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  • Aux musulmans d’éradiquer l’État islamique

    A l'heure où "Fly Emirates", s'affiche sur les maillots de foot des équipes les plus prestigieuses.

    A l'heure où la "Suédoise" (Vlaamse Bleuw) discute du bien fondé de deux où trois missions princières par an, en considérant d'office celle au Qatar comme un "must".

    A l'heure où l'argent a de plus en plus la couleur et l'odeur du sang.

    Cet édito lumineux mérite lecture et réflexion.

    J.

    " Treize ans de lutte apparemment acharnée contre Al-Qaïda pour finalement se retrouver avec l’Etat islamique sur les bras: bravo, les services de renseignements occidentaux!

    Il faut, c’est certain, se garder de tout raccourci, de tout simplisme. Il est évident, cependant, que le développement de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) est lié aux erreurs des dirigeants occidentaux en Syrie, à leur faiblesse, à leur court-termisme – à leur inaction. Répétons-le: si seulement ils avaient armé les démocrates syriens, aux premières heures de leur révolution, alors qu’il en était encore temps…

    Tandis que les Occidentaux ergotaient, d’autres agissaient. Car enfin, l’EIIL a bien été soutenu, financé, armé par quelques bienfaiteurs, sans doute trop heureux de contribuer à l’exaltation d’Allah, mais davantage encore à l’affaiblissement du croissant chiite Téhéran-Bagdad-Damas-Hezbollah, puis à la vengeance des sunnites d’Irak! Ces parrains devaient même être très généreux, si l’on en juge par les progrès militaires que l’EIIL a enregistrés sur le terrain au début de l’été.

    Bien des experts l’affirment: il ne s’agit pas d’incriminer nos bons alliés sunnites d’Arabie saoudite, du Qatar ou du Golfe en général. Les pétrodollars de l’EIIL seraient bien partis de cette partie-là du monde, mais non pas des caisses officielles, plutôt de comptes privés. Hypocrisie! Dans ces Etats policiers, tout se sait – et tout se tait. «Mon Dieu, gardez-moi de mes amis…»

    Aujourd’hui, alors que sèche à peine le sang de notre confrère James Foley, et alors que la monstruosité du projet de l’Etat islamique a explosé au grand jour, il ne faudrait pas que nos bons alliés sunnites s’en lavent discrètement les mains. C’est avant tout à eux de défaire ce qu’ils ont fait. Ils doivent stopper tous les flux d’aide, évidemment, donner de la voix, et mobiliser leurs opinions publiques sinon leurs armées.

    Il y va aussi, au demeurant, de la réputation de leur religion. Tous les musulmans devraient descendre dans la rue pour crier que l’Etat islamique n’est pas l’islam…

    Mercredi, un ministre allemand s’en était pris au Qatar pour ses liens avec l’Etat islamique. Dans un communiqué diffusé hier, le ministère des Affaires étrangères du riche petit émirat a condamné la décapitation de James Foley, un «crime ignoble (…) contraire aux principes de l’islam».

    Il en faudrait assurément plus pour convaincre que nul responsable sunnite n’est, quelque part, en train de se réjouir dans sa barbe."

  • Et voici le JT...

    Il m'arrive souvent de brocarder la façon de parler le français au Journal Télévisé (belche).
    Et parfois, plus particulièrement, les jeunes journalistes de la "gente" féminine, comme ils disent, à tort (1).
    Quoique, ces derniers temps les recrues ont plutôt tendance à se poildementoniser sérieusement. Question de couvées, sans doute…
    Il faut dire qu'en matière de lieux communs et autres expressions aussi vides que toutes faites, le JT est un véritable réservoir.
    Mais, bon, mettons-nous à leur place.
    Voici des gens qui sortent de l'univ' ou de l'IHECS et qui ont été nourris au petit lait du langage "formaté" de générations de journalistes et de leurs expressions usuelles.
    Je me souviens qu'adolescent, étant fan de la revue de presse de la RTB/radio, j'étais fasciné par l'expression "selon notre consœur La Libre Belgique" ou "selon notre confrère Le Soir"? Sais pas pourquoi et allez savoir !
    Toujours est-il que lorsque j'ai eu l'occasion d'écrire des papiers dans les gazettes, je n'ai eu de cesse de parvenir à caser cette expression mythique. Symbole, vu mon jeune âge, de mon accession à la cour des grands. Sans doute.
    Et l'on devine que bon nombre de jeunes communicateurs rêvent de placer de-ci, de-là, un "récurremment", une "redondance", un "peu ou prou", des puissants "phéromones", l'un ou l'autre "paradigme" ou "algorithme", et la "résilience" qui va avec. Ah ! Pas oublier "éponyme", ni "esperluette", non plus !
    Y a pas à dire, ça pose son mec, mais ça oblige le téléspectateur à appuyer sur la pause de son Voocorder, le temps d'aller vérifier le sens caché de ces mots barbares sur la tablette, désormais à portée de main à côté de la télécommande. Et moins lourde à manier que le Petit Larousse en couleurs.
    Mais bon, les jargons ont toujours été les meilleurs protecteurs des castes, à part qu'ici on est dans la communication de masse… Et quelles masses ! Souvent à la masse, si pas à la ramasse…
    Je connais une femme à journée qui se plaît à fourrer des "récurrent" partout où elle peut. Et même où elle ne peut pas. La proximité avec "récurer", peut-être. Allez savoir !
    Parce que nos bonnes présentatrices et -teurs de JT devraient se rendre compte que si le "faire comme" n'est pas à la portée de toutes les bourses, le "dire comme" est, lui, une manière pas chère de croire se distinguer.
    Comme il y a un quinzaine d'années, quand nos animateurs radio se sont mis à utiliser à tour de micro les "bien évidemment" et autres "tout à fait" piqués sur les chaînes hexagonales.
    En attendant, nous devons bien subir, le plus stoïquement possible, le bombardement quotidien d'expressions que la vitesse, la paresse ou le manque d'imagination et de saines lectures, tentent d'excuser. Allez savoir, aussi !

    Notés sur le calepin (2), posé à demeure, entre la tablette et les télécommandes :

    "Tout le monde sur le même pied d'égalité". (Le gauche ou le droit ?)
    "Le tri sélectif". (Par opposition au tri fourre tout ?)
    "Les quatre coins de l'hexagone". (En langage quadrilatère ?)
    "Un but partout. Egalité parfaite !". (En êtes-vous certain ?)
    "Il ne ferait jamais de mal à une mouche". (Moi, oui !)
    "Une tension palpable". (Mettez des gants, quand même !)
    "Une véritable hécatombe". (C'est comme à peu près le contraire d'une fausse catastrophe ? Savez-vous que le véritable et antique sens d'hécatombe, est le massacre de cent bœufs ?)
    "Une véritable ovation". (Bon, est-ce qu'ils gueulaient ou pas ? A force d'abus d'hyperlatifs, on se doit de placer du "véritable" partout.)
    "Un "Ouf !" de soulagement". (De quoi d'autre selon vous ?)
    "La foule s'était déplacée en masse". (500 selon la police, et ce que vous voulez selon les organisateurs…)
    "Un lourd tribut". (Ah ! Ces obèses africains…)
    "Une longue saga". (C'est comme "Plus belle la vie", mais avec une fin !)
    "Un écrin de verdure" (Toujours en avoir un sur soi quand il s'agit de caser un château, un ru, une expo en plein air, etc.)
    "Il s'isole seul en tête". (Ben, tant qu'à faire…)
    "Un tir décroisé". (Est sensé désigner un tir oblique ou diagonal, donc croisé… Mais de toute façon "décoché")
    "Un précieux sésame" (Ben oui, pour un billet d'entrée tiré à deux mille exemplaires, ça n'a plus beaucoup de sens…)
    "Un nid douillet". (Vous savez, pour cocooner, ou coucouner, ou ce que vous voulez, bande de pervers… Et c'est encore plus douillet quand c'est petit. Comme quoi !)
    "Notre plat pays". (Même quand il s'agit du Namurois ? Voyons Hadja !)
    "Une bonne fois pour toutes". (Et une mauvaise foi pour tous ?)
    "C'est magique !" (A propos de tout et n'importe quoi.)
    "Un savoir-faire qui se transmet de génération en génération". (Et sans en sauter une, si possible !)
    La palme allant au super énervant : " Comme vous pouvez le voir derrière moi !" (Certes ! Nous le voyons. Et même mieux que vous-même !)
    Ou : "Ils sont actuellement réunis dans le bâtiment que vous pouvez apercevoir derrière moi." Cela veut dire qu'on ne saura rien de bien neuf, et donc qu'il n'était pas nécessaire de déplacer journalistes et techniciens pour filmer une envoyée spéciale papotant devant une façade.
     
    Et à côté de ces tics, tocs, et autres clichés, il y a ces fotes, ces fosses notes, moins pardonnables.
    Ces "vestiges mis à jour" au lieu de "au jour".
    Ces pélérinages au lieu de pèlerinages.
    Ces "Elle n'est pas prête de réussir…" et qu'on n'est pas près d'oublier.
    Ces "Lui aussi, il n'est pas net." (Sinon je ne suis pas non plus une fois content !)
    Et ce  "il était vêtu d'un sweet shirt". (Même si ce genre de vêtement n'est bon qu'à "sweater". Transpirer, en grand-breton. Différent du Tea-Shirt, porté uniquement à l'heure du thé. Tant qu'on y est…)
    Mais aussi, un "dî djî" (D.J.). Voyons mon petit De Brigode, pourquoi pas un "dé djé" ? Il est vrai que vous avez déjà osé "Vim Wenders" !
    Arrêtez aussi, astableef !, les langues de Vondel, de Shakespeare, de Voltaire et de Gœthe ! Nous sommes au XXIe siècle savez-vous !

    Et, ketchup sur le mac'do, à propos du taximan violeur à Bruxelles : "Il se faisait passer pour un faux chauffeur de taxi." (Les faux gendarmes déguisés en pompiers n'y ont vu que du feu !)

    Mais bon, OK,  c'est facile de critiquer ceux qui bossent quand on est bien installé, le cul calé dans un fauteuil Ikéa.
    C'est, en effet, autre chose face caméra, micro en main, avec machin qui parle dans l'oreillette, des badauds qui essayent de faire un "petit coucou" et les techniciens dilettantes qui rêvent de la pause-sandwich en se balançant des vannes…
    Comme quoi, le langage, c'est bien avant les études de journalisme que ça s'apprend. Pas sur le tas, le trouillomètre à zéro, en s'adressant aux gens assis devant leur poste.

    Sans rancune les gars (garces ?) ! Qu'est-ce qu'on deviendrait sans vous ?


    (1) Par opposition à l'agent de police ? Ou à la gent ailée, si la fliquette vole à votre secours ?
    (2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Calepin

  • Jamais seule

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    "Vingt ans, belle, métisse, performante et lucide."


    Dans une interview accordée au Soir de ce samedi 9 août, Nafissatou Thiam, notre namuroise heptatlonnienne, et médaillée de bronze, se déclare musulmane non pratiquante.
    De père sénégalais et musulman, de mère namuroise convertie à l'islam, elle est née à Rhisnes (Namur). Elle a d'abord essayé le cours de religion catholique. Mais la prof n'avait pas d'autorité et c'était le bordel. Elle préféra donc la quiétude du cours de religion islamique et la lecture de jolies histoires tirées du coran.
    Elle dit simplement : "Avec l'islam, je ne me sens jamais seule."

    Bien que et, néanmoins, quoique restant fidèle à mon athéisme, cette idée de dieu sans religion me plait assez.
    Dans le fond, pour ceux qui ont besoin d'y croire, dieu ne devrait être que de l'air que l'on respire.
    Le même pour tous.
    Quelque chose qui, après avoir éteint les angoisses, ne devrait laisser flotter qu'un peu de gaz carbonique et de vapeur d'eau.
    La plupart des croyants n'ont besoin de cette présence qu'à un moment ou à un autre.
    C'est la fidélisation qui me pose problème.
    Cette "carte de fidélité" obligatoire délivrée par la caissière, et qui sera contrôlée à la sortie du supermarché de la vie. Le moment d'empocher les "points" de réduction  accumulés.

    S'adresser à dieu, d'homme à dieu. Soit. Sans intermédiaire. Sans barbus déchiffreurs de messages pseudo-célestes. Sans vieillards célibataires psalmodiant leurs dogmes en robes de dentelles et chapeaux de saint Nicolas.
    Les enfants, d'ailleurs, ne s'adressent-ils pas directement à saint Nicolas. Sans passer par dieu.

    Et les croyants ne devraient-ils pas avoir conservé leur âme d'enfant ?

    Comme ce néandertalien d'homme de Spy (1) sur la terrasse de sa caverne dominant l'Orneau. Effrayé par le tonnerre, et qui priait le soleil de venir chasser l'orage.

    Comme quand on sort dans le jardin après l'averse et qu'on remercie le ciel de nous avoir évité quelques arrosages au tuyau … Sans penser plus haut … (2)

    (1) http://www.hommedespy.be/qui-est-l-homme-de-spy/
    (2) Je ne sais plus qui a dit : "A forcer de vouloir penser plus haut, on a le culte qui prend la place du cerveau."

  • La Flandre de Bourgeois...


    P1020980.jpgGeert Bourgeois, est un nationaliste flamand. Fondateur de la N-VA, ex-Volksunie, et depuis juillet, "Le" ministre-président de la Flandre.
    C'est donc le vocable "Gouvernement Bourgeois" que les éditorialistes utilisent désormais quand ils désignent les nouveaux patrons de la Flandre. Où la Flandre des patrons ?
    Quelle ironie que ce patronyme francophone, cher à Brassens et à Brel, soit échu sur le carnet de baptême du petit Geert. Et qui plus est pour baptiser un gouvernement on ne peut plus bourgeois (1), avec un "g" comme "geld", et non pas un "j" comme "joie" (2)
    Un gouvernement nationaliste-catholique-libéral flamand.
    Discret comme le charme de la bourgeoisie. Tellement discret qu'il a chassé la transparence de son vocabulaire. Discret, opaque, mais pas vraiment étanche, puisque qu'une fuite dans la presse flamande a arraché le très cher Geert Bourgeois à ses chères vacances.
    Pensez, le sang rouge de la gauche flamande (si, si, ça existe encore !) n'a fait qu'un tour quand le bon peuple a appris que le gouvernement Bourgeois allait raboter de 200 millions les budgets dévolus à la culture et aux mouvements associatifs. Dont les scouts catholiques flamands, dont je soupçonne les parents d'avoir discrètement voté N-VA (séparatiste) ou CD&V (cathos d'extrême centre droit).
    Allez, ça commence. Et la même fuite annonce que pour l'enseignement universitaire, ça va suivre. Mais on ne peut pas dire qu'ils n'étaient pas prévenus ces "beste mensen".
    Gouvernement bourgeois, mais pas bohème donc.
    Un gouvernement de patrons et de boutiquiers, de commerçants et de nantis, pour qui le peuple n'a pas besoin de culture, mais de travail et de discipline.
    Un gouvernement dont les sponsors sont les mêmes que ceux du foot. Alors, de quoi le peuple se plaint-il ?
    Un gouvernement qui va aussi raboter la dotation de la VRT. Pourquoi payer pour une télé publique, alors que la commerciale VTM fait le bonheur des chaumières ?
    Un gouvernement flamand dont les principes vont déteindre indélébilement sur la philosophie du futur gouvernement fédéral dont les composantes sont quasi les mêmes. Sauf que le MR y ajoute un vague alibi de francophonie dans ce monde de patrons flamands.
    Un gouvernement qui confondra inévitablement  "socio-économique" avec "économisons sur le socio".
    Un gouvernement où on ne parlera plus de réguler le secteur bancaire.
    Un gouvernement du "tout pour l'actionnaire".
    Pas une "Suédoise", ni une "kamikaze". Une "Vlaamse bleuw", tout simplement.

    Aux prochaines élections, ne mettez plus de politiques sur les listes. Des comptables suffiront.




    (1) Personne qui appartient à la bourgeoisie, à la classe moyenne ou à la classe dirigeante. Et, en général, qui fait travailler son argent et les autres. Bon pour l'emploi ça !
    (2) Ceux dont la maman avait un flacon de "Soir de Paris" sur la coiffeuse de la chambre à coucher apprécieront.
    (3) C'est la MR Michel qui y a perdu son Charles. (J'ai pas pu m'empêcher. Sorry !)
     



  • Ré-édition.

    Jaco_Isohe_lie.jpgIl y a trois ans déjà que Thierry Fiorilli, aujourd'hui rédacteur en chef-adjoint du Vif-Express, m'avait fait l'honneur et l'avantage de publier ce texte dans "Le Soir" en ligne (1). Trois ans après, en le retrouvant sur le site "Satiricon" (2), je me dis qu'il n'a pas pris de rides.
    Et, donc, je ne résiste pas à l'envie de le partager sur ce blog.
    J.


    Doctor Slimste and Mister Wever
    (mardi 02 août 2011)


    C'est un texte écrit par un fidèle lecteur du Soir, Jacques Maget. Il l'appelle "un petit exercice de style très salutaire pour dégorger une vésicule biliaire chahutée par plus 400 jours d'excès négociatoires." Il n'est pas un francophone rabique. Pas un Belgicain transi. Pas un citoyen haineux. Il est un plutôt hédoniste, anti-répulsif, désolé par la médiocrité et convaincu que "les gens" valent mieux que ce que disent ceux qui sont censés parler en leur nom. Sa lettre ouverte aux électeurs de la N-VA le prouve. Même si elle va en cabrer beaucoup.
    Thierry Fiorilli


     "Aux électeurs de la N-VA présents et à venir,
    Quand un journaliste francophone vous tend le micro, vous lui répondez que vous ne voulez pas la séparation de la Belgique. "Mais non ! C'est des histoires de politiek tout ça !" Mais si, après le "Neen" de ce début juillet, un institut de sondage vous demande si vous avez toujours confiance en Bart De Wever, vous êtes 62 % à répondre "Oui". Donc vous devez savoir que le premier point du programme de la N-VA, et donc de Bart De Wever, est la création d'une "république flamande". Un état flamand indépendant. Allez, zeg ! Ne faites pas semblant. Vous le savez.

    De Wever. D'un côté, c'est rond et lisse comme un savon pour bébé. De l'autre c'est cent kilos de mensonges et de mauvaise foi. Le jour, c'est le Allerslimste Bart ter wereld. La nuit, c'est Mister Wever qui mange son petit francophone entre deux gaufres. En rêvant à une grande nation flamande dont il est l'enfant et dont il serait l'empereur. Ne l'appelez surtout pas enfant-roi ? Le roi, il supporte pas. Non. Il préfère Keizerkind .
    Depuis plus d'un an, il s'entraîne avec les francophones. Il polit son image tout en aiguisant ses couteaux. Il met au point sa méthode. Un jour il dit oui. Le lendemain il dit que ça voulait dire non. Pour se justifier, il trafique les arguments des autres. Manipule les chiffres. Fait semblant d'être d'accord sur certains points. Avance de nouvelles exigences. Puis revient sur ses semblants d'accord. Boude les journalistes qui osent écrire ne pas penser comme lui. Et il vous raconte qu'il est leur victime. Que tout ce monde lui en veut. Donc, vous en veut.
    Et, chers voisins Flamands, quand il joue avec les pieds, les nerfs des francophones vous le trouvez à votre goût, le Doctor Slimste. Vous vous marrez tellement que vous en oubliez qu'il joue avec le sort de tous les Belges. Avec leurs sous aussi. Et dans votre rougissant orgueil, vous en oubliez qu'il s'agit aussi de vos sous.
    Vous êtes 62 % à faire tellement confiance à ce malin Doctor Slimste. Vous êtes donc 62 % à apprécier aussi les coups bas que Mister Wever n'arrête pas d'infliger aux francophones pour empêcher toute possibilité d'accord. Et cela vous arrange puisqu'il fait ça pour la grandeur de la Flandre. La grandeur de votre nation.Votre grandeur.
    Mais vous êtes 62 % à oublier une chose. Quand Mister Wever aura gagné. Quand vous serez enfin entre vous dans cette belle et grande république de Flandre que vous aurez offerte à ce bon flamand de Doctor Slimste. Quand vous croirez que le paradis est enfin à portée de main. Quand vous serez sûrs que les sous que vous aurez gagné âprement n'iront pas engraisser vos assistés de voisins. Quand vous serez assurés que votre puissant lion ne risquera plus d'être réveillé par des mots étrangers aux sonorités romanes. Quand vous aurez chassé les Sarrasins qui défient vos clochers. Quand vos anciens auront tous été amnistiés. Quand les murs de votre forteresse seront bien imperméabilisés... Alors Mister Wever étranglera le brave Slimste . Et à l'intérieur de vos frontières imperméables Mister Wever procédera comme il l'avait fait, dans les limites de l'ex- Belgique, contre les francophones. Mais ici, tout se passera entre vous. Et ils décidera qui seront les bons Flamands selon ses critères à lui. Et pour les autres... Malheur aux chômeurs, aux fonctionnaires. Malheur à tous ceux qui ne seront pas parmi les petits ou gros patrons de la Flandre prospère. Malheur aux journaux et aux journalistes qui ne penseront pas comme Mister Wever. Malheur à tout ce qui sera à sa gauche. Malheur aux artistes qui ne lanceront pas que des drapeaux. Malheur à tout ce qui coûtera sans rapporter. Bref, malheur à beaucoup d'entre vous.
    Et là, vous serez pas 62 % mais 90 % à râler. Parce que l'emballage ne cachait pas un cadeau. A râler, mais en silence. Parce que l'orgueil de la nation flamande ne vous permettra pas de laisser déborder votre colère au-delà de vos frontières imperméabilisées. Fiers dans un enfer 100 % étanche et 100 % flamand. Cet enfer, vous aurez été 62 % à le créer. En vous laissant mener par le bout du nez par Slimste Bart.
    Décidément, il est vraiment trop slim pour vous ce Bart.
    Un voisin qui vous veut du bien.
    Jacques Maget, lecteur du soir. "

    (1) http://www.lesoir.be/debats/cartes_blanches/2011-08-02/doctor-slimste-and-mister-wever-854393.php

    (2) http://www.satiricon.be/?p=4204

  • Pédagogie

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    Comment faire comprendre aux musulmans qu'on peut être contre les djihadistes sans dénigrer l'islam ?

    Comment faire comprendre aux juifs qu'on peut s'opposer à Israël sans être antisémite ?

  • J'aurai 86 ans en 2100 !

    220px-Transhumanism_h+.svg.png

    Scoop ! Pour la première fois, les ventes de déambulateurs viennent de dépasser celles des poussettes pour babies ! Et la Ligue des Familles invite à manifester pour obtenir une nouvelle augmentation des allocations euthanasiales. 

    Arte présente un documentaire sur le cinquantième anniversaire de la disparition des assurances-vie.

    Nous sommes quelque part sur ce qui reste de viable sur terre, aux environs de 2100.

    La pyramide des âges est posée sur la pointe.

     

    Ce sont les "transhumanistes" (1) qui le disent : "Un bébé né aujourd'hui aura 86 ans en 2100. Et nous pouvons espérer que les progrès seront tels qu'il vivra au moins

    200 ans."

    Heureusement, pour un prof sérieux, vu l'insurmontable vieillissement du cerveau, la limite infranchissable est évaluée à 130 ans.

     

    Cent trente ans ! 

    Imaginez, avoir 130 ans en 2014, cela supposerait d'être né en 1884 ! Et être obligé de se souvenir de toutes les guerres et de tous les armistices, de tous les noms impossibles (de Jules à Kèvènne) des centaines de ses descendants, …

    De noter sur son petit carnet -tant qu'on peut- les noms des gérontologues et des infirmières-chef que l'on a enterrés… Tu parles d'un bonheur. Ah ! Oui, le bon vieux temps. Celui où la mémoire imprimait encore les bons souvenirs.

     

    Revenons en 2100, dans une institution spécialisée pour personnes très âgées. Si l'odeur est rendue supportable grâce aux découvertes des labos pharmaceutiques spécialisés en urologie (désormais c'est le rein qui transforme directement l'urine en huile essentielle aromathérapique), la détresse morale et le sentiment d'inutilité ne sont pas encore compensés par la visite annuelle obligatoire des childrens(arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-petits-enfants), ni par les jeux de rôles virtuels sur écrans géants. Du style "Rollator contre Ben Hur", ou les paris sur courses de mastication pour dentiers robotisés numérotés. Ou jouer au solitaire dans une salle commune, à perpétuité ! Dire que ce jeu de cartes s'appelle aussi "réussite" !

     

    Au fou ! Que celui qui connaît un centenaire conscient d'être heureux donne son nom à l'accueil !

    Déjà que la planète part sérieusement en couille, qui voudra avoir ne fût-ce que 20 ans en 2100 ?

    A plus forte raison 200 ans.

    Au rythme imposé à nos politiques par les grands financiers et capitaines d'industrie,

    le nombre des maladies mentales dues au stress va croître tellement que les gens seront usés à 45 ans. Et y'en a des qui voudraient que ça dure ! Et même qu'on claque du pognon pour faire des études là-dessus.

    Au lieu de sauver la planète pour d'hypothétiques générations futures, rendons-la respirable tout de suite. Et tant pis si la dépollution fait chuter le NASDAC.

    Eliminons ce qui raccourcit la période agréable de la vie. 

    A quoi servira une terre viable mais peuplée de névrosés qui ne penseront qu'à en finir avant la mi-temps ?

    De toute façon, nous sommes programmés pour être recyclés un jour ou l'autre.

    Pourquoi n'en serait-il pas de même pour la planète ? Aussi.

    Au train où ça va, tant que des fous, avides de pouvoir et d'argent, dirigeront ce monde, il n'y a pas d'issue possible. Et, peu importe l'âge de ceux qui seront aux premières loges quand tout pétera. De toute façon, ils croiront que c'est un nouveau jeu de rôles sur écran géant.

     

    (1) Lire Le Soir du 7 août 2014, page 8. Et aussi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Transhumanisme

  • Petites phrases...

     

    P1020981.jpg

     

    ***

    " Les "jeunes" qui nous disent bosser pour payer nos pensions oublient souvent que nous avons bossé pour payer leurs études. "

    ***

    Les commémorations (de commémorer, se souvenir ensemble) de 1914, ont laissé aux journalistes télé le loisir de rabâcher : "... pour que les jeunes n'oublient jamais les horreurs de la guerre !"

    Et d'enchaîner avec une séquence "... à déconseiller aux enfants et âmes sensibles" sur les bombardements israéliens à Gaza !

    ***

    Au JT-RTBF, à propos de Leuven-ville martyre en 14 : "Place des Martyrs, où 200 civils ont été à peu près massacrés...".

    Si les Allemands n'achèvent pas le boulot, où va-t-on ?

    ***

    " La vie est un sapin de Noël que l'on traîne vers la déchèterie. On perd beaucoup d'aiguilles en route. Seule la carcasse arrive au port."

    ***

    Depuis que Charles Michel fricote avec la N-VA, peut-on encore écrire MR. Propre dans les pubs pour le nettoyant-miracle ?

    ***

    Selon l'Institut Molinari, le Belge travaillerait 217 jour par an pour l'Etat.

    Soit: 

    19 jours pour payer les fonctionnaires

    13 pour les intérêts de la dette

    7 pour la police et la justice

    4 pour la défense

    5 pour la culture, les loisirs et la religion 

    3 pour l'environnement

    2 pour l'aménagement et les logements urbains

    27 pour le soutien à l'économie

    25 pour l'éducation

    32 pour la santé

    80 pour les pensions, les allocations familiales et sociales, ...

    Donc, à partir de ce mercredi 6 août, les belges commencent enfin à bosser pour eux ! Courage les mecs, c'est bientôt Noël !

    Signalons quand même que l'Anglais est quitte depuis le 12 mai, l'Allemand depuis le 11 juillet et le Français depuis le 28 juillet. Mais bon, y faut pas comparer du pinard avec des patates... Y paraît qu'ils ont des frais que nous on n'a pas !

     

     

  • Arrivederci Concordia.

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    En février 2008, le Costa Concordia faisait escale à Katakolon, en Grèce, pour permettre l'excursion à Olympie.

    Ce petit port autorisait la prise de recul afin de saisir les somptueux reflets de cet élégant bateau de croisière.

    Je m'en suis donné à cœur joie, sans savoir ce que ces reflets, fracturés par les vaguelettes, avaient de prémonitoires.

    Voici quelques photos, pour vous inviter à feuilleter le nouvel album que je viens de publier.

    Il contient en outre quelques échantillons de la décoration intérieure où le "barroco" moderne éblouissait de tous ses verres colorés.

    Les fleurs de verres du plafond du hall d'accueil de douze étages changeaient perpétuellement de couleur

    Idem pour le lustre monumental de la salle de spectacle de quatre étages, composé de masques de comédie antique.

     

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  • Coïncidences ?

    Je suis né, au XXe siècle, un 30 juillet 1948.

    Ce 30 juillet 2014, sur le couvercle de la boîte de fromage blanc,

    Michelle découvre ma date de naissance. Date limite de péremption ?

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    Mon voisin, et néanmoins ami, René d'Enface, est aussi né un 30 juillet, en 1966.

    Cette année, il a 48 ans, et moi 66.

    Nous avons l'âge de l'année de naissance de l'autre. 

     

    En 1974, un 30 juillet, en reportage à Renwez, dans les Ardennes françaises,

    je photographie cette plaque de Citroën : 473 JM 08 ou, 30.7.48 JM.

    Ma date de naissance et mes initiales. Le jour de mon anniversaire.

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