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  • Cantonales : le mutisme de 40 millions de Français

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    Cantonales 2015 : une autre lecture.

     

    Ayant demandé à un ami français "au-dessus de tout soupçon" (Merci Charly !) ce qu'il pensait du taux d'abstention, il m'a répondu ceci : 

     

    "C'est pas brillant, mais c'est classique ici pour ce type d'élection.  Et je trouve le chiffre de participation élevé car on nous demandait de voter pour une institution dont les compétences ne sont pas définies. Nous avons été voter  pour dire non ("ou oui" N.D.L.R.) aux extrêmes, plus que par conviction face a l'institution départementale ... "

     

    Ceci dit, il m'a aussi apporté la réponse à une question qui me turlupinait depuis quelques jours. Et que les médias n'évoquent jamais. A savoir, que représentent exactement les 50, et des faflottes, pour cent d'abstentions ?

     

    Pour voter, en France, il faut avoir sa carte d'électeur et donc s'inscrire dans des délais prescrits par la Loi. Il faut considérer qu'environ la moitié des Français en âge de vote accomplissent cette démarche. Ce qui fait implicitement déjà 50 % d'abstentionnistes avant de commencer la partie. 

    Pour les cantonales, il faut en plus retrancher Paris et Lyon. Soit 51.700.000 Français en âge de vote, moins Paris et moins Lyon, cela fait 50.800.000, moins la moitié de non inscrits, 25.400.000, moins les 50 % d'inscrits qui sont restés chez eux et l'on arrive à 12.700.000 Français qui ont voté.

     

    C'est donc sur cette base qu'il faut apprécier les 30 % de la droite, les 25 % de l'extrême droite et les 22 % du PS (puisque, paraît-il, le PS ne représente plus la gauche).

     

    On pourrait donc dire que près de 40 millions Français ont choisi officiellement de la fermer. Et qu'ils ne viennent pas martyriser les zincs des "bars du commerce et des sports réunis" en allongeant leur anisette de leurs larmes amères. En démocratie, s'abstenir c'est peut-être râler, mais ce n'est pas choisir.

    Et, en fin de compte, seuls les choix restent inscrits dans les tablettes de l'Histoire.

     

    Sous-question pour les habitants du trigone : Que se passerait-il en Belgique si le vote n'était pas officiellement "obligatoire" ? On peut cauchemarder .... Ou rêver, cela dépend de la manière dont on fait son lit.

     

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  • Faim et fin

     

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    (D'après Jo Delahaut)

     

     

    Notre société est un gigantesque champ de bataille, ou un bac à sable, c'est selon, où s'affrontent un besoin et un constat. 

     

    La faim de certitudes d'un côté. Et la fin des certitudes de l'autre.

  • Contexte, vous avez dit "contexte" ?

    Comment placer une belle vacherie ?

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    Ben d'abord faut inventer la vacherie.
    Un truc du genre que certains de vos partisans pensent tout bas mais que personne de "fauxculeusement-correk" n'oserait dire tout haut en dehors de sa salle de bains.
    Par exemple que des membres d'une ethnie du Moyen-Atlas pourraient déstabiliser le bon dysfonctionnement d'une grande métropole portuaire du nord de la Belgique. Vous suivez ? Bon, poursuivons !
    Ensuite, vous nous peaufinez un bon gros contexte tout bouboule, peinard, peignoir et charentaises à carreaux. Un peu comme une forêt touffue et rassurante de verdeur oxygénante, avec des petits lapins au cul blanc, grignoteurs de champignons, des écureuils économo-farceurs, des chants d'oiseaux revigorants, des roucoulements de ramiers énamourés, des taillis propices, et pas de rugissements de tronçonneuses, SVP. Vu ?
    Et dans cette forêt disneyenne, vous planquez votre vacherie trois étoiles puantes  sur l'échelle de l'immonde. Vous la recouvrez de quelques brassées de feuilles. Pas trop quand même. Faut pouvoir reconnaître l'endroit.
    Et là, vous vous arrangez pour que l'un ou l'autre journaliste en vue aille se promener dans la forêt, découvre l'amanite phalloïde déguisée en cèpe de Bordeaux et la sorte de son tas de feuilles-contexte.
    Avantages ?
    Tous ceux qui pensent comme vous seront au courant de votre "franchise". Quant aux autres emmerdeurs, empêcheurs de génocider en rond, vous pourrez toujours leur clouer le bec en accusant ces fouille-merde de journaleux d'avoir trahi votre bonne foi en sortant un arbre anodin caché dans une forêt qu'il n'aurait jamais dû quitter.

    Je Ne Vise Aucument personne, alors ne me faites pas dire ce que je n'ai pas écrit.



  • Les petits papiers

     

    Une maison.  Quarante ans de vie.
    Une maison qui se vide du sang poussiéreux de sa mémoire.
    Qui se vide ? Plutôt qu'on aide à se faire creuse.
    La vie y a construit ses nids.
    En y laissant des plumes.
    Et des petits papiers.
    Ces petits bouts de sens qu'on ne sait où ranger.
    Et qui valent parfois plus par leur obstination à ne pas disparaître que par les mots qu'ils portent.
    Ces oiseaux de bonheur qu'on déniche sur le tard.
    Ces messages parfois presque effacés à l'encre pâlie sous la lumière tueuse
    des soleils oubliés.
    Ou qu'on déplie pour la première fois depuis des lustres
    et qui vous sautent aux yeux frais comme au premier jour.
    Ces mots-clés qui ouvrent des tiroirs perdus de vue.
    Ces cartes de visites, souvenirs de rencontres désormais impossibles pour cause de décès.
    Ces lettres capitales fermées pour cause de regrets.
    Ce numéro de téléphone solitaire jadis important mais aujourd'hui à l'abonné absent.
    Ces post-it de première génération aux urgences aussi désuètes que la pâleur de leur jaune originel.
    Ces pensées fondamentales griffonnées au bas d'un menu de mariage ou de communion.
    Ces esquisses crayonnées qui n'iront pas plus loin.
    Ces agendas bondés de dates inutiles,
    encore accrochés au stylo dont l'encre a fini de couler, une fois pour toutes.
    Ces passeports annulés témoins de toutes nos aventures.
    Ces brouillons de poèmes où les ratures sourient.
    Et ces photos mille fois cherchées qui sortent de leur apnée.
    Avec des odeurs de colonies de vacances et de mauvais café au lait dans des cruches en alu.
    Une lettre d'amour perdue parmi des souches de resto
    qui ont échappé à une note de frais.
    Une coupure de presse d'un vieux match de basket.
    Avec votre nom écorché par le local pigiste.
    Une carte postale de Westende porteuse de bons baisers.
    Une autre de Venise au timbre découpé.
    Un dessin de 1952 rescapé de l'école gardienne.
    Un "papa je tème ! sinié Gilles" sur un cœur maladroit.
    Ces pellicules de vie qui collent à nos épaules.
    Et qu'on secoue vite fait avant qu'on se ravise.
    Mais qu'on sauve in extrémis
    La gorge nouée
    La larme à l'orée des cils
    Pour leur éviter l'ultime et intime perfusion raccordée au
    grand sac de plastique noir qui doucement recueille
    le sang déjà séché de la maison en deuil.

  • Cinquante nuances de printemps

     

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    (Patch de Claire Wilmotte)

     

    Le printemps, la belle affaire.
    Cette saison printentieuse qui donne son nom aux espoirs les plus fous.
    Qui promet tout et puis se casse. En congés pliés.
    OK. Si tu vis en Gaspésie où si tu es un elfe islandais. Pas un d'Aquitaine.
    Mais chez nous !
    Un SMS : " Les Ets. Van 't Ferfoet vous rappellent qu'il est temps de procéder à l'entretien de votre tondeuse à gazon. "
    Les bouchers trépignent d'impatience à côté du gros sac de 50 kilos de poudre orange indispensable à la marinade universelle qui va donner au spiering le même goût que le contrefilet de génisse et la tranche de gigot.
    "Tiens ! C'est l'printemps ! Ça sent la chipolata cramée !"
    Le printemps qui est à l'espoir ce que la Saint-Valentin est à l'amour. Une étiquette à paillettes.
    Comme les œufs de Pâques, cela fait déjà six semaines qu'on solde les tulipes chez Carrefour.
    Un ciel gris à foutre la trouille à un forsythia atrabilaire, à donner des idées noires à un crocus hollandais.
    Une heure de sommeil en moins.
    Les abeilles pattes en l'air par milliers.
    Après le "printemps arabe" de 2011, osera-t-on parler d'un "printemps français" pour évoquer la victoire des gars de la Marine et de la droite aux départementales ?
    Et d'un "printemps palestinien" pour qualifier le coup de force de Netanyahu ? Je doute fort.
    "Trou la la ! L'printemps, l'amour, les p'tits zoizeaux, les fleurs,…".
    Et cette petite pute criminelle de chaudasse de mésange charbonnière qui cogne du bec à pas d'heure sur tous les doubles vitrages du quartier.
    Et les Français, encore eux, qui, via Le Figaro littéraire, choisissent Marc Lévy, d'Ormesson et Musso comme écrivains préférés … devant Amélie Nothomb.

    Et ces milliers de coques, de pétoncles et de palourdes qui vont passer l'arme à gauche pour cause de grande marée exceptionnelle.
    Et les gars de Charlie qui parlent pognon.
    Ouais bon ! C'est pas la joie ce matin.
    Et pourtant !
    Deux pages sur les Snuls qui nous préparent un retour pour la fin de l'année.
    Et le "Carnet du samedi" de Pierre Bouillon, dans Le Soir.

    C'est pas des bonnes nouvelles, ça ?

    Ben justement, en parlant de Bouillon, revenons aux elfes islandais.

    "Il paraît que 62% des Islandais croient en l’existence des elfes, des fées et des lutins. Cela fait sourire, comme ça, mais ceci complique méchamment la vie des… travaux publics.
    En 2013, la construction d’une autoroute a été suspendue sous la pression des amis des elfes. Le problème, c’était une roche de 70 tonnes. Il fallait la déplacer pour dérouler l’autoroute. Mais le bloc de pierre avait été repéré comme une «église elfique». Après des mois de polémique, le rocher a été poussé plus loin, sous la sourcilleuse surveillance des amis des lutins.
    Le cas ne serait pas rare. Et il arrive souvent à l’autorité en charge des routes de retarder un projet pour laisser « aux elfes le temps de déménager ».

    D'ici à ce qu'on annonce que c'est un drone piloté d'outre-tombe par Michel Daerden qui a fissuré Doel et Tihange... il y a un pas que nous ne franchirons pas.


    Ainsi, tout n'est donc pas perdu. Et un pas perdu, dix de retrouvés. C'est ainsi qu'on avance !




  • Suicide littéral

    20 mars 2115.

    - Salut chef !
    - Qu'est-ce qu'on a aujourd'hui ?
    - Apparemment un suicide chef. Encore un dans les ruines de la bibliothèque de l'académie, comme le mois passé.
    - On sait qui c'est ?
    - Difficile à identifier, chef. Y a des morceaux partout. Là on a deux "H", plus loin deux "O" et deux "R", par là un "T" et un "G", et là-bas tout au bout un "A", un "P" et un "E".
    - Une idée de l'âge ?
    - Faudra attendre le légiste, mais d'après moi, il ne devait pas être de première jeunesse.
    - Et c'est arrivé comment ?
    - On dirait qu'il s'est jeté sous une encyclopédie. Elle n'a pas pu freiner… et, vu son poids…
    - Rien d'autre ?
    - Y a bien un agent qui a trouvé une enveloppe. Mais on ne sait pas s'il y a un rapport avec notre affaire.
    Le commissaire Robert Larousse ouvrit l'enveloppe. Il en sortit un feuillet ligné sur lequel tremblait une écriture comme on n'en fait plus :
    " Je me sens vieux et inutile. J'en ai assez de croupir dans ce vieux dictionnaire. Les gens se moquent de moi. Il y a trop longtemps qu'on ne me respecte plus. Stop. J'arrête les frais. Puisque tout le monde semble bien vivre sans moi. "
    Votre ex-dévoué : ORTHOGRAPHE.


  • Vendredi 20 mars

     

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    Tunis éclipse la journée internationale du bonheur.
    Netanyaou éclipse la paix.
    Et l'éclipse éclipse tout le reste.

  • Les pansemots

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    Penser à.
    Et puis lui dire.
    Ou lui écrire.
    Trouver les mots.
    Les peser.
    En choisir d'autres.
    Les repenser.
    Pas trop.
    Mais les repeser.
    Ecrire.
    Touche à touche.
    Attendre.
    Pour savoir si les mots
    ne vont pas blesser.
    Ne vont pas lasser.
    Au lieu de réconforter.
    En trouver d'autres.
    Des mots roue-libre.
    Qui moulinent en montant à la tête.
    Des mots oiseaux.
    Plus légers.
    Plus aquarelles.
    Des mots caresses.
    Mes moxygènes.
    Plus des mots qu'on respire.
    Que des sons qu'on regarde.
    Des mots amis.
    Des mots tamis.
    Qui ne laissent passer que le bon.
    Une mothérapie.
    Une motion magique.
    Surtout ne pas se taire.
    Ou alors se taire tout près.
    La main sur l'épaule.
    Ou les yeux dans les yeux.
    Surtout être là.
    Loin avec ses mots.
    Ses mots-dicaments.
    Ses pansemots.
    Ou tout contre avec sa chaleur.
    Être juste là.
    Loin ou près.
    Avec.

    J.

  • En vrac.

    En choûtant chouffler les mouchons !



    - Nous avions Maurice Carême, ils ont Tarik Ramadan. Mais eux, ils ne font pas le carnaval avant.
    - Il paraît que la célèbre série américaine "Violetta" se termine. Je ne savais déjà pas qu'elle avait commencé.
    - En Utah, l'injection létale est remplacée par un peloton d'exécution (injection métale), parce que ces grands sots d'Américains ne sont, paraît-il, pas foutus de fabriquer un produit efficace. Je vais leur donner l'adresse de la clinique d'Ottignies. Par deux fois, ils m'ont endormi en 3 secondes et m'ont fait des trucs douloureux sans que je sente quoi que ce soit. Ils auraient même pu me tuer pendant qu'ils y étaient... Allez, exécution !
    - Une énorme capacité de mixion nocturne est-elle la condition pour devenir un bon DJ ?
    - Avoir l'impression de vivre, n'est-ce pas la principale raison d'exister ?
    - Parfois, je voudrais avoir un "smartaphone".
    - Les croyant disent qu'il faut respecter leurs croyances. Mais ne sont-ils pas perpétuellement en flagrant délit d'irrespect de ma raison ?
    - Jusqu'en 1991, les cyclistes avaient leur trophée Baracchi. Pas loin de chez moi, y en a des qui sont en train de créer un trophée barakîs dans ce qui leur sert de jardin.
    - Quelle différence entre un spectacle qui affiche complet et un autre qui affiche "totalement complet" ? Entre un bâtiment éventré par une explosion et un autre "littéralement éventré" ? Entre un cyclone et un "véritable cyclone ? Demandez aux gars du JT, eux ils ont l'air de savoir.

  • Mésange charbonnière

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    La femelle.

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    Le mâle.

    Elle commence à me claquer les bretelles sur mon vieux dos, cette femelle charbonnière.

    Pourquoi prend-t-elle mes vitres pour un clavier azerty ?

    Peut être tout simplement pour se mirer dans le miroir de mon double-vitrage.

    Révélateur : il n'y a qu'elle qui fait ça. Son mésanchon de mâle s'en garde bien.

    En attendant, il y a un autre nid sous le linteau du living.

    Et plus un seul autre oiseau dans le jardin.

    Les mésanges les ont chassé.

    Mésanges.

    Mes anges exterminateurs.

    Camarades rouges-gorges, sitelles torchepot, troglodytes, merles, unissez-vous quoi !

    Et virez-moi ces psychopathes !