers. Nos individualités étouffent et meurent lorsque ces liens sont rompus ou endommagés – soit par une vie superficielle où l’on n’écoute plus sa voix intérieure, soit par une vie égoïste et indifférente à l’autre, soit encore par une vie loin d’une nature qui nous enseigne la façon sublime dont toujours la vie triomphe de la mort. Daesh ? J’y insiste : sa seule force est de profiter de nos faiblesses. Si nous persistons à vivre en régime de « déliaison du monde », où la qualité de ce triple lien à soi, à autrui, à la nature, reste si mauvaise, alors le néant, le nihilisme, de Daesh viendra comme un poison s’infiltrer dans toutes nos brèches, dans toutes les blessures de nos liens. Travaillons à nous relier, resserrons nos liens, tous nos liens de sens et de fraternité, et Daesh n’aura pas pour nous diviser le passage d’une seule petite faille. Retissons les liens de fraternité avec nous-mêmes, avec les autres, avec la nature et l’univers. Respiritualisons le monde et nous aurons une chance de le guérir de ses souffrances."

    (Abdenmour Bidar, in "Le Soir; 19/11/2015)

  • "Gamma-GT", un roman à l'eau de vie

    Jérôme photo.jpgJérôme Burlandiny est un alcoolique, abstinent aujourd'hui depuis plus de neuf ans.

    Tout gamin, il a goûté aux boissons des grands et il a aimé ça. Le goût et les effets.

    Mais il  aura fallu qu'il atteigne la cinquantaine pour que la progression de sa consommation devienne problématique.

    Au point qu'un jour, il a franchi la ligne rouge du non-retour, et, longtemps après, ... le seuil d'une réunion des Alcooliques Anonymes.

    Si "Gamma-GT" est un roman, il n'est néanmoins pas très éloigné du parcours personnel de Jérôme.

    Il ne s'agit cependant nullement d'un documentaire sur l'alcoolisme et le chemin vers l'abstinence. Non plus un plaidoyer proAA pou antialcool.

    Gamma couverture pleine JPEG.jpgLes personnages qui y vivent, souffrent, tombent et s'y relèvent, sont imaginaires. Jérôme les a recomposés à partir des traits communs aux amies et amis qu'il fréquente encore aujourd'hui au fil des réunions AA.

    Par le jeu de la fiction, ces malades alcooliques sortent de l'anonymat. Et le lecteur, à défaut de parfois s'y reconnaître ou d'y retrouver les traits d'un proche, s'y attache.

    L'auteur avait d'abord écrit une autobiographie de son parcours éthylique dans un but surtout thérapeutique.  C'est beaucoup plus tard que la fiction est venue donner vie et chair à ce récit. Lorsqu'un ami de Jérôme lui a dit : "Tu ne peux pas garder ça pour toi, ça peut aider beaucoup de gens."

    L'amitié et la solidarité sont le terreau de ces boutures de vies qui redressent la tête. Avec la sérénité trouvée (ou retrouvée) au long du chemin. On ne dit pas "au bout du chemin", car le parcours, comme le roman, n'a pas de fin. Il s'écrit au jour le jour.

    Avec beaucoup de respect et d'humanité.

    Des chapitres courts, une écriture fluide, et des personnages à plaindre et à aimer.

    On est loin des clichés qui montrent uniquement les alcooliques en période de crise. Plus noirs que gris.

    Des gens de tous les jours pour qui l'alcool était devenu le souci quotidien. En avoir ou pas. Mentir, se cacher.

    Les soirs où l'on règne et les matins où l'on se hait, où l'on se dégoûte.

    Si les alcooliques en souffrance sont généralement allergiques à ce genre de prose, leurs proches, qui souffrent aussi, trouveront là une raison d'espérer. De savoir qu'il est possible d'arrêter tout en reprenant goût à la vie. Le grand mérite de ce roman est peut-être son message subliminal : "L'abstinence n'est pas une punition." Pour personne.

    Gamma couverture pleine JPEG.jpg

    Se procurer le livre : soit en le commandant au libraire, soit en ligne :

    http://www.editionschloedeslys.be/catalogue/904-gamma-gt.html

    Réactions de lecteurs : la page Facebook de Jérôme Burlandiny propose quelques réactions des premiers lecteurs.

    https://www.facebook.com/J%C3%A9r%C3%B4me-Burlandiny-628046757301615/?ref=aymt_homepage_panel