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  • Grammar nazi



    "Estropier un mot, c'est dessiner une moustache à La Joconde." (Djinsé Pu Khî).

    J'aime pas faire le pion. Mais c'est plus fort que moi. Quand je pense que des profs de français se brisent figurément le séant à faire entrer les normes et les beautés de notre langue dans le lobe temporal de nos chères petites têtes brunes, et qu'il suffit qu'un journaliste fiche tout cela par terre à une heure de grande écoute... je deviens un "grammar nazi" ! (1)

    Jacter à l'angliche

    A la caisse : - Deux bouteilles de "Djé Bî" sivouplé !
    La caissière (moqueuse) : - Vous voulez dire "Jî Bî !
    Ma femme : - Non du "Djé Bî" ! C'est comme "Carrefour", avant c'était Gî Bî !
    La caissière: - ?????
    On comprend que les Français préfèrent le Villiam Laussonnes, ou plus simplement le calva.

    Bon, c'est vrai, De Brigode  dit bien Dî Djî pour Disk Jockey au JT. Mais c'est De Brigode. Pour rappel, c'est lui qui dit aussi Vim Wenders...
    Mais bon, De Brigode s'en fiche puisqu'il est le chouchou de 44 % des téléspectateurs.
    Un ami amateur inconditionnel de J&B persistait à prononcer Jî Bî, et ce, malgré que dans les pays anglo-saxons on lui servait toujours un Jim Beam. Bourbon qu'il exécrait.
    C'est comme "sweat shirt" qui devient "swîît (sweet) shirt". Non, c'est pas "doux", c'est pour "transpirer". Swette, quoi !
    Mais puisque tout le monde s'en fiche...

    A la télé.

    Ma voisine met de la basilique dans ses gourgettes. Et parfois du coriandre... Bon, mais c'est ma voisine, et elle ne parle pas dans le poste.
    Véronique Mouligneau-Barbier a osé dans un "chapeau" un "chantier naval de Béze". Mais dans le sujet, elle s'est vite reprise (avec un petit sourire). Et Béze est redevenu Beez ! Petite polissonne va !
    Par ailleurs, l'incorrigible Julie Morelle, continue à pincer au sang les fesses de son français, au point d'en arriver à dire "effondremont" au lieu de "effondrement".
    Elle marquera la logopédie de son "emprunte". Mais ça aussi, tout le monde s'en fiche...

    C'est littéralement une véritable épidémie !

    L'utilisation systématique de "véritable" devient une plaie verbale.
    Comme si un tsunami ne se suffisait pas à lui-même, on lui adjoint presque obligatoirement l'adjectif "véritable". Idem pour miracle, chaos, hécatombe, etc. Passons sur "magique" qui devient le bouche-trou des superlatifs, pour en arriver à l'autre plaie du JT : "littéralement". "Ils ont refait littéralement leur vie",  "la maison s'est littéralement effondrée", "il était littéralement abattu". N'est-ce pas Messieurs Jean Passe & Desmeilleurs ? Bon, "littéralement" signifie, absolument ou tout à fait, mais est-il vraiment nécessaire ?
    Autre poil à gratter, la confusion entre "victimes" et "tués". Un accident peut très avoir fait deux cents victimes sans qu'il y ait un seul mort ! Les victimes d'inondations ne sont pas nécessairement noyées... On les mettra dans le même tiroir que délit/crime et meurtre/assassinat.
    Enfin, en parlant des pompiers, il n'est pas rare d'entendre que "... les hommes du feu ont pompé l'eau des caves". A l'eau les pompiers !

    Revenons à "magique".

    Quand on ne sait plus quoi dire, on dit : magique.
    On a eu droit à la magie de Noël, à la magie de la neige (vous savez "le manteau blanc" dont on fait des boules !), mais nous n'aurons pas droit à la magie des soldes. Pourtant, ce moment, sera une nouvelle fois vraiment magique pour certains snobs sans le sou qui veulent des "marques" à moitié prix, et pour une industrie textile qui en profite pour nous fourrer de la camelote en nous faisant croire qu'on fait des affaires.
    Ceci dit, je me demande si lors des réunions de rédaction, on insistera sur le fait que "solde" est masculin, même si ce sont surtout les "gentes féminines" qui s'y ruent.
    Mais bon, si De Brigode s'en fiche...

    Bescherelle ta mère !

    On les appelle les "Grammar Nazis" (1), ces chasseurs de "fotes", infatigables et intraitables. Julie Huon leur consacre un article dans Le Soir.
    A la tête de Bescherelle ta mère (2), Sylvain Szewczyk, 22ans, Français, études en informatique. En février 2014, il lance ce qu’il pense «être une goutte d’eau dans l’océan des Internets. J’ai créé ce site pour faire rire les gens (et pour me faire rire aussi, je dois l’avouer), puis je me suis rendu compte de l’importance accordée par la communauté à la langue française. À ma grande surprise, le site est devenu très rapidement médiatisé (JT de France 2, C à vous sur France 5, etc.) et visité par beaucoup de monde.
    Fin novembre, le blogueur a fait appel au financement participatif pour lancer une série de vidéos sur le modèle de son site, des programmes courts sous forme de chroniques "partant d’un constat très simple: s’ils le disent, c’est que c’est vrai. Si i-Télé le dit, si Nadine Morano le dit, si Carrefour le dit… Ceci nous permettra de rentrer dans le détail, grâce à une écriture fine et bien plus recherchée que sur le site."

    Attention mon petit Szewczyk, le verbe rentrer, qui signifie proprement       « Entrer de nouveau », est trop souvent employé à la place d’entrer. Des phrases comme Il rentre de l’air par la fenêtre, cela ne rentre pas dans ses attributions sont des exemples où le verbe rentrer est mal employé, alors qu’il est bien employé dans des phrases comme Il rentre de sa promenade, il rentre au lycée après les vacances, etc. (3)
    Bon, ben peut-être que lui aussi il s'en fiche...



    (1) ... «le mot nazi est utilisé à toutes les sauces et est entré dans nos mœurs et notre vocabulaire», tout particulièrement en anglais où «un Fitness Nazi est un bourreau de la forme physique et un Eco-Nazi un fou furieux de l’environnement». Comme le note Marie-Anne Paveau, professeure en sciences du langage à l’Université Paris 13, sur le site La Pensée du discours.

    (2) http://bescherelletamere.fr/

    (3) http://www.academie-francaise.fr/search/node/rentrer

  • François

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    François Albertuccio

    (2 mai 1946 - 27 décembre 2012)

    Au rendez-vous des bons copains, 
    Y'avait pas souvent de lapins, 
    Quand l'un d'entre eux manquait a bord, 
    C'est qu'il était mort. 
    Oui, mais jamais, au grand jamais, 
    Son trou dans l'eau n'se refermait, 
    Cent ans après, coquin de sort ! 
    Il manquait encor.

    (Georges Brassens)

     

     

    (Montmartre 1966, l'année de tes 20 ans)

  • Implémenter et autres cornichoneries...

    Implémenter :

    Un spécialiste du nucléaire est parvenu à le placer cinq ou six fois dans une interview. Le temps qu'on cherche à comprendre ce seul mot, on avait raté tout le reste.
    Cet anglicisme est très controversé du fait de sa variabilité sémantique (1) , beaucoup l’emploient dans le sens de « faire quelque chose quelque part ».
    De ce fait il est très utilisé dans le jargon de l’informatique  même si certains lui préfèrent "implanter". Le verbe implémenter a été officiellement adopté en France le 20 avril 2007 par la Commission générale de terminologie et de néologie avec pour définition le fait d’« effectuer l’ensemble des opérations qui permettent de définir un projet et de le réaliser, de l’analyse du besoin à l’installation et la mise en service du système ou du produit », définition très large qui couvre toutes les opérations excepté la vente et la maintenance éventuelle dudit projet.

    C'est un peu comme créer, quoi. Hein Dieu ! Tu as créé l'homme avant la médecine et la prostitution.


    Goedendag ! Le meilleur joueur du club des éperons d'or (Kortrijk) s'appelle "Chevalier" et il est français.

    "Il faudra faire réaliser une "emprunte" de la clé." Ben si Thierry Lhermitte s'y met aussi !

    "New York : un homme abat deux policiers puis se suicide." Ben il aurait peut-être pu commencer par là !

    Pour commencer à fumer en douceur et sans mauvaises odeurs : Nicorette Spray !


    Prévention : "La dôpe, dealer que c'est pas bon !"

    Les petits seins : des Petit Robert de Poche !

    Chez les AA, un parrain, c'est un chevalier sevrant.

  • Tax $hift

     

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    Il y a ceux qui travaillent juste pour gagner l'argent nécessaire.
    Il y a ceux qui travaillent pour gagner plus d'argent et qui essaient de faire travailler le peu qu'ils ont en trop.
    Et il y a ceux qui ne font travailler que leur argent.
    Or, l'Etat taxe le travail des premiers et des deuxièmes.
    Donc puisque l'Etat taxe celui qui travaille, il doit taxer l'argent des troisièmes.

    CQFD, Charle$ ! Faites passer à Ale$$ander !

  • La première fois.

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    Cela devait être assez longtemps avant la deuxième. Oui, la deuxième. Pas la seconde. Parce qu'il y en a eu d'autres. Enfin, quelques autres. Pas beaucoup plus.
    Oui, assez longtemps avant. Parce que une telle première fois, ça prend du temps à se laisser digérer. Avant d'oser recommencer.

    La deuxième, donc, je m'en souviens très bien aussi. Plus précisément, même. Avec une vision plus nette, comme juste après avoir nettoyé ses lunettes. Quand on a pleuré. Parce que, peut-être, l'émotion et la surprise avaient laissé la place à l'attente. L'attente. Oui, je crois qu'après cette première fois, ce dut être vraiment la première fois que j'attendais vraiment.

    Mais revenons à la première. La première de toutes les autres fois.
    Ce n'était pas comme une aube prévisible. Pas la continuité d'un hier connu. Mais presque comme la sortie d'un banc de brouillard. Une vraie rupture. Une différence. Une espèce d'éblouissement. Tous les sens pris par surprise. Comme si c'était le jour où les couleurs étaient vraiment nées. Même la lumière semblait avoir tout juste appris à chanter. Et c'était tout propre.

    Doux et acide comme une part de tarte à la rhubarbe. Avec du vert profond et du rouge de betterave. Mais aussi du vert d'olive, ou plutôt d'absinthe, plus tendre, et du rose de lèvres. Du doré et du croquant. C'était calme et vibrant comme un champ de lavandin à dix heures du matin. Frais aussi. Sur la peau. Mais brûlant à l'intérieur. Inconsciemment, je savais que ce n'était pas le moment de perdre vraiment toute ma tête. Mais je ne pouvais empêcher la propagation de cette flamboyante euphorie. Comme l'esprit d'un vin capiteux qui continue inexorablement son chemin lorsque le flacon impudique a depuis longtemps montré son cul transparent au buveur désormais absent.

    Une tempête sans vent. Mais les oreilles bruissantes du froissement soyeux des feuilles argentées des peupliers. Et cette impression de vertige pointilliste où les repères se mélangeaient sans faire de manières.
    C'était comme si mon doigt, devenu crayon, se sentait soudain capable de redessiner le monde. Comme bon me semblait. Comme bien me faisait.

    Sans savoir où j'allais. Avec juste un peu la peur que tout s'arrête un peu trop tôt. Comme un gamin devant un buffet de desserts, dix minutes avant la fermeture. Rien rater. Surtout ne rien rater. Mais comment vivre pleinement tout cet instant en espérant déjà le suivant ? Tout en regrettant encore l'autre par-dessus mon épaule.
    Comme le même gamin, distrait par les gâteaux, qui trébuche dans le tapis et renverse sa glace à la chantilly sur la robe du dimanche de tante Léa, tout en rêvant des crêpes au caramel salé qui fument sur l'assiette de son cousin.

    Surtout, aussi, tout faire pour ne pas avoir à se dire, après : "Mais où avais-je la tête ?".
    Frissonner sans se demander d'où viennent les frissons. Trembler sans penser à la fièvre. Gémir en oubliant la douleur.

    La douleur. Oui, il y avait de ça aussi. Une mince douleur, comme un tapis de prière posé sur les pierres du désert. Pour le plaisir plus que pour la prière. Une fine douleur. Pour que le plaisir ne se sente pas trop seul. Trop égoïste. Juste une petite douleur coupable de mensonge par omission. Et qui reviendra toujours les autres fois.
     
    Aussi la sensation d'avoir découvert un nouveau continent. D'être le premier d'une race. De dépuceler le mystère, cruellement innocent, d'une forêt immaculément  vierge.
    C'était ça. La première fois où l'on croit avoir été le premier.
    Comme le trois cent millionième touriste japonais qui photographie la tour Eiffel.
    Comme la première fois où j'ai vu de mes yeux un poisson clown glander entre les bras mouvants de son anémone.
    Cousteau m'avait montré que ça existait. J'avais vu dans les livres que ça existait. Mais j'étais ému et surpris comme si personne n'était jamais passé par là avant moi.
    Et j'avais envie d'arracher masque et tuba pour crier aux vagues indifférentes : "Je l'ai vu ! Je l'ai vu !".
    Sans savoir que j'étais ce clown glandant entre les bras mouvants de mon illusion.

    Tout à coup, je sus que la fin était proche. C'était comme une braise qui n'attendait qu'un souffle pour rougeoyer à nouveau. Mon souffle. Essoufflé, à court de souffle. Mon souffle qui ne venait pas. Plus. Cloué par le dard d'un Cupidon au curare. Saturé d'émotions. Epuisé, confus, impuissant, je regardais s'éteindre la faible lueur rouge-orange. En fermant les yeux, je la voyais pourtant, encore imprimée en vert fluo sur ma rétine. Tremblante. Comme la lumière d'une étoile morte depuis des siècles.
    Et puis le noir. Un noir de velours. Un noir d'oubli habité par tout ça.
    Un noir premier.

    Oui. C'était bien ainsi la première fois. Je n'oublierai jamais.

  • Il est une fois la Belgique !

    L'ami Jean-Raoul, Nordiste devenu Normand, m'a dit un jour en parlant de la politique belge : "Faudra que tu m'expliques !" (Il n'est pas du genre à ajouter -hexagonalement : "Une fois ! Hein !")
    J'esplique donc.

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    Les parti(e)s en présence et leur score aux élections de 2014  :

    CD&V - Christen-Democratisch & Vlaams (centre droit catho mais avec une aile gauche syndicale) : 11,6 %.


    cdH - centre démocrate Humaniste  (centriste qui a effacé la connotation catholique de son nom) : 5 %.

    
ECOLO - Écologistes Confédérés pour l'Organisation de Luttes Originales : 3,3 %. 


    Groen!  (Ecologistes flamands) : 5,3 %.


    MR - Mouvement Réformateur (Parti libéral conservateur) : 9,6 %
.

    N-VA - Nieuw-Vlaamse Alliantie (Parti séparatiste, républicain, indépendantiste, très à droite, a récupéré beaucoup de voix de l'extrême droite flamande) : 20,3 %.


    Open Vld - Open Vlaamse liberalen en democraten ( Libéral conservateur) : 9,8 %.

    
PS - Parti socialiste : 11,6 %.


    SP.A - Socialistische Partij Anders : 8,8 %.


    Après les élections


    Très important : il faut savoir aussi que, parallèlement au fédéral, se sont mis en place : un gouvernement wallon de centre gauche (PS-cdH), un gouvernement flamand très conservateur (N-VA, Open Vld et CD&V) et un bruxellois (PS-cdH).
    ECOLO et Groen ayant disparu de tous les exécutifs.
    Laissons de côté le gouvernement germanophone pour ne pas surcharger encore un peu plus le tableau.
    La N-VA, ayant la main pour former un gouvernement fédéral, s'est alliée au CD&V et à l'Open Vld. Et le MR, vexé de n'être au pouvoir ni en Wallonie ni à Bruxelles, s'est allié aux Flamands conservateurs. Après avoir juré ses grands dieux, pendant la campagne, que la N-VA était "infréquentable". Ceci a son importance.
    En récompense pour son ralliement, le MR a donc reçu le poste de premier ministre et six portefeuilles ministériels. Laissant cependant les ministères clés aux Flamands.


    Et maintenant ?


    Ce gouvernement, on pouvait s'y attendre, a pris des mesures de droite en matière socio-économique. Demandant de gros sacrifices aux citoyens en ne mettant le capital à contribution qu'à raison de 7 % de l'effort consenti.
    En plus de cela, des révélations mettant en lumière la proximité de certains ministres (N-VA) avec des mouvement néo-nazis; des propos de ces mêmes tendant à excuser la collaboration avec ces même nazis pendant la guerre; et des propos racistes du ministre N-VA de ... l'Immigration, ont créé un climat de tension dans lequel s'est engouffrée l'opposition tant PS que cdH. ECOLO restant plus modéré.
    Devant l'injuste répartition de l'effort demandé, les syndicats, calmes du temps du précédent premier ministre PS, ont foncé dans le tas : réclamant la suppression du saut d'index des salaires, les mesures concernant l'allongement des fins de carrière, etc...
    Nous en somme là (las et las ) !
    Des grèves tournantes tous les lundis depuis le début septembre. Plus une grève générale hier. Et de lourdes menaces pour janvier.
    Un gouvernement et des syndicats, sourds ou aveugles, se méprisant les uns les autres, désinformant à qui mieux mieux (pire pire ?), et qui ne reculent pas d'un pouce. Le CD&V, seul parti du gouvernement à devoir composer avec son aile gauche, semblant disposé à accepter de taxer un peu plus le capital.
    Aucune concertation sociale ni esprit de ce fameux compromis "à la belge" en vue".
    Pendant ce temps-là, Bart De Wever, président de la N-VA, grand vainqueur des élections et bourgmestre d'Anvers (Antwerpen) a refusé de prendre part au gouvernement, préférant asséner (on ne distille pas dans cette officine) des contre-vérités assassines et tirer les ficelles.
    Le MR, seul parti francophone du gouvernement, alors qu'il ne représente que 19 des 58 sièges francophones (1) à la chambre, avale, jusqu'à présent, toutes les couleuvres, conscient que ce n'est pas demain qu'il se retrouvera au pouvoir.
    Belgique, la "nef de fous" demande reprise en main de toute urgence.
    Mais, tout ça ne nous rendra pas le Congo (air connu).

    (1) Le Flamands siégeant à du 92 sur 150 !

    Résultats des élections : http://elections2014.belgium.be/fr/cha/results/results_graph_CKR00000.html


    Composition du gouvernement fédéral : http://www.belgium.be/fr/la_belgique/pouvoirs_publics/autorites_federales/gouvernement_federal/composition_gouvernement/


    Composition du parlement fédéral :http://www.lachambre.be/kvvcr/showpage.cfm?section=hemicycle&language=fr&cfm=/site/wwwcfm/depute/Hemicycle.cfm

  • Le calendrier des pensionnés

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    Décembre. Un mois. A quoi ça tient. Hier c'était ZoDiSo. Jour du soleil.
    Aujourd'hui, MaLuMo est entamé. Lundi, jour de la lune. Maandag. Monday.
    Lune en grève. Pas de marée ?

    Les copeaux de Jean-Louis dans le fumoir. Du chêne et des fruitiers.
    Fument. Les magrets se patinent doucettement. Ils se mordorent en rêvant de Noël.

    Le porc de Piétrain rêve de pierre de Gobertange. En voisin.
    Encore 9 pilules et c'est Noël.

                                              ***
    C'est amusant, les piquets de grèves ne "filtrent" pas les gars de la RTBF qui viennent les filmer...


    Grève rue de la Loi . Le journaliste RTBF télé demande à une cycliste: - Vous êtes venue travailler à vélo ? - Oui ! - Pourquoi ? - Paske en voiture ça ne passe pas ! - Et à vélo, ça passe ? - Oui.
- Donc vous croyez qu'en voiture ça n'aurait pas passé ? - Tout à fait !

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    Nathalie Maleux : - Aucun vol au départ des aéroports. Nous rejoignons Quentin Waarlop à Zaventem. - Hmmmmwais Nathalie on assiste ici à une scène surréaliste. Sur le tableau d'affichage que vous pouvez voir derrière moi, tous les vols sont supprimés.... - Et dans les autres aéroports comment ça se passe ? ...
    Donc, on envoie un zig à Zaventem où on sait d'avance il ne se passe rien pour lui demander comment ça se passe ailleurs. Astableef !
C'est pas de l'hyper-giga-méga non-info, ça !
En presse écrite, quand on envoie un journaliste dans un endroit où rien ne se passe, il revient à la rédaction et n'écrit rien. Au JT dès qu'on lance un "envoyé spécial" à Foufigny-les-Morpions il FAUT qu'il passe en direct.
Exemple encore ce midi avec la prise d'otage à Gand : Le gars se trouve à trois rues de là (et il le répète !) en dehors du périmètre de sécurité. Il se lance comme pour révéler un scoop avec mouvements de caméra etc (du vécu quoi !) puis il revient à son point de départ en reculant jusqu'à la banderole de la police. Tout ça pour dire qu'il ne sait rien de ce qui s'est passé, ni le pourquoi, ni le comment. Astableef !

  • Paul, le santonnier de Natoye

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    Selfie de  Paul, le santonnier de Natoye.

     

     Que le publicitaire d'Euros Millions qui a trouvé "We whish you un bon Noël blanc !" aie des morpions de la taille de l'âne et du bœuf de la crèche. A la limite, "We whish you a white Xmas bouding !", why not ! Mais Noël et blanc, cela signifie de la grogne pour les invités et de l'angoisse pour les invitants.

    Ceci dit, bien qu'étant athées, ascendant cathos forcés à l'insu de notre plein gré, et aujourd'hui débaptisés selon les règles, avec papiers en ordre et tout (merci à messeigneurs Léonard et Harpigny, en passant) nous avons une crèche dans notre salon.
    Oui, bon, elle voisine avec les effigies de Bouddha, de Shiva et de Ganesh, mais chaque année, on installe nos santons.
    D'abord parce que Jésus de Nazareth a existé. Qu'il soit fils de dieu est une autre paire de manches, mais ce visionnaire utopiste doit bien avoir arpenté les chemins poussiéreux de Palestine. Ceci, bien avant que ce bout de terre ne prenne l'appellation de "terre sainte" d'abord, d'Israël ensuite.
    Oui,  Jezu (comme disait le doyen de Court-Saint-Etienne)  est un personnage historique, même s'il n'est pas sûr du tout qu'il soit né à Bethléem et surtout pas un soir de nowel, puis que cette fête n'existait pas encore.
    Selon les historiens, Jésus serait né entre 7 et 5... avant Jésus-Christ. Et oui, les voies du seigneur sont… Etc.
    Quant à la date du 25 décembre ?   Elle est entièrement conventionnelle, et n'a rien d'un « anniversaire ». Elle aurait été fixée dans l'Occident latin au IVe siècle, peut-être en 354, pour coïncider avec la fête romaine du "Sol Invictus" célébrée pour la naissance du dieu Mithra, né selon la légende un 25 décembre.  Le choix de cette fête permettait une assimilation de la venue du Christ — « Soleil de justice » — à la remontée du soleil après le solstice d'hiver.  Ce bidouillage de l'histoire par l'église, un de plus, visait aussi à mettre fin aux débordements de cette fête païenne, en la faisant correspondre à un anniversaire sacré.
    Avant cette date, la Nativité était fêtée le 6 janvier et l'est encore par l’Église arménienne apostolique. L’église catholique romaine y fête aujourd’hui l'Épiphanie, le baptême de Jésus dans le Jourdain, évènement que les plus anciennes églises pré-romaines utilisaient comme acte de « naissance » du Christ.

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    "Kèski va def'nir e st'èfant-là ?"


    Ceci -encore- dit, il est, pour nous, une autre raison d'installer les petits personnages sur le buffet de chêne.
    Ces petits santons sont faits de terre wallonne. Ils ont été amoureusement et facétieusement façonnés par les doigts de Paul Rensonnet. Accessoirement ex-frère des écoles chrétiennes, ce "santonnier wallon", comme il l'a fait imprimer sur sa nécro dans l'Avenir, a eu aussi le mérite d'être mon prof de pédagogie à l'école normale de Malonne. Et quel prof. Un de ceux qui emplissent les cœurs plutôt que les têtes.
    Paul, qui est parti en juillet, et qui comme tout bon santonnier a cassé tous ses moules avant de s'en aller, revit ainsi à travers ses petits personnages.

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    On y retrouve "le Wallon", en sarrau et coq sous le bras; Francwès et Djôzef, les deux Namurois des caricatures de Vers L'Avenir; Tchantchès et Nanesse (Paul était liégeois); la macralle; le braconnier; toutes les personnalités d'un village d'antan; et, Paul himself en barbe rousse et tablier de travail.
    Pour toutes ces traces, merci à toi Paul. Et "bon nowé !".

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    Paul Rensonnet, lors d'une rencontre avec ses anciens élèves à Malonne (21 janvier 2010)

     

     

    Pour revoir Paul in live : copiez-collez le lien suivant :

    http://www.sonuma.be/archive/santons-wallons?fb_action_ids=10205239372844780&fb_action_types=og.comments

     

     

  • Piquets au vif.

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    Si on la laisse faire, la main tendue en vain bien vite se referme et redevient un poing.
    Ceux qui souffrent ont-ils le droit de faire souffrir, par leur silence et leur immobilisme, ceux qui les aiment ?
    Comme pour leur reprocher d'être encore debout. Et de mener une vie digne de ce nom.
    Ou est-ce l'ultime sommet de l'humilité que de se recroqueviller sur son malheur.
    Pour protéger de la tristesse que leur seule vue peut encore inspirer ? En les tenant à l'écart de leur enfer et leur éviter les brûlures ?
    La grève de l'amitié et des sentiments ne se rapprocherait-elle pas de non-assistance à empathie en danger ?
    Ou la vrai amitié serait-elle tellement télépathique qu'elle puisse se dispenser de signes extérieurs d'affection ?
    Je doute. Donc je souffre.

    La croûte boursoufle l'asphalte comme la cicatrice d'une méchante brûlure.
    Contre les grilles, des sacs en plastique noir débordent de gobelets souillés et de canettes rouges de Jupiler.
    Rouges comme les palettes qui flambaient hier. Rouges comme les quelques drapeaux et les anoraks syndicalisés qui, hier aussi, représentaient l'ordre. Le mot d'ordre d'un jour :
    " On ne passe pas. "
    Des travailleurs investis du pouvoir ponctuel d'empêcher d'autres travailleurs de manifester leur désaccord, ou leur peur du chef, en voulant entrer.
    C'est cela aussi l'esprit du piquet.
    Être enfin les chefs de quelque chose. Montrer qu'on existe et qu'aujourd'hui, ici et maintenant, c'est avec nous qu'il faut compter.
    Exister, sortir de l'anonymat, être "important", importuner. Quitte à se donner le droit de violence, puisque c'est pour une bonne cause qui excuse tout.
    Pour un jour. Avant de rentrer dans le rang.

    Je me souviens d'un jour de grève. Je faisais les provisions de crise chez Lidl. C'était l'après-midi. Nous étions une dizaines de caddies à nous promener dans les allées. Le personnel vaquait, lui aussi. Et soudain, ils sont arrivés, à quatre. Anoraks rouges avec logo. Bien propres sur eux. Trois hommes et une femme. Sourire aux lèvres, rose au fusil et "Axe" sous les aisselles. L'air de cadres moyens plus proches de la pré-retraite que de la période d'essai. Les anoraks en moins, ils auraient pu faire partie du staff marketing du hard-discounter.
    " Et alors ? On ne respecte pas la grève ici ? "
    Les membres du personnel se sont arrêtés, échangeant des regards mi-gênés, mi-amusés.
    " C'est pas très solidaire tout ça,  hein ? Et le directeur il est où ? "
    Une caissière est entrée dans le petit bureau. Puis on a entendu une voix : " Chers clients, nous sommes désolés de vous annoncer que le magasin va bientôt fermer pour raison syndicale ! Vous êtes priés de terminer vos courses et de vous diriger vers les caisses ! "
    " Ah ! non, hein ! ", a crié, en rigolant, un des anoraks. " Vous n'allez pas leur laisser terminer leurs courses quand même ! "
    Aucun client n'a protesté. Certains se sont précipités vers la sortie. À deux ou trois nous avons calmement joué l'inertie et terminé nos derniers achats. Les anoraks nous ont laissés faire, rigolards, mais polis. "C'est pas bien, de venir faire ses courses un jour de grève. C'est pour vous aussi que nous faisons ça !"
    Alors, avec des airs satisfaits de flics de quartier qui remballent leurs outils près avoir surveillé la sortie d'une école, ils sont remontés dans leur voiture et sont allés vérifier si un autre piquet était bien planté.
    Et, derrière les portes fermées, le personnel a continué de réassortir et de ranger le magasin. Personne n'avait vraiment l'air d'être emmerdé.

    Le droit de grève.
    L'arme de ceux qui font le sale boulot pour que, éventuellement si les revendications aboutissent, nous puissions tous en profiter.
    Le droit de travailler.
    L'excuse de ceux qui ne veulent pas fâcher le patron ? Ou le droit de montrer, aussi démocratiquement, que l'on n'est pas d'accord avec les revendications des piquets ?
    Le droit de se taire.
    L'arme de ceux qui ont envie de crier mais ne peuvent plus le faire. Parce qu'il n'ont plus de voix.
    Ou parce qu'ils ont compris, et qu'ils ont accepté, qu'il n'y avait plus rien à faire.

  • ON

    Un petit texte vieux d'un an, mais qui reste d'actualité.

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    Il s'appelle On.
    Bien à l'abri derrière son clavier, un petit sourire sadique au coin des lèvres, il "forwarde", il "transfère", la lie de ce que les vendanges du web déposent chaque jour dans sa boîte à messages.
    Bien à l'abri dans son village rural, le seul Maghrébin qu'il risquerait de croiser serait peut-être conducteur de bus. Et encore, puisqu'il a peur de prendre le bus. Ne parlons pas du métro.
    Il ne va presque jamais dans une grande ville. Sauf parfois pour un marché de Noël. Mais surtout pas le soir.
    Il n'a jamais mis les pieds au Maroc. Il ne connaît la Tunisie que par la vidéo d'un hôtel de Djerba ramenée par la fille de la voisine.
    Le seul printemps qu'il aime est celui qui fleurit son jardin clôturé.
    Né sous le signe du bien-penser, ascendant Rome, il tolère son curé africain, ou son remplaçant polonais. Parce qu'il ne sait pas encore que c'est avec ses sous qu'on les paie.
    Mais il ne "forwarde" pas que des blagues pourries sur les musulmans.
    Ou des calomnies sur les Beurs célèbres.
    Non, il disperse aussi de charitables avis de recherche souvent périmés. En vous prédisant les pires malheurs  si vous interrompez la chaîne.
    Il connaît toutes les arnaques possible, lui qui n'achète jamais rien en ligne et qui gare toujours sa voiture dans un parking gardé-payant-bien-éclairé.
    Il ne connaît pas "Hoax Buster".
    Dans ses bons moments, il transfère des pensées, aussi positives qu'éculées, sur fond de fleurs séchées, de couchers de soleil ou de forêts embrouillardées.
    Il ne lit que les faits-divers et les sujets scandaleux où des politiques magouilleurs se font infliger des peines bien trop légères. Quand son JT à sensation est terminé, il rajoute une couche de peur, d'apitoiement et de colère à sa collection de frustrations en visionnant une bonne téléréalité.
    Il n'a rien contre les femmes, mais diffuse tout ce qu'il reçoit sur les "blondes".
    Il déteste les Flamands, mais trouve que De Wever et le Belang ne manquent pas d'un certain courage en disant tout haut ce qu'il pense unilinguement tout bas.
    Non, il n'est pas raciste, mais il n'aime pas les Arabes, ni les musulmans. Ni les Africains qui ne jouent pas au Standard. Il serait bien antisémite aussi. Mais comme les Israéliens étouffent la Palestine, il fait l'impasse. On verra plus tard. D'ailleurs, il ne dit pas Israël, il dit "Terre sainte".
    Et il ne croit toujours pas que Jésus était juif.
    Il n'aime pas non plus les chômeurs-profiteurs, les enseignants-profiteurs, les syndicalistes-profoutteursdemerde. Ni, en général ceux dont la réussite se traduit par un salaire supérieur au sien.
    Pour lui, l'égalité des chances n'est concevable qu'à l'Euro-Millions.
    Si le vote n'était pas obligatoire, il resterait chez lui.
    Sa devise rouge-jaune-noire est le roi, la loi, ma liberté.

    Il me rappelle les voisines de ma mère, à la sortie de la messe, en 1956, parlant des veuves italiennes de Marcinelle : "Avec ce qu'elles ont touché des assurances, elles ont acheté des frigos et des lessiveuses. Aut' chose que nous, hein ça !".

    Ah ! On ne lira pas ce texte jusqu'au bout...