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  • Miracoli

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    Un samedi soir à Jambes dans les sixties. Mon ami Louis-Philippe, dit "Loulou" ou encore "Lou" pour son papa, sous l'œil discret mais attentif de sa maman, nous préparait ce qui, pour l'époque, était encore un plat exotique : des spaghetti ! Et pas n'importe quels spaghetti : des Miracoli ! Quatre sachets dans un étui en carton : un de fines pâtes, un de concentré de tomates, un d'herbes et d'épices, et un dernier de parmesan râpé. Et comme à chaque fois, c'était un peu d'Italie qui descendait la Meuse. 

    Nous ne savions pas que le kit Miracoli, créé en 1961 par la multinationale américaine Kraft, tiendrait toujours la route en 2014.

    Nous ne savions pas non plus que Miracoli signifiait "miracles" dans la langue pâteuse de Berlusconi.

     

     

    images-3.jpegMiracoli ! (1) Pour devenir saint, bouboule Roncalli, alias Jean XXIII, n'aura eu besoin que du seul miracolo qui l'avait fait bienheureux. Fallait en effet être un vrai saint pour réussir un bordel planétaire comme le concile œcuménique Vatican II qui allait durer de 1962 à 1965. Rien que ça l'aurait bien dispensé de l'unico miracolo qu'il doit à Catarina Capitani. Une religieuse guérie illico presto d'une tumeur à l'estomac après que le bon pape Jean soit apparu à son chevet en 1966. On n'ose imaginer la suite si, au lieu du pape, elle avait vu apparaître Mussolini, Lénine, ou Félicien Rops…

     

    Pour y parvenir, le coriace plombier polonais Karol Wojtyla, mieux connu sous le pseudo Jean-Paul II, aura, lui, eu besoin des deux miracoli réglementaires. Pas de favoritisme pour les non-Italiens ! Ni de santo subito ! (2)

    Un : une religieuse française parkinsonienne se réveille guérie, et son premier geste est d'écrire, non pas sœur Sourire ni abbé Pierre, mais Jean-Paul II. Donc… "Miracolo !"

    Deux : une Costaricaine atteinte d'un anévrisme regarde la photo de Jean-Pipole II sur la couverture d'un magazine, et hop-là, l'anévrisme disparaît. Encore une fois, on n'ose imaginer la suite, si, un touriste belge de passage au Costa-Rica en 2011, avait oublié son Télé-Moustique avec Di Ruppo en cover. Ouais, ou pire, un Spirou avec Gaston Lagaffe, ou un Knack avec la fondation de Fabiola, ou un Vif avec Michel Daerden… Comme quoi, quand on est Costaricaine souffrant d'un anévrisme, on a intérêt à avoir de saines (saintes ?) lectures.

     

    Que mes amis catholiques-romains-croyants et néanmoins papistes se préparent à tendre l'autre joue, parce que j'ai pas fini !

     

    Savez-vous qu'en cinq siècles avant Jean-Paul Solidarnosk II l'église n'avait canonisé que trois cents citoyens. Et que de 1978 à 2005, notre papolonais en aura auréolé 482.

    Pas étonnant que notre petit François -qui doit viser le Holyness Book of Miracles- passe la cinquième mule au plancher. En un an, au son du canon, il a en a déjà sanctifié 807. D'accord, mais là-dedans, il y en a huit cents qui ont reçu leur auréole d'un seul bloc. Pensez ! Les huit cents martyrs d'Otrante (Italie), massacrés par les Turcs en 1480 (3), pour avoir refusé de se convertir à l'islam.

    La brigade des martyrs d'Al-Aqsa peut donc aller raccrocher ses ceintures de plastique au vestiaire. Les 72 vierges sont déjà fort prises ces derniers temps.

     

    Et dire que dans un calendrier il n'y a de la place que pour 365 têtes auréolées. Ouais, mais la Toussaint arrange bien les choses. 

     

     

    (1) http://www.franceinfo.fr/actu/beatifications-canonisations-comment-ca-marche-1396241-2014-04-24

     

    (2) Santo Subito n'est pas un jeu à gratter de l'Institut pour les Œuvres de Religion, alias la banque du Vatican.

     

    (3) Recep Erdogan nie toute responsabilité et a déjà présenté ses excuses à titre anticipatif.

     
  • Aquabonisme râleboliste

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    Ce matin, pour poster ce texte, je n'ai pas dû accoster une touriste italienne de passage dans ma ville. Ni lui demander si sa cousine, qui travaille à l'UE à Bruxelles, ne pouvait pas m'ouvrir un blog sous un faux nom. Pour s'afficher sur le blog, ce texte n'a pas dû transiter par la dizaine d'adresses mails que d'autres touristes que j'ai guidés ont bien voulu me confier afin de bricoler un petit réseau qui tiendra ce que durent les œillets.

    Ce matin, pour "exprimer" mon double espresso ouvreur d'yeux, je n'ai pas dû avoir recours au marché noir, ni faire trois fois le tour de Kiev avant de me procurer les capsules magiques. What else ?

    Ce matin, je n'ai pas dû ingurgiter la propagande d'un média gouvernemental. Mon journal, non censuré, m'attendait dans la boîte aux lettres.

     

    Et pourtant ce 25 avril, j'ai un peu peur.

    Dans un mois, jour pour jour, il faudra voter, et je me sens déjà gagné par la lassitude d'une campagne qui me semble déjà durer depuis si longtemps. 

    Tout en soulignant le travail indispensable et important, tant en qualité qu'en densité, réalisé par les journalistes et leurs supports, je me demande s'ils n'en font pas trop. Et pas trop tôt. 

    Encore un mois de débats, de défenses de thèses, de drague, de mises en garde.

    J'ai peur que cela ne conduise certains à remplacer leur désintérêt par des votes extrémistes inconsidérés.

    De remplacer leur aquabonisme rasleboliste (râleboliste ?) par un militantisme du désespoir honteux et aventureux. 

    Dans une Wallonie, une Belgique et une Europe qui ont besoin de valeurs sûres, l'éparpillement des voix vers les extrêmes serait désastreux.

    Le renouveau des idées doit venir des femmes et des hommes à l'intérieur des grands partis. Ce sont eux qui doivent nous surprendre en sortant résolument de l'épuisement engendré par la gestion quotidienne d'une société infiniment complexe.

    C'est à l'intérieur de ces partis que l'électeur doit retrouver la possibilité d'une île. Le courant d'air des grands projets humains.

    Toutes les grandes entreprises ne survivent que par leur service recherche et innovation. En politique, cela semble accessoire. On a bien des bureaux d'études, mais c'est souvent l'électoralisme qui l'emporte.

    Le tout au socio-économique est un cache-poussières qui tend à faire oublier que nous avons besoin d'eau et d'air purs. D'énergies sûres. De nourritures terrestres et spirituelles fiables. Mais, encore une fois, les grands partis semblent choisir de laisser l'écologie à Ecolo. Parce que l'écologie est un sujet qui fâche plus souvent qu'autre chose. Parce que le photovoltaïque wallon a été ruiné pas la cupidité de ceux qui n'y ont vu que moyen de placement et source d'intérêts. Tout en écornant sérieusement le crédit de ministres verts. Parce que l'écologie est avant tout un grand changement de nos petites habitudes.

     

    J'ai peur aussi que ma voix, celle d'un citoyen qui tente chaque jour d'étayer son futur choix tout en préservant ses convictions, ne pèse pas plus lourd que celle d'un boucher d'Alost qui ne regarde que VTM, dont les lectures se résument aux pages sportives du Nieuwsblad et dont l'opinion ne reflète qu'une synthèse simplifiée de ce qu'il entend de derrière son comptoir.

    J'ai peur aussi de n'avoir pas toujours la sérénité d'accepter les choses que je ne puis changer.

     

    Dans le jardin, comme à la télé, de petites fleurs bleues me murmurent : "Ne m'oublie pas !". A côté de ces myosotis, les giroflées orange laissent leur lourd parfum se faufiler par le soupirail jusque dans la fraîcheur du subconscient de ma cave. Le rosier rouge tente d'escalader le mur en essayant de faire oublier ses épines. Et partout, le vert et ses cent nuances me disent que l'espoir a une couleur.

    Dans mon jardin aussi, c'est la campagne.

     
  • Voter utile.

    "Nous avons besoin d'Europe et d'écologie." 

     

    (Daniel Cohn-Bendit, qui fut notamment, et pendant cinq ans, adjoint au maire d'une "petite" ville nommée Francfort, en RFA. Avant de siéger au parlement européen depuis 1994.)

     

     

    Plus ça va, et plus une évidence s'impose : "Il va nous falloir voter "utile"." Et laisser les œillères au vestiaire.

     

    Pour la première fois la simultanéité de trois scrutins nous permet de regarder la société en face. Les enjeux sont lourds et tellement différents. Suivant les étages.

     

    Prenons le scrutin fédéral. Si le but est de mettre la N-VA hors-jeu, il faut résolument ériger un mur de briques bien rouges pour rendre le PS incontournable face au tirlipotage pré-électoral du MR. Qui croire ? Entre un Michel qui dit "jamais" et un Reynders dont le silence cache peut-être un peut-être ? 

    Il faut savoir aussi que la réforme fiscale n'aura pas la même amertume pour tous, suivant qu'on roule sur la bande de droite ou sur celle de gauche.

    Je sais, avaler un nœud-pap' rouge est une lourde épreuve pour un vert solidaire ou un humaniste pratiquant. Mais, si c'est le prix à payer.

    D'ailleurs, avec la réforme de l'Etat et les transferts de compétences vers le régional (2), les enjeux humains, écologiques et culturels se situent un étage plus bas.

     

    Au scrutin régional, là, on pourrait relativement laisser libre cours à ses convictions personnelles. En évitant toutefois d'oublier le côté destructeur de l'opposition MR qui veut "à tout prix revenir aux affaires" en faisant oublier son bilan lorsqu'elle y était. Se souvenir aussi des maladresses d'Ecolo qui parfois semble tout faire pour rendre l'écologie antipathique, mais sans qui les autres se seraient très bien arrangés pour faire passer "leur" socio-économique avant tout. Pour le reste, bien du bonheur à l'électeur sensé baser son choix sur des données objectives, tant les innombrables chiffres se lancent à la tête comme les confettis des blancs-moussîs.

     

    Quant à l'Europe ? Et si c'était là le scrutin primordial ? C'est de là que vont descendre les directives dont nous allons apprécier diversement les effets suivant qu'elles viendront des défenseurs du libéralisme économique ou des partisans de la justice sociale et de la qualité d'une vie digne. (3)

    Ce scrutin n'est pas une question subsidiaire au quiz belgo-belge.

    C'est "la" question qui donnera "la" position dominante du gouvernail pour les cinq années de croisière à venir. C'est "la" question qui fera ce que seront nos élections  fédérales (?) et régionales dans le futur. Dans, cinq, dix, quinze ans.

     

    Moralité : le 25 mai, on votera pour mais aussi contre.

    Contre la N-VA et ses idées aventuro-sulfureuses, contre une Europe de la finance et pour une qualité de vie régionale. 

    Bref, on votera utile, en avalant quelques couleuvres, certes. Mais il paraît que c'est froid, ça n'a pas trop d'arrière-goût et ça glisse tout seul.

     

     

    (1) Une analyse de l'UCL montre qu'en 2010, au scrutin fédéral, 73% des électeurs wallons sont restés fidèles à leur choix de 2007. 

    C'est le PS qui compte le plus d'abonnés : 88,3%. Suivent le CdH (70,3%), le MR (63%) et Ecolo (61%).

    Parmi les 27% de mouvants, il n'est pas anecdotique de constater que le MR a perdu 98.500 électeurs au profit du PS, 29.500 sont allés vers le CdH, 39.000 vers Ecolo, et 65.500 sont passés dans le camp des désabusés (Abstentions-absentéistes, votes blancs, nuls et FN). 

    Parallèlement, 44.500 ex-désabusés ont voté PS, 44.500 Ecolos sont passés au PS et 40.500 PS ont viré CdH. Les goûts et les couleuvres…

     

    (2) http://www.lesoir.be/257449/article/actualite/belgique/2013-06-06/reforme-l-etat-accord-sur-transferts-competences

     

    (3) Par exemple, les réacteurs nucléaires n°2 de Tihange et n°3 de Doel n'auraient jamais dû être relancés en juin 2013, ont affirmé jeudi le groupe des Verts/ALE au parlement européen, mettant en avant une liste de 56 questions sur le traitement des micro-fissures qui ont été détectées. Les Verts se fondent sur un rapport qu'ils ont commandé à cinq experts internationaux, dont l'experte en matériaux Ilse Tweer et Dieter Majer, ancien chef de la sécurité nucléaire en Allemagne.

    "Sur base des documents rendus publics, les experts sont arrivés à trois types de critiques: erreurs méthodologiques, lacunes dans la documentation de fabrication et erreurs au niveau des détails de l'examen", a résumé l'eurodéputé Bart Staes (Groen).

    Il affirme que ni l'Agence nucléaire ni le gestionnaire des centrales Electrabel ne peuvent réellement déterminer les caractéristiques du matériau qui se trouve dans les cuves sous pression. Inquiétant, quand même !

     

  • Ils l'ont dit à la télé !

    Ils l'ont dit à la télé !

     

    RTL ne brosse pas toujours la couronne dans le sens du poil. Si la chaîne télé autant privée que populaire aime picorer les niousses tombées de la table de Læken, elle ne se contente pas que des miettes de brioche. Et peut même parfois se montrer vache … par défaut.

    Ainsi, ce 4 avril, rendant compte de la remise du premier agneau pascal à notre roi par les autorités des abattoirs d'Anderlecht, elle a "laissé" passer cette phrase historique de notre Flupke "the" Quick Premier : "Les enfants vont être contents… Il a l'air bien frais !" (sic) a apprécié notre bon sire en admirant la bête dépiautée. Comme quoi, quand Mathilde n'est pas là, on se demande s'il y a un abonné sous la couronne que vous avez demandée. Il ira loin ce garçon-là. Pourrait ben même devenir un jour roi… Et dire merci pour les pandas au président chinois par un : "Je remercie la Chine pour ce geste fort !" (resic). Ouais. A part qu'ici, c'était pas une parole en l'air. C'était écrit dans le discours...

     

    Après avoir eu droit à quelques "La foule s'est déplacée en masse" *, de la part des préposés aux JT, voici une autre sortie mémorable dans la sombre histoire de la vierge phosphorescente de Jalhay, petit village sis non loin de Spa-Francorchamps.

    Il restait, évidemment quelques crédules-incrédules, après que l'univ' de Liège ait analysé la statue et conclu à une émission lumineuse due à la composition de la peinture qui la recouvrait.

    La preuve par le curé de la paroisse qui a déclaré à toutes les chaînes télé : "Il faut quand même reconnaître que la vierge n'était lumineuse qu'en présence de fidèles… En effet, quand personne n'était dans la pièce, elle n'était pas blanche… ". Va-t'en vérifier ça… Et un ange, blanc comme un Russe d'avant Lénine, passa…

     

    (*) Quand les badauds s'amassent en foule on peut s'attendre à tout... 

  • Votez "Radicaux Libres" !

    Dehors, mon vieux cerisier, blanc de fleurs, me dit qu'il a encore du jus. Il se laisse acupuncturer l'écorce par les sittelles torchepot aux yeux surlignés de noir fusain. De loin, les merles gourmands guettent hyperpatiemment la chute future des pétales, et le gonflement des fruits qui suivra, pour passer à l'attaque. 

    Une métaphore bucolique qui évoque à s'y méprendre la situation pré-électorale que nous vivons de près ou de loin.

     

    Dans le corps humain, le mécanisme d'apoptose correspond au suicide naturel des cellules âgées présentant des dommages irréversibles. Pour pouvoir se produire naturellement, cette apoptose exige une concentration modérée de radicaux libres.

    Ceux-ci sont produits lors de la réaction glucose-oxygène dans nos cellules. La vie quoi ! Si ces derniers sont présents en nombre trop ou trop peu élevé, l'apoptose ne peut avoir lieu. Il s'ensuit alors une multiplication anarchique des cellules qui conduit tout droit à l'apparition de tumeurs. Et là tu meurs !

    Entre une droite-glucose et une gauche-oxygène les radicaux libres en nombre raisonnable éviteraient donc la formation de tumeurs extrémistes cancéreuses. Tout un programme…

     

    Mais que peuvent donc ces sittelles, ces merles et ces radicaux libres qui s'agitent sur le tronc social et dans le corps complexe de notre petit monde.

    Cette agitation pré-électorale ressemble bien à l'effet de l'antihistaminique ponctuel sur un pic de concentration de pollen de bouleaux par un beau jour tiède de printemps précoce. Elle évite tout juste les éternuements intempestifs d'un organisme attaqué de toutes parts. Sans soigner vraiment le fond.

     

    Le grand capital mondialisé, la cupidité individuelle, l'égoïsme, le rejet, une crise endémique qui, raréfiant les emplois, bi-polarise une Europe malade à coups d'austérité, un désintérêt croissant du public -donc de l'électorat- pour la politique "non-spectacle", nous laissent sans illusion quant à la réelle marge de manœuvre des futurs gouvernants quel que soit leur bord et leurs convictions.

    Il faudrait en finir avec cette classification droite-centre-gauche. Il y a ceux qui ont trop-assez, ceux qui ne savent pas qu'ils ont assez, et ceux qui en ont assez de n'avoir que trois fois rien. Et ce sont tous ces conservateurs et ces désireurs qui vont aller aux urnes. 

     

    Les mégaphones partisans chauffent. "Nous défendons les travailleurs !".

    Tous les travailleurs ? Non ! "Nous défendons "nos" travailleurs !". À chacun son fonds de commerce. Pour les libéraux, il s'agit d'une chose qu'ils appellent "classes moyennes". Sous-entendu, petits commerçants, indépendants & Co. Pour les socialistes, ce sont les ouvriers, les employés, les fonctionnaires, et ceux qui n'ont plus -ou pas encore- de travail. Et pour la N-VA, ce sont tous les Flamands qui ne chôment pas. 

    Ce n'est même plus de la propagande électorale. C'est de la réclame : "Et avec toute mon équipe, je m'y engage !"

     

    En France, comme les "verts" ont fait défaut, le grand ministère de l'Écologie est allé dans le sac à main de Madame Royal. On est curieux de voir comment elle fera évoluer la problématique. Si elle est bien conseillée au niveau "philosophie", son ambition et son pouvoir mobilisateur devrait peut-être se révéler beaucoup plus efficace qu'un ministre issu de la mouvance verte. À suivre donc.

    Et à appliquer en Belgique ? Pourquoi faut-il, en effet, que ce soit toujours un libéral ou un conservateur aux Finances ? Un Écolo au Développement durable ? Un socialiste aux Affaires sociales ? 

     

    Et le suffrageur universel de se désabuser devant la puérilité démagogique du court terme des promesses. Le climat peut se réchauffer tranquillement, la haute finance fructifier et la qualité de notre enseignement continuer de plonger, les multiples projets nébuleux de réforme fiscale occupent le centre des débats.

    Où sont les grands projets, les idées vraiment nouvelles ? Aucun designer à l'horizon. À part certains points du programme d'Écolo, rien que des petits garagistes qui se chipent la burette et se canardent à coups de boulons rouillés.

     

    Aux législatives de juin 2010, sur 7.767.552 Belges appelés à voter, 6.929.855 ont rempli leur devoir. Soit un absentéisme -impuni !- de 10,8 %. Plus fort, si l’on additionne les absents, les votes nuls et les votes blancs, on obtient 16 % d’électeurs qui n'en ont rien à cirer.

    Et aux dernières communales, à Bruxelles, 17,2 % des électeurs sont restés chez eux. Un électeur sur six. Vraiment pas de quoi se moquer des Français et de leurs municipales… Parce que chez nous, le vote est obligatoire

     

     

     

  • Des actes forts… électoraux et ridicules.

    Poisson d'avril ?

    "Comment donner un vrai projet à des gens dont le rêve le plus fou se limite à gagner à Euro Millions ?" ( Kikfîe Bé-Mi )

    C'est désormais un maire FN qui dirige la ville de Beaucaire (Gard). Une commune jumelée depuis 45 ans avec Farciennes (Hainaut-Belgique). Le conseil communal de Farciennes de ce mardi devrait casser ce jumelage. Explication de Hugues Bayet, bourgmestre et candidat PS à l’Europe: «Et nous en sommes très tristes surtout pour les Beaucairois qui sont des gens accueillants, chaleureux et généreux. Mais nous ne pouvons décemment pas travailler avec des membres du FN qui, rappelons-le, reste un parti populiste qui prône le rejet de l’autre et dont le discours est raciste et xénophobe.»

    À Hayange en Moselle, c’est aussi un maire FN qui a été élu au deuxième tour. La commune est jumelée avec Arlon depuis des années.  Le bourgmestre CdH arlonais Vincent Magnus  estime que «le collège ne souhaite pas continuer à avoir des relations avec Hayange, dans un cadre communal officiel. Au sein du collège PS-CDH, nous estimons que nous ne défendons pas les mêmes valeurs.»

    Mais : «Avec la population de Hayange, rien ne change. Si une chorale d’Hayange veut venir à Arlon, pas de problème; mais nous n’irons plus en déplacement officiel là-bas, à l’instar de cette invitation pour leur fête de la Saint-Jean.»

    Question à Louis Michel : "Que feriez-vous aujourd’hui si vous étiez toujours bourgmestre de Jodoigne et si Saint Pierre-sur-Dives, dans le Calvados, ou Coulanges-la-Vineuse, dans l’Yonne, jumelées avec la cité brabançonne, étaient passées sous bannière FN ? 

    Réponse :" « Je continuerais à avoir des activités d’échanges avec la population, avec les associations locales. Mais je ne pourrais pas avoir des relations officielles avec des gens qui sont FN ! »

     

    Comme, après recoupements, il semble que ce ne soit pas une sardine d'avril, on ne peut que se poser des questions sur la santé mentale de nos édiles.

     

    Des actes forts en gueule ! 

    Non à ces nouvelles majorités qui puent du bec ! Mais oui pour continuer à rigoler avec les habitants des communes concernées.

    Messieurs ! Soyons sérieux ! Et qui c'est qui a voté pour ces nouveaux maires FN ?

    Ce serait-y pas la population par hasard ? (1)

    Donc, en résumé, pour rester électoralement correct en Belgique (le 25 mai approche !) il faut officiellement couper la ficelle de toute potentielle casserole frontiste, mais ne pas fâcher ses propres électeurs en stigmatisants leurs copains français jumelés… "des gens accueillants, chaleureux et généreux" … qui ont, en majorité voté FN.

     

    Autre parole historique en guise de ketchup sur le macdo : "Je remercie la Chine pour ce geste fort ! "(sic). 

    Qui remercie ? Onze koning Flupke den îrste, lors du dîner de gala à Laeken.

    Quel est ce geste fort ? La location de deux Panda à Pairi Daiza.

    Astabeef ! Astableef ! Et keske tu vas trouver comme hyperlatif à dire Flupke, quand le pire du milieu va libérer la presse, internet et tout le bazaar ?

     

    (1) Le "Guide du Routard" va sortir une édition spéciale "France bleu Marine" en indiquant, dans les villes FN, les commerces où il vaut mieux ne pas aller dépenser ses petits sous. ( Vrai poisson d'avril )