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  • Une histoire qui tombe à pic

     

     

    Le petit ornithologue futé nous dit que le pic vert ne pique pas les vers. 

    Et qu'il ne faut pas le confondre avec le pic épeiche qui, lui, pique les vers.

    Ni avec le martin pêcheur qui pique et pêche. Ornitho et logique ! Non ? 

     

    Pour Leo et Rémy,

     

    Un matin sur le RAVeL

    Pédalant dans le premier soleil

    Que je cueille

    Au travers des branches sans feuilles 

     

    Arbres en demi-deuil

    Roues aux rayons libres 

    Que l'astre d'or effeuille

    Silence fragile qui soudain vibre

     

    Est-ce le pic

    Qui toque toque ?

    Ou bien mon cœur, patraque antique,

    Qui taque tique ?

     

    Un autre toc toc 

    Répond du tac au tac

     

    Est-ce le pic

    Qui communique ?

    Est-ce le pic qui pique-nique ?

    Et les insectes qui paniquent ?

     

    Non, juste un pic

    Qui de son bec marteau-pic

    Picote patiemment le bois tendre

    Et creuse amoureusement sa maison

    Petit cocon d'écorce au creux moelleux du tronc

     

    Si tu connais le morse

    Tu comprendras qu'il dit

    Que le bon temps s'amorce

    Que c'est le temps des nids

     

     

     

     

  • Voter blanc, c'est voter noir

    Si le vote est une marque de confiance, faut-il considérer l'abstention comme un signe de défiance ?

    Un peu facile les gars.

    Sarkozy avait déçu, on a essayé Hollande.

    Hollande déçoit, on reste chez soi. Municipales ou pas. Ah ! y vont voir ça comme on s'en fout !

    Et après ? Ben il ne restera plus que les comptoirs pour râler en noyant son anisette de larmichettes même pas coupables.

     

    Que tous mes amis tricolohexagonaux se rassurent, je ne dis pas "les" Français, comme on dit trop souvent "les" médias. Il y a quand même plus de soixante pour cent qui ne se sont pas abstenus.

    Mais que ceux qui sont restés chez eux ne viennent plus nous éclabousser de leurs gargarismes franchouillards avec "la patrie de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen".

    Ils oublient que ces droits sont assortis de devoirs. Et que le suffrage universel n'est pas un droit acquis. C'est un trésor qui plonge au CAC 40 si on ne l'utilise pas.

    Ah ! c'est bien beau de courir les printemps arabes et les grands-places ukrainiennes en cocoriquant aux noms des démocraties retrouvées ! Mais si on n'est pas foutu de faire marcher la sienne. Celle de tous les jours. Celle qu'on oublie d'aimer à force de vivre avec...

     

    Et pendant que les abstentionnistes prennent l'apéro en remachouillant leurs rancœurs, les gars de la Marine, bien "gruppiert" se bougent le cul pour poursuivre leur grignotage conquérant.

    Il se dit que la Marine pourrait obliger ses électeurs à porter l'étoile noire à la boutonnière dans les villes conquises. Des stickers "Jeanne d'Arc", pour les vitrines des commerçants pro-FN, seraient d'ailleurs à l'impression. 

     

    Presque chaque jour, à midi-trente, j'écoute "Carnets de campagne" sur France Inter. "C'est l'heure !". Une émission qui, département par département, révèle les initiatives citoyennes en matière d'économie locale, de circuits courts, de culture, d'entre-aide, de patrimoine, … Bien que je ne sois absolument pas concerné par cette moisson quotidienne d'initiatives, j'écoute cela comme on boirait de l'eau fraîche en regardant "pousser" son jardin. Quel maillage humain, quelle solidarité, quelle créativité citoyenne. On découvre là des gens qui votent tous les jours avec leur tête et leur cœur pour faire avancer la France. Une France qui n'est pas du tout bipolaire. Ni condamnée à une alternance stérile par un type de scrutin schizophrène. Une France aux idées retroussées sur des bras vaillants. Et tout sauf résignés.

     

    Ah ! Oui ! Si, sur Google, vous tapez Elections France 2014, et que vous cliquez sur "images", vous aurez droit (de l'homme et du citoyen !) à la collection complète des candidates au titre de Miss France 2014. Tout un symbole.

     

    Ceci dit je ne me fais pas d'illusions sur le civisme de mes compatriotes. En effet, si le vote n'était pas obligatoire en Belgique… J'ose même pas y penser. Suffit de voir la progression du nombre de bulletins nuls. Nuls ! C'est bien le mot. 

    Et un ex-joueur de foot, dernière recrue du Parti Populaire, cette espèce de FN à la belge, de nous mettre en garde en se présentant : "… je ne veux pas me résoudre à voter blanc, je suis catholique mais pas CdH, libéral mais pas MR, social mais pas PS, écologiste mais pas Ecolo." Normal quand on a un président qui déclare n'être ni de gauche, ni de droite. Mais simplement de "bon sens". C'est à dire : "Ceux qui veulent la charia et se servir au buffet de la sécurité sociale n'ont rien à faire dans ce pays." Poing !

    Et croyez moi, les "boffies" * et ceux qui pensent vraiment comme lui iront voter et ne voteront pas blanc.

    Comme quoi, il arrive un jour où voter blanc comme s'abstenir, revient à voter noir.

     

    * De "bof !". C'est nouveau, ça vient de sortir.

     

  • Un air de départ

     

    "Comptez en moyenne vingt minutes pour la cérémonie. Témoignages, lectures, musiques, tout compris. Pour certains cas exceptionnels, on peut évidemment faire plus long. Mais, vous comprendrez qu'on ne peut pas bouleverser un timing serré et faire trop attendre les suivants…"

    La gentille dame en chemisier et tailleur chic et tout, met fin au questions-réponses qui clôt la visite de la journée "Portes ouvertes" au crématorium de Court-Saint-Étienne. Nous étions là par curiosité, peut-être aussi pour nous assurer que tout soit opérationnel. Pour être sûrs que, le jour venu, rien de fâcheux ne se produise.

    Un peu comme un taurillon charolais en visite guidée chez Téfal.

    Ben oui ! C'est de là que, normalement, -oserait-on dire : "Si tout va bien" ?- un jour ou l'autre s'élèvera un petit nuage anonyme qui correspondra aux kilos superflus que nous aurons mis une bonne moitié de vie à tenter de perdre.

     

    Vingt minutes a dit la dame !

    Pour les cathos comme pour les mécréants ! Ô inégalité fidèle qui nous poursuivra jusque dans les ultimes moments.

    Même s'ils ne pratiquent plus assidûment -en dehors des enterrements et des mariages-, les non-débaptisés auront pourtant déjà eu droit à leur cérémonie "tremplin pour la félicité de l'au-delà", tenue à l'église paroissiale. Avec orgues, lectures d'intentions, épître de saint Paul aux chrétiens de Corinthe (1) et défilé circum-cercueillaire. De quoi souvent rendre superfétatoire la petite fiesta pré-crématoire du retour à la poussière. Que nous étions et que, apparemment, nous resterons. Tout ça pour ça, donc in fine.

     

    Il me souvient d'une messe d'enterrement d'un ex-joyeux luron de mes connaissances. Le public présent à l'église avait déjà "mis de l'ordre à ses cheveux, et un peu plus de noir sur ses yeux" grâce à "Il venait d'avoir dix-huit ans" par Dalida herself; il avait larmoyé sur "Mon vieux" par Daniel Guichard, avant de clôturer sur "La bande à Jojo" de Jo Dassin.  Tout se passait bien jusqu'à l'arrivée au crématorium où la famille remarqua qu'elle avait complètement zappé la "seconde" petite fête.  Un peu gênés quand même, ils refilèrent donc en vitesse le CD prévu pour l'église au grand maître des cendres, et nous eûmes droit au second service funèbre. Mais sans lectures. Rien que les trois chansons en redif' à la queue leu-leu : Dalida, Guichard, Dassin.  Séparés par, à peine, un petit blanc (qui, soit dit en passant aurait bien fait plaisir au défunt). Dans un silence qui était tout sauf recueilli, nous nous observions du coin de l'œil.

    C'est fou ce qui peut vous passer par la tête dans ces cas-là. Les émois turgescents d'un premier slow crapuleux. Une ou deux mémorables veilles et leurs lendemains assortis. Les visages de tous les proches qui ont sauté la flaque à mains jointes. Et qui ne sont plus là pour nous dire de faire attention. Et inévitablement : "Qu'est-ce qu'ils vont bien pouvoir passer comme musique avant de m'enfourner ?". Et le corollaire : "Il serait temps que je leur prépare un CD au départ de mes listes de lecture iTunes." Au cas où …

     

    Et c'est là que tout commence ! Un exercice du même style que l'établissement d'un plan de table pour une grande occasion. À la seule différence qu'ici, on ne connaît vraiment pas les noms des invités !

     

    J'avais d'abord pensé à quelque chose de léger. "Cheek to cheek". Joue contre joue. Pas la puissante version d'Ella-Louis Fitzgerald-Amstrong, mais la version originale et dansante chantée par Fred Astaire à Ginger Rogers. "Heaven ! I'm in heaven !". Au paradis ! Je suis au paradis ! Very funny satanic third degree ! Et pour suivre, chers auditeurs : "Over the rainbow" interprétée par Melody Gardot. Un bon subsitut à l'originel de Judy Garland dans "Le magicien d'Oz".

    On pourrait aussi leur infliger "Les vieux" de Brel Jacques, mais vu leur âge, certains pourraient mal le prendre. Surtout si l'on enchaîne avec "Mourir, la belle affaire ! Mais vieillir…"

    Non. Vivre fâchés c'est déjà pas facile. Mais mourir brouillés… Oublions.

    On pourrait se la jouer prétentieuse avec la marche d'ouverture de la symphonie N° 5 de Mahler et un des Madrigali Amorosi de Claudio Monteverdi, le 3, par exemple. Mais 11'44 + 3'43, ça fait déjà un quart d'heure de bouffé. Trop long. Dommage, ça avait de la gueule.

    Et si on cochait le slow du jour où l'on s'est rencontrés ? "Il silenzio", à la trompette par Nini Rosso. Avec "notre" chanson : "La bohème", d'Aznavour. Non, pas un bon plan… pour "que celui qui reste se retrouve en enfer".

    On pourrait, pourquoi pas ?, se la faire côquine avec "Sous les jupes de filles" de Souchon. Et d'enchaîner avec "La robe & l'échelle" de Cabrel. Why not ? À retenir, quitte à passer définitivement pour un obsédé textuel. 

    Pour faire sérieux, j'avais pensé aussi à un duo de choc. Ferré avec "Est-ce ainsi que les hommes vivent ?" et  "Quand les hommes vivrons d'amour" par les trio Leclerc, Charlebois et Vigneault. On verra…

    Dans le style minimaliste, j'aimais bien aussi l'idée de deux mélodies des Beatles en fingerpicking à la guitare par notre Binchois, Antoine Goudeseune : "Across the universe" (pour le symbole) et "Penny Lane" (comme ça, pour rien de particulier).

    Mais, en fin de course, ma préférence actuelle semble se fixer sur "Des ronds dans l'eau". Les jolies paroles de Pierre Barouh et la voix de Françoise Hardy. Hein ? Pas mal pour " l'idiot de son village qui lui est resté là à faire des ronds dans l'eau…".

    Et, pour précéder l'évaporation finale, "Nuages" de Django Reinhardt, "in live", à la guitare manouche de Séba Bodard. Wow ! 

     

    Bon, maintenant que vous savez tout ça, démerdez-vous. Je ne veux plus en entendre parler avant… Enfin, le plus tard du dignement possible.

     

    À la relecture, si l'on enlève le crématorium et tout le saint tremblement qui va avec, en mettant tous ces airs sur liste de lecture, je sens que je vais me taper un concert du tonnerre ! Là, tout de suite !

     

    Ceci étant dit, je vais bien ce matin. À part ces saloperies de grains de pollen de bouleau qui se dispersent avec un mois d'avance et me forcent à oublier les activités de plein air. Mesure de confinement et tous aux abris.

     

     

    (1) Épaule de saint Pître aux raisins de Corinthe. Merci Phèlèppe !

     

  • Confiance

    "Aie confiance ! " (Kaa à Mowgli, in Jungle Book)

     "Aïe ! Confiance !" (Snowden à Wikileaks, in Everyday Jungle Life)

    Un exemple.

    " Selon André Antoine, le ministre wallon en charge du Budget, la dette à long terme de la Région wallonne atteignait 6,25 milliards d’euros. La cour des comptes arrive à un tout autre montant puisqu’elle annonce une dette de 11,237 milliards d’euros."

    Qui des deux a raison ?

    Le cher téléspectateur-auditeur-lecteur-électeur aura assisté à cette guéguerre de méthodes de calcul entre les "esperts-spécialisses" du cabinet du ministre et les réputés purs intouchables d'un des plus hauts organes de contrôle de notre démocratie. Et cela, en fin de compte, sans savoir où se trouve la vérité. 

    Mais putain de bambouphage bicolore ! Une différence de 5 milliards, d'euros qui plus est, c'est pas du caca de panda ça !

    Et la presse a joué son rôle de caisse de résonance en amplifiant les bruits du combat. Sans prendre parti. Et puis elle a oublié de nous dire en quels chiffres il nous fallait croire.

    Croire ! Nous y voici.

    La cour de comptes nous a fait croire que le ministre nous mentait.

    Le ministre a voulu nous faire croire que la cour des comptes penchait du côté de l'opposition.

    Les sources -pas très bien informées- ont cru bon de nous laisser nous démerder avec notre libre arbitre.

    Le public a jeté le gant après s'être laissé enfumer par les détails techniques des nébuleuses interprétations comptables qu'on lui proposait. 

    Résultat des courses : s'il semble normal que l'homo -déjà si peu- sapiens, perde encore un peu plus du peu confiance qu'il accordait encore au politique, sa marge de crédulité s'érode aussi à l'égard d'une instance sensée représenter l'arbitrage suprême. Mais aussi, et c'est grave, à l'égard du rôle de contre-pouvoir qui devait être joué par la presse.

    Ainsi pour une simple question de calcul on remue la couche de méfiance latente d'une population déjà déçue pour en extraire des vapeurs nocives aux parfums d'embrouilles, de magouilles et d'affaires puantes.

    Et panda ce temps-là, dès que le soleil se couche, le bon peuple se presse par centaines dans les rues d'un petit village des Fagnes pour tenter de percevoir la luminescence émise par la statue d'une vierge de plâtre ébréché.

    Et à l'autre bout du pays, un autre bon peuple se fend la poire devant un gugusse déguisé en ailuropoda melanoleuca (1). Non seulement rigole, pose son "bolleke" pour applaudir, mais s'apprête à voter massivement pour lui.

    Hélas, la crédulité, et -paradoxalement- la propension à la méfiance du bon peuple sont sans limites.

    Mais qu'on ne s'y trompe pas. Ce compost de rumeurs prêtes à gober, de promesses inchiffrées et inchiffrables (2), cette lie de méfiance latente, cette soif de croyances faciles, ce besoin de simple noir sur blanc, font le lit des prophètes qui agitent les oripeaux du malheur tout en faisant scintiller les paillettes d'un bonheur pas compliqué à comprendre, à portée de vote.

    Populistes de gauche ou de droite ont un boulevard devant eux pour grignoter -ou mordre à pleine gueule- dans les généreuses parts d'incertitude que les partis "démocratiques" ont laissé lever à coup de levains électoralistes et d'oppositions systématiques et partisanes. 

    Confiance, denrée fragile et capricieuse.

    Chèque en blanc du suffrageur universel.

    Bouture d'une fleur d'esprit qui n'aime pas les semelles des bottes. 

    Petite plante annuelle assoiffée de vérité.

    Qui penche à gauche ou à droite suivant les vents des promesses à tenir.

    Sensible aux engrais comme aux herbicides de la marque "Snowden-Wikileaks".

    Et qui se laisse raser gratis par les tondeuses poutiniennes, obamesques ou sarkozystes.

    "Allez, brave petit Belge. Rougit bien le petit rond blanc dans le carré noir devant mon nom ! "

    " C'est ça ! Oui, oui ! On dirait un petit panda hein !"

    "Aie confiance, petit d'homme, foi de serpent !"

     

    (1) melanoleuca, en latin, signifie "noir-et-blanc".

    (2) De la couverture du ring de Bruxelles par Reynders, aux repas gratuits dans les écoles de Magnette.

     
  • Carnets du 26e Festival du Cinéma Belge de Moustier-sur-Sambre (fin)

    Festival local, convivial, et fier de l'être.

    Un coup d'œil au public de Moustier suffit pour se rendre compte que, sans ce festival, beaucoup de personnes ne mettraient jamais les pieds dans une salle traditionnelle. Ce sont des gens du coin qui viennent s'asseoir parce que le cinéma vient à eux. Chez eux. Et qui plus est, le cinéma belge, dont les œuvres, souvent trop confidentielles et victimes d'une diffusion frileuse, ne restent pas suffisamment à l'affiche pour bénéficier d'un bouche à oreille convaincant.

    Merci donc à Yves Tock et à Claude Leclercq pour leur endurance (26e édition) et leur enthousiasme qui se communique aux réalisateurs et comédiens, souvent présents avant et après la projection. Chez les pros, la réputation de Moustier n'est plus à refaire.

    D'ores et déjà, rendez-vous début mars 2015. 

    http://cinemabelge.be/historique/

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    15 mars

    "Marina"

    Grand moment, grand frisson, dont le Festival de Moustier a le secret. Après la projection du film de Stijn Coninx ("Daens" et "Sœur Sourire"), le vrai Rocco Granata, entre avec son accordéon en chantant "Marina". Du haut de ses 75 ans, celui qui a échappé de justesse aux charbonnages du Limbourg, celui dont la jeunesse d'immigré italien en terre néerlandophone a inspiré le film, active les muscles horripilateurs d'un public ému aux larmes. Le questions-réponses qui suivra se déroulera en italien, en flamand et en français. Les anciens des charbonnages sont venus nombreux. Ambiance. Et oui ! Une soirée mémorabilissime à 6 € ! Merci Moustier.

     

    Pour entendre Rocco Granata : http://www.jukebox.fr/rocco-granata/

    Pour voir la bande annonce du film : http://www.marinafilm.be/fr/home/

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    16 mars

    "Belgian waffel in red yellow and black"

    Réalisé par Ymel Kirtap, écrit par Patrick Lemy, ce court métrage qui résume la réelle probabilité d'une existence non-virtuelle de la Belgique a été tourné à "La fleur en papier doré", café historique bruxellois, lieu de rendez-vous des surréalistes du temps de Magritte, Mariën et Scutenaire. Un symbole ? Un touriste "black-US made" tente de déguster un gaufre chantilly ascendant dame blanche (Black), à côté d'un wallon qui boit une kriek (Rouge) et d'une afro-néerlandophone qui se goinfre de frites-mayonnaise (Jaune). Barroquissimo. Belgissimo. Un magnifique échantillon d'un savoir-faire prometteur.

     

    Patrick Lemy travaille actuellement sur un autre court : "La mousse verte" : http://fightcutasbl.be/synopsis_M_V.php

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    "Je suis supporter du Standard"

     

    De (et avec) Riton Liebman, et avec aussi une toute bonne Léa Drucker, ce portait d'un moniteur d'auto-école juif non pratiquant et "fouto-dépendant" se révèle délirant. Film d'amour, frôlant parfois le tragique, cette comédie-documentaire fait exploser l'irréalité dans laquelle certains supporters sont condamnés à vivre pour subir une véritable appartenance à leur club. Le parallèle avec le programme de rétablissement des Alcooliques Anonymes est saisissant de vérité. Si certains s'y reconnaissent, il est grand temps pour eux de consulter…

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    "Vijay and I"

     

    Réalisé par Sam Gabarski  qui a présidé l'agence de pub Gabarski pendant 27 ans. Ce Belge, s'était déjà révélé avec "Irina Palm", la magique main branleuse de peep-show, interprétée par une surprenante Marianne Faithfull.

    Il propose ici une comédie basée sur le classique du mort pas mort qui assiste à son enterrement et qui veut reséduire une épouse fausse veuve désenchantée en se faisant passer pour un autre. Vous avez suivi ? Assaisonné à la sauce sihk, le film provoque une réflexion salutaire sur une certaine forme de vie après la mort. Evidemment, faut creuser un peu par-delà les situations quiproquesques inévitables à ce genre de faux triangle amoureux. Un superbe double-face de l'acteur Moritz Bleibtreu. Et (presque) toutes les facettes de Patricia Arquette.

     

    Pour connaître les films à l'affiche dans votre région :

    http://www.cinebel.be/fr/

     

     

  • Carnets du 26e Festival du Cinéma Belge de Moustier-sur-Sambre (2)

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    13 mars

     

    "Les rayures du zèbre"

     

    " Dans "Les rayures du zèbre", comédie du Belge Benoît Mariage, Benoît Poelvoorde  compose un inoubliable José. Peut-être son meilleur rôle, sinon son meilleur film."

    Ce n'est pas moi qui l'écrit, mais bien "Le nouvel observateur". Pourtant si le film marche bien en Belgique, plus de 60.000 entrées, il est boudé en France. Un flop que ni le présentateur, ni Benoît Mariage, ni les producteurs qui l'entouraient à Moustier, n'ont jugé bon d'évoquer. 

    C'est un Benoît Mariage épuisé, en fin de parcours promo, qui est venu présenter sa "fable". On sent qu'il a du documentaire africain déjà plein ses bagages. Même si le résultat est brutal, le regard qu'il pose sur l'Afrique témoigne d'une extrême tendresse. Poelvoorde, c'est Raymond Goethals réincarné en recruteur de "perles noires" pour clubs de foot. Ici en Côte d'Ivoire pour le Sporting de Charleroi.

    Comédie ? Certes ! Mais pas grosse farce. Et certains spectateurs n'ont pas aimé.

    Quand on leur avait dit foot+Charleroi+Poelvoorde+Afrique, ils s'attendaient vraisemblablement à un partie de rigolade au premier degré sur l'échelle zygomatriste.

    Le film vole plus haut. Très plus haut même.

    En Belgique, où le passé colonial reste présent dans beaucoup de mémoires, le sous-entendu de sa comédie grinçante est compris – et savouré – par une majorité de spectateurs.

    En France, le rapport historique à l’Afrique est totalement différent, et on ne sait pas une fois rire avec un sujet aussi sensible. L’exploitation de sportifs africains n’est pas forcément bien comprise. Benoît Poelvoorde s'est même fait taxer de racisme par des journalistes qui n’avaient visiblement pas saisi les différents degrés de lecture du film.

    Et la proximité de sortie avec "Le crocodile du Botswanga", une très mauvaise farce sur le foot, l'Afrique et la France, a fait le reste. Mauvais timing.

    Bref, il est très probable que ce qui nous fait rire dans "Les Rayures" est totalement insaisissable pour le spectateur basique en France. Ce qui explique sans doute le score carton-rouge du film en salles... 28.000 entrées la première semaine. Dommage.

    Perles : à propos de trouver des filles d'Afrique pas farouches, un Ivoirien dit à Poelvoorde : "Un vieil éléphant sait toujours où trouver de l'eau." Et Benoît de répondre : "Avec sa trompe !". Et ça, dit Mariage, c'était pas écrit. De la pure impro à la Ben.

    Enfin, Mariage a évoqué une autre Belgique à deux vitesses : " Pour tourner dix jours à Charleroi, il suffit de deux heures de réunion. Pour tourner deux heures à Anderlecht, il faut dix jours de réunions."

    Courez vite voir le film tant qu'il est encore à l'affiche.

     

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    14 mars

    "Violette"

    Martin Provost s'attaque une fois de plus à la biographie d'une "pas connue".

    Violette Leduc, une femme en guerre, contre elle et contre tout, qui se noie dans la passion de l'écriture. Et la recherche passionnée de la reconnaissance en guise de thérapie. 

    Elle ose écrire crument sur la sexualité des femmes à une époque où il était interdit, même pour un écrivain mâle, d'appeler une chatte une chatte. Sous peine de se faire taxer de pornographie. Alors, pensez ! Qu'une femme ose se glisser le doigt sur la couture sensible du littérairement prêt à porter…

    Ecorchée par son passé de bâtarde, dans le Paris du marché noir, elle rencontre Simone de Beauvoir et Jean Genet, qui l'encouragent, la soutiennent et la font éditer chez Gallimard. Violette-Emmanuelle Devos et Simone de Beauvoir-Sandrine Kiberlain éclaboussent le film de leur juste jeu. Ceux qui ont aimé "Séraphine" se sentiront à l'aise de cet anti-biopic, où Olivier Gourmet tient sobrement un rôle de parfumeur-mécène-homo. 

    Le récit s'écoule sans heurt grâce à une écriture cinématographique fluide qui ne retient que l'essentiel. Un photographie tellement belle que l'on souhaiterait parfois avoir une zapette en main pour arrêter l'image.

     

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                                          La "vraie" Violette Leduc.

  • Carnets du 26e Festival du Cinéma Belge de Moustier-sur-Sambre

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    12 mars

     

    "Les âmes de papiers"

     

    Pitch : un veuf et une veuve (et leurs défunts) qui font ménage à quatre.

     

    Pensée : Après que Julie Gayet ait roulé une pelle à Stéphane Guillon,  

    je crois qu'il a dû penser à un truc du genre : "La pub ne ment pas. Le vieux hollande a vraiment du goût !"

     

    Dans l'après-film, Vincent Lannoo, confiait : 

    "La révélation de la liaison Gayet-Hollande m'a fait perdre beaucoup de temps, parce que les médias me harcelaient de questions auxquelles je n'avais rien à répondre. Sur le tournage, j'avais bien remarqué ce livreur de pizza en scooter qui venait livrer quatre ou cinq fois par jour. Il n'enlevait jamais son casque. Il avait toujours un mot gentil. Je parlais de tout et de rien avec lui, comme je le fais naturellement avec les gens. Si j'avais su ! … Hé ! Je blague ! C'est faux ! …"

     

    * Le réalisateur Vincent Lannoo et l'auteur (et) scénariste François Uzan avaient prévu un autre titre : "Six pieds sur terre".

    * Les premiers rôles devaient être interprétés par Laura Smet et Nicolas Bedos.

    * Vincent Lannoo avait demandé à son scénariste (qui avait aussi écrit l'histoire) d'être présent chaque jour sur le tournage.

     

    http://www.cinevox.be/les-ames-papier-y-aura-t-il-neige-noel/

  • Deux dents contre...

    "Dans les écoles "pas chics", les profs ont des élèves difficiles.

    Dans les écoles "chics", les profs ont des parents difficiles."

     

     

    Que ceux qui pensent que j'ai une dent contre le JT-RTBF se rassurent.

    Ils ont raison.

    Un rayon de soleil hâtif et on envoie une équipe à la mer pour nous faire participer au scoop du jour : il fait beau, mais l'eau est encore fraîche ! Point. Comme si le bulletin météo ne suffisait pas.

    Heureusement que cette séquence nous a quand même aussi appris qu'à la mer il y avait du sable à châteaux, des "cuistax" à pédales, des moules à frites, des crevettes à croquettes et des cornets à crème glacée. Ça c'est de l'info !

    Mais pas un mot sur les futurs et inévitables bouchons du retour.

    Une fois les clichés rangés dans la boîte à gants.

    À titre de comparaison, Le Soir s'est contenté d'un communiqué Belga de huit lignes.

    Et une autre dépêche Belga de neuf lignes pour nous dire que les sauts en parachute avaient repris à Temploux, alors que le JT y consacrait une longue et vide séquence à but lacrymogène avorté.

    Ne venez pas me dire qu'il faut bien remplir le journal. Ce ne sont pas les bons sujets qui manquent. Mais bon, c'est tellement plus facile de suivre les saisons et leurs sujets qui ne mangent pas de pain, et qui ne fâchent personne. (Quoique !)

    En revanche, on vous résume un débat politique d'une heure en une minute dans une séquence où pour comprendre il faudrait avoir vu le débat. Logique non ? "Tu coupes où ? N'importe où coco ! Du moment qu'ils sont tous cités, le reste c'est comme tu le sens..."

    On dirait que le JT, c'est le terrain de jeux des petits nouveaux "à toutes les sauces". Les grosses têtes, se réservant les émissions "plus nobles".

    Faut dire aussi qu'il faut bien occuper la pléthore de journalistes du JT, dont certains anciens ne sortent de leurs "bureau d'études" que de rares fois sur l'année.

    Il serait instructif de comparer les effectifs (pigistes et effectifs) RTBéens avec ceux de RTL.

    Qui peut me fournir ces chiffres introuvables sur le net ?

    Les mauvaises langues disent pourtant qu'il y a toujours et encore des abonnés à la permanence du week-end et qui "récupèrent" pendant la semaine. Mais ce sont des mauvaises langues. Ceci étant, leur présence le week-end passe tout aussi inaperçue que leur absence en semaine. Cool. Coule douce… Mais attention danger ! Service public pas toucher !

     

    Que ceux qui pensent que j'ai une dent contre le MR de Charles Michel se rassurent.

    Ils ont raison aussi.

    Le grand bleu, fruit des amours de la "blanke doreye" (1) de Jodoigne et de la "tarte au stofé" (2) de Wavre, a déclaré : "Nous ne participerons pas au prochain gouvernement si le décret inscriptions n'est pas purement et simplement supprimé." Punt aan de lijn (fourni gracieusement par La N-VA).

    Donc, comme le but de ce décret est depuis toujours de favoriser la mixité sociale dans les écoles, la conclusion est simple : le MR préfère les ghettos. 

    Tout comme les adversaires acharnés -certains parents et directeurs de certaines écoles- qui préfèrent que leurs chères petites têtes blondes ne ramassent pas les poux des suspectes petites têtes brunes.

    Pas étonnant que la longueur d'onde de cette Wallonie bleue corresponde à celle d'une certaine Flandre.

    S'il ne fallait qu'une définition des vrais enjeux de la campagne, c'est par ce bout qu'il faudrait commencer à chercher.

    Parti pris ? Certes, mais surtout pas celui-là !

     

     

    (1) Tarte au fromage de Jodoigne : http://www.hesbayebrabanconne.be/spip.php?article1136

    (2) Tarte au fromage de Wavre : http://www.confreriedustofe.be/notre-produit/

  • JT. Je T'aime, moi non plus.

    Mercredi passé, les chers téléspectateurs des JT-RTBF l'ont échappé belle. Ils n'ont pas eu droit à un reportage en direct de Binche sur le nettoyage des rues après le carnaval.

    J'aime le carnaval, sa signification, son côté enraciné, irrationnel. Mais voir, pour la Xième année consécutive, l'envoyé spécial de service bouffer des confettis en direct, non merci. Mais qu'est-ce qu'on apprend donc aux aspirants journalistes télé avant de les lancer, diplôme pas encore sec en poche, sur le terrain ?

    " Dis donc, quand tu sais pas quoi poser comme question, tu demandes au preneur de son. Lui, il a l'habitude !". 

    Et pour les micro-trottoirs ? "Bah ! Quand le preneur de son aura assez de matière, il te le dira !". 

    Dès lors, on a droit à des questions qui, invariablement visent à obtenir la même réponse : "Paske cè super !".  "Et pourquoi tu aimes lancer des confettis ?" "Ça vous fait quoi de vous promener quand il fait beau ?" "Et pourquoi tu es venu voir les pandas aujourd'hui ?"

    Et ceci dans le meilleur des cas. Sinon, l'interviewer de service a plutôt tendance à poser une question bateau dont la réponse est obligatoirement oui. Surtout aux enfants. Du style : "Est-ce que c'est gai de jouer dans le sable à la mer quand il fait beau ?"

    Ne parlons même pas de ce que nous avons subi hier. Au treize heures comme au 19.30. Dix choses à ne pas manquer quand il fait beau ! Et vazy que je t'enfile un short sans enlever mes chaussettes de ville. Et vazy que : "Et n'oublions pas de ressortir nos lunettes de soleil qui n'ont plus servi depuis un an. Et vazy que je gonfle les pneus d'un VTT, que je me couche sur le gazon, que je brosse la grille du BBQ, que je mange une glace, suivie d'une crasse pinte, beurk !… Télévision de service public, tu mérites mieux que ça !

     

    Vous me direz : "Mais pourquoi te ronges-tu la rate à regarder ce genre de truc ?"

    OK. Le soir, je ne regarde pas. Je mets le casque sans fil et "j'écoute" le JT en cuisinant. Eh ben ! Le JT, quelques images choc mises à part, c'est tout juste un JP d'une demi-heure. Parce que les images… Une main qui allume le gaz sous une casserole, quand le prix du gaz augmente ou diminue. Idem avec l'éternelle station-service ou le même livreur de mazout, quand le pétrole éternue. Ou ces images merdiques et tremblantes, à peine regardables, provenant d'un iPhone anonyme sur pied de guerre…

    Pour le reste, c'est de la radio !

     

    Nathalie, la femme-tronc : "Nous allons rejoindre, en direct, Rachel Crivellaro qui est sur place, au 16 rue de la Loi, où se tient pour, le moment, une réunion capitale du Kern, à propos de la très contestée réforme fiscale."

    La journaliste : "Tout à fait, Nathalie, à l'heure où je vous parle, là, tout juste derrière moi, se tient une délicate réunion, sous haute tension, à propos de la réforme fiscale. J'ai à mes côtés, un des acteurs clé de cette nouvelle législation à qui je vais demander où en sont les travaux. - Monsieur le ministre bonjour ! Alors, où en sont les travaux ?" 

    Le ministre : " Ben écoutez, cette réforme fiscale étant capitale pour l'avenir du pays, vous comprendrez que, vu l'importance des enjeux, tant économiques que politiques, je ne puisse vous dévoiler le contenu de ces négociations…" Etc.

    La journaliste : "Comme vous venez de l'entendre, Nathalie, vu l'importance des enjeux, on comprendra que le ministre se montre discret afin de ne pas hypothéquer les chances d'un accord qui semble, à l'heure où je vous parle, toujours possible."

    Nathalie : "C'était Rachel Crivellaro qui, rappelons-le, était en direct du 16 rue de la Loi, où se tient à l'heure où je vous parle, une réunion capitale pour l'avenir de nos impôts. Il va de soi que si vous avez du nouveau, Rachel, vous intervenez quand vous voulez."

    Tout ça (une journaliste, un cameraman, un preneur de son, une voiture de captation, un chauffeur) pour ça !

     

    Et ces femmes-troncs qui veulent jouer les tigresses dès qu'elles peuvent se faire un invité en direct sur le plateau. Ah ! Le langage corporel. Regardez-les comme elles essayent de jouer les méchantes. Même la douce Véronique Barbier n'échappe pas au phénomène. Faut dire que l'occasion est rare, pour une fois qu'elles n'ont pas les yeux fixés sur le prompteur… Idem pour les hommes-troncs qui cuisinent à feux croisés les candidats des prochains scrutins. En s'amusant surtout à poser des questions embarrassantes et à couper le sifflet du gars en plein milieu de réponse. "Allez ! On se fait Nollet aujourd'hui !"

    Hé, De Brigode et consorts, vous êtes à la télé ! Pas sur votre égo-page Facebook ! Ici, c'est service public, pas service-volée !

     

    En parlant de prompteur, mieux vaut qu'il ou elle ne s'en éloigne pas trop. Paske alors, pour l'impro c'est la cata. Avec des "Euh !" gros comme des pages de pub sur RTL.

    Et pour les clichés ! Y a-t-il un cours "Comment placer un lieu commun dans un JT ?" à l'IHECS ?

    Délivrez-nous des tensions palpables; véritables ovations-hécatombes-boucheries-féeries; précieux sésames; nids douillets; des savoir-faire qui se transmettent de génération en génération; des "bonne fois pour toutes"; des "c'est magique !" à propos de tout, et surtout de rien…

    Sans compter les fôtes du style "lui aussi il n'est pas", "elle n'est pas prête de…", "les vestiges mis à jour", les "tout le monde sur le même pied d'égalité", la "longue saga", "complètement bondé", "il s'isole seul en tête", "en se faisant passer pour de faux chauffeurs de taxis" (sic !),…

    Et l'émotion à tout prix ! Comme la petite Scouflaire qui voulait absolument arracher des larmes à un parachutiste à Temploux. Raté cocotte !

    Enfin, terminons sur une bonne nouvelle ! Les "tirs décroisés" ont presque été éradiqués du vocabulaire footbalistique. Normal : croisé c'est oblique ! Décroisé : c'est tout droit !

    Allez zou ! Je crois que je ferais bien de suivre les dix conseils du gars d'hier.

    Quoique … Mon stylo a éliminé sa bile et je me sens déjà mieux .

     

     

     

     

     

  • Reflets impressionnistes

    Le Costa Concordia en 2008 à Katakolon,  maisons à Honfleur, pêcheurs en bord de Meuse, port vendéen, l'Aa à Petit-Fort-Philippe, et autres reflets aquatiques.

    Une fantaisie impressionniste.