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  • Le vert dans le fruit

    Le petit perce-neige de Decroly pointe sa verdure par la bande !

    C'est pas un signe, ça ? Très, très avant-coureur, certes, mais un signe quand même.

     

    Toujours dans Le Soir today. Un article à la une annonce que la Belgique est la dernière de la classe européenne en matière de taxes "vertes". Pollueur/payeur. Pigé ?

    Dans le même journal, Éric Deffet dénonce le trop de taxes sur l'électricité, dû aux certificats verts, qui plombe les coûts des entreprises belges (surtout wallonnes).

    Y a pas quelque chose qui cloche, là ? Pas assez ou trop de taxes ? Faudrait savoir. Y doit y avoir encore un truc. Une vis cachée tombée du camion ?

    À Mornimont (Basse-Sambre), because le succès du photovoltaïque, quand il y a trop de soleil, les éoliennes se bloquent. Même s'il y a du vent.

    Et là ? Rien d'illogique ?

    Mettez-vous à la place du citoyen à qui l'on demande de se montrer écologiquement responsable. Sûr qu'il vous enverra au compost.

    Sauvons la planète ! Presque tout le monde est pour. Mais sauvons-là comment ? Là, ça coince.

    Écolo, le parti, agace. Et pour 2014, il semble mal barré.

    Se faire traiter d'emmerdeur d'Écolo, devient une insulte banalisée. 

    Il a suffit de supprimer un grand prix de Spa, pour cause d'interdiction de pub tabagique, pour que le parti perde les élections. Au nom des retombées sur l'économie locale et de la "vitrine" pour la Wallonie ! 

    Retombées ! Ouiche ! 

    Des hôteliers qui doublent leurs tarifs. Des privés qui font leur beurre en transformant leur prairie en parking de luxe. 

    Vitrine wallonne ? Même par moyen de boire une "Jup" sur le circuit trusté par la Foster, bière australienne d' Ecclestone ! Berni(e)que Tchantchès !

    Sans compter ce que la Région sort de sa poche pour combler le déficit de l'organisation. C'est vrai que " le plus beau circuit du monde " est l'élément clé du plan Marshall "Sauvons l'emploi quater" !

    Calmons-nous.

    Sauvons la planète, mais sans prononcer le mot "écologie". Voilà la solution.

    Débaptisons "Écolo" en n'importe quoi. "Planète+", par exemple. 

    Déverdissons-le.

    Un ciel de Magritte, avec quelques cumulus et un bleu pas trop MR, quand même.

    Mais conservons la philosophie. Le message. Le caillou dans la chaussure.

    Sans l'aiguillon d'Écolo, et des autres "verts" d'Europe, les partis traditionnels n'auraient pas été obligés d'inscrire l'écologie positive à leur programme. Et beaucoup de projets polluants et non durables seraient passés comme lettres à Bpost.

    Mais les "verts" ont plus que le mérite d'exister. Ils ont celui de résister.

    À la bêtise. À la cupidité. Au tout tout de suite. À l'électoralisme.

    Même la croissance a besoin de vert dans ses fruits.

     

     

     

  • Chroniques du vieux cerisier

    Depuis 2009, par la fenêtre de la cuisine, je l'observe.

    Lui, fait mine de m'ignorer.

    Mon vieux cerisier n'a pas besoin de moi pour exister.

    Je regarde les saisons passer sur son grand âge.

    J'écris de temps en temps.

    Voici.

     

    Octobre 

     

    IMG_8277.jpgHier, le pelage vaguement chlorophylle de mon vieux cerisier

    avait commencé à s'émailler de paille.

    Un peu comme si l'impressionniste daltonien, chargé de son portrait,

    s'était mélangé les pinceaux en donnant quelque

    touche finale, maladroite et imprévue, à ce parasol camaïeusement verdurien.

     

    La métamorphose est décoiffante.

    Dans la douceur langoureuse d'un automne

    qui se dessine enfin sur les crêtes des bois,

    le vieux cerisier passe du vert au jaune une feuille à la fois

     

    L'automne serait-il d'abord une maladie sylvo-vasculaire ?

    Et non un simple refroidissement saisonnier ?

    Et l'athérosclérose du cerisier une maladie annuelle ?

     

    Mi-octobre

     

    Ce qui se passe à l'intérieur se voit à l'extérieur.

    Dans son reflux frileux vers les racines, la sève abandonne

    la partie. Épuisée comme un triathlète en fin de parcours.

    En se retirant, elle laisse à l'arbre le teint pâle

    d'un asiatique luminophobe. Hépatiquement résigné.

    Hypoglycémique et mélancolique.

     

    Et le soleil a beau jouer de ses rayons pour ménager

    d'érotiques transparences, on sait que la partie est jouée.

    Surtout que, de l'autre côté de la maison, le tilleul impudique,

    à demi-nu déjà, lui a montré précocement l'exemple.

     

    P1050540.jpgSur le gazon, tondu pour la dernière fois, le jaune des

    feuilles s'efface en une nuit. Ne laissant au matin que les carcasses

    rouillées et recroquevillées des victimes de la veille.

    Tapis. Je me couche. Le coup de poker a fait long feu.

    Mais on était prévenus. On savait

    que cette année encore ce serait la même chose.

    Quand l'heure d'être, d'été n'a plus que le nom.

    Et que le temps d'hiver pousse doucettement

    ses chocolats glacés dans l'entr'acte 

    doré qui voudrait avoir l'air d'avoir été indien.

     

    Novembre 

     

    Est-ce lui qui l’a laissé partir ?

    Ou elle qui lui a lâché la main ?

    La dernière feuille n’était plus là ce matin.

    Hier, elle étaient encore cinq. 

    Les traits tirés, le teint jauni, certes.

    Mais vibrant encore à chaque bourrasque. 

    Petites flammes pâlottes aux jours décomptés.

    Anorexiques mais plurielles.

    Une dernière danse mortelle.

    On ne saura jamais laquelle

    a lâché prise en dernier

    Sous le regard féroce des ampoules électriques,

    hypocrites, à l’heure du souper,

    derrière le rideau à carreaux.

     

    Décembre 

     

    P1050647.jpgL’entarteur a frappé cette nuit.

    C’est mon cerisier qui a morflé.

    Il s’est éveillé tout chantillysé.

    Meringué à la truelle.

    De cette belle crème pesante et ouateuse

    Qui ne résiste pas longtemps aux chaussons des mésanges.

    Et tombe silencieusement par paquets vaporeux,

    sans impact et sans tache,

    sur la nappe amidonnée du gazon endimanché.

     

    1er janvier 

     

    Impalpablement sucré par le givre de la nuit,

    le vieux cerisier prolonge son réveillon.

    Fêtard philosophe et figé, au smoking mal reboutonné,

    hésitant entre l’an qui vient et l’an passé.

    Perdu dans une rêverie surgelée,

    il chantonne sans bruit un air sans paroles

    aux rime oubliées.

    Sur son col verdi et ses épaules tombantes,

    les confettis glacés attendent pour scintiller

    les trop rares rayons d’un soleil fatigué,

    qui grassematine en fantasmant

    dans un ciel baldaquin

    ennuagé de gris.

     

    Février 

     

    IMG_8368.jpg


    Ce matin. A travers les vitres de la cuisine.

    Le vieux cerisier nu dégoulinait sous une averse.

    Triste et gris, le temps changea.

    Les dernières gouttes tobogantaient le long des branches descendantes.

    Une dernière halte tremblotante, à la pointe des rameaux.

    Un dernier instant suspendu pour ces larmes de pluie dont l'histoire se terminait.

    Un nuage à glissé dans une flaque. 

    Le soleil a éternué.

    Et le cerisier s'est allumé.

    Et les ampoules mouillées des gouttes tremblantes ont scintillé.

    C'était Noël en février.

    Certaines brillaient fixement de l'aveuglant éclat bleuté des phares de BMW.

    D'autres hésitaient entre l'argent et l'or.

    Quelques unes clignotaient franchement.

    Sous la régie changeante du soleil et du vent.

    Quelqu'un a effleuré l'interrupteur.

    Le soleil s'est emmitouflé.

    Le cerisier s'est éteint.

     

    Fin février 

     

    Nu, chenu, mais droit,

    comme un vieux naturiste protestant sur une plage de Zélande,

    l’arbre regarde le jardin barbouillé.

    Dissimulant mal sa gueule de bois de derrière ses fagots.

    La terre, débarrassée par le redoux de son cache-misère glacé,

    s’efforce de ne pas faire trop grise mine.

    Il s’en est fallu de peu

    que les perce-neige justifient, pour une fois, leur appellation

    rarement contrôlée.

    Sous le gazon les racines. Qu’on devine.

    Qui pourrait dire où se niche le cerveau d’un cerisier ?

    Qui décide ? Qui choisit le moment de relancer la danse ?

    Et s’il avait choisi de sauter une année.

    Ou s’il ne savait plus que c’est le moment.

    S’il était atteint d’un alzheimer végétal.

    S’il avait déjà oublié de nous prévenir, au dernier automne,

    que c’était vraiment sa dernière feuille morte qui avait pris sa dernière pelle.

     

    Mars

     

    Attendre que le premier bourgeon, la bouche en coeur, souffle la bulle de sa première fleur.

    Douter. Espérer. Le secouer pour l'éveiller. Ou attendre l'équinoxe et ses rafales ?

    Essayer de trouver au fond de son regard la cerise estivale de ses yeux.

    D’ausculter l’angoisse de sa sève.

    Pour se rassurer. Comme un aveugle qui caresse, du bout de sa canne,

    la bordure du chemin.

    Qui était là hier soir. Qui est là ce matin.

     

    21 mars

     

    Les petites boules de cuir rouge sombre, accrochées aux rameaux, ont changé d’air depuis hier.

    Cirées comme un pommeau de Bentley.  Turgescentes d’espoir. Durcies. Comme les bouts des seins des femmes épicées doivent l’être un jour d’alizé. Taquinés par la caresse d’un voile de lin blanc. On ne regarde plus l’arbre anémié. On n’a d’yeux que pour ces globules rouges qui disent que tout va bien. Que l’hiver n’a plus que sont derrière à montrer. Que l’arbre aura un nouvel été à noter sur son CV. 

     

    25 mars

     

    Le pouls s’est accéléré, mais la circulation est normale. Les artères ne sont pas restées de bois. La petite pointe de vert tendre, qui coiffait chaque bourgeon il y a trois jours, a gagné du terrain. Moitié pisang, moitié nuits-saint-georges passé d’âge. Le vieux cachait bien son jeu. Ce qui devait arriver est en train d’arriver.

     

    10 avril

     

    P1040052.jpgLes paupières vertes, lentement s’écarquillent. Un regard clair apparaît. Encore humble. Une tendre boule de sorbet au lait d’amandes qui prend ses aises. Et puise loin derrière elle la force nécessaire à se projeter dans l’air qui tiédit. Un accouchement se prépare en douceur. 

    Le vieil arbre, mi-sorcier, mi-magicien, ménage ses effets. Il sait que nos regards sont  suspendus à ses rameaux magiques. Baguettes de sourcier.

     

    14 avril

     

    Un instant d’inattention. Une nuit. Un matin. 

    Mille coups de reins silencieux. Et tous les jupons blancs ont jailli de leurs housses. L’arbre a définitivement oublié un hiver rigoureusement incertain. Les cimes sont blanches, mais les vallées sont vertes. Il rit, pour la première fois, sous sa cape de corolles. Tout empétalé de blanc, en attendant les abeilles.

     

     29 avril

     

    La verdure des feuilles naissantes chasse perceptiblement la laiteur des pétales

    qui confétisent pointillistement le gazon renaissant.  Après les noces, le quotidien reprend le dessus. Tout ça pour des queues de cerises. Objectif : être et revoir l’été.

     

     

    8 mai

     

    P1040219.jpgLes belles ont perdu leurs dessous blancs. Les feuilles au vert toujours tendre

    se rejoindront bientôt en un parasol impénétrable.  Le vieil arbre n’attend que cela

    pour siester impunément. Sa boucle se boucle. Déjà, à la place des fleurs, des berlingots verts et durs se gonflent sans pudeur. Un noyau à la place du coeur.

     

    24 mai

     

    Le cerisier trompeur fait semblant de dormir. Mais son corps de bois vibre sans sourciller du passage incessant d’une sève sanguine. Extirpant des tréfonds de la terre les globules nécessaires à la vigueur les fruits en devenir. Mine de rien. Mais bonne mine.

     

    Juin

     

    Joufflues comme des pets de nonnes. Passées du vert au jaune sans se faire remarquer, les cerises impudiques achèvent d’épuiser le vieillard généreux qui vit pour les porter. Tout en offrant leur blondinet fessard au soleil messidor.

     

     Mi-juin

     

    Les merles et les pies, les ramiers et les corneilles n’attendent pas que les belles passent au rouge franc pour ripailler. 

    Et ça craille, croaille, criaille et graille. Et ça siffle et babille, agasse et jacasse, caracoule et roucoule, pisote et jabote.

    Et ça merlemoque.

    Et ça gaspille. 

    Et ça fâche le gazon qui déteste qu’on le prenne pour une poubelle.

     

    6 juillet

     

    P1040955.jpgRouges. 

    Un œnologue trouverait les mots qu'il faut pour parler de leur robe avant de les croquer. 

    Quand il parle d'un vin, il évoque les fruits. Rouges, mûrs, acides. 

    Mais  voir une cerise avec des yeux vineux ? Pourpre, grenat, rubis, tuilé ou … cerise.

    Voilà. Cerise. Tout simplement. Mais cerise sombre prometteuse de futurs ensucrés. Et non cerise rubis, à la sûredité des griottes fofolles.

    Cerise introvertie, concentré de soleil, qui se mange sur l'arbre. Cerise hémoragique qui meurt sur la langue endorphinant l'esprit de sucs sympathiques.

     

    9 juillet

     

    La petite fille est debout sur la crête du mur. Les yeux à hauteur des fruits. Elle s'emplit la bouche jusqu'à en suffoquer. Mastiquant. Séparant chair et noyaux qu'elle stocke dans ses joues. Appliquée dans une studieuse jouissance qui ne se lit que dans ses yeux sombres de petite latine. Attention ! N'avaler que le bon ! Pas les munitions ! 

    Une dernière déglutition prudente et elle est prête la mitraillette. La rafale des  noyaux-balles crépite dans l'air chaud. Une cible imaginaire s'effondre. Touchée au coeur. Mais c'est la tireuse qui saigne. Doucettement. Du coins des lèvres.

    Pendant ce temps, le panier de grand-mère, belle sur son escabelle, s'alourdit de velours sombre. Un grain à la fois. À chaque fruit dont elle dépouille l'arbre, c'est toute une saison qui doucement s'efface.

     

    Août

     

    Quelque guêpe gourmande trouve de-ci, de-là, quelque fruit oublié, qu'elle suçotte en experte. 

    L'arbre s'est endormi protégeant de son ombre le chapeau du vieil homme qui somnole à son pied. 

    Sur le petit carnet, abandonné sur la pelouse, un crayon a tracé quelques lettres. 

    Des demi-mots. 

    Des bouts de phrases en herbe. 

    Des boutures d'images volées au paysage. 

     

     

     

  • Des statistiques très tendance...

     

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    " Les statistiques, c'est comme le bikini, ça donne des idées, mais ça cache l'essentiel. " (Michel Colucci)

     

     

    Ah ! Les statistiques. Selon certains, on leur ferait dire ce qu'on veut. Et si on les guantanamait un peu pour leur faire avouer ce qu'elles pourraient éventuellement cacher ?

     

    Par exemple, en 2010, parmi les conducteurs belges impliqués dans un accident avec dommages corporels, 11,6 % étaient sous l'influence de l'alcool. Cela veut dire aussi que près de 90 % n'avaient pas bu. Et que donc il y a des gens qui, même pas bourrés-beurrés, sont naturellement dangereux, distraits, impétueux, maladroits ou cons.  Mais dans quoi les faire souffler pour détecter leurs graves manquements ? Je vous le demande.

     

    Transposée aux sondages, cette façon de monter sur la table pour changer de point de vue peut aussi se montrer éclairante.

     

    Dans Le Soir de ce week-end, Véronique Lamquin éditote : " À 31,2 %, la N-VA est-elle encore contournable ? Démocratiquement, la réponse est plutôt non. Comment pourrait-on ignorer, pour la deuxième fois de surcroît, le vote de près d'un tiers de la Flandre ? " 

    Donc, toujours démocratiquement, en ne contournant pas la N-VA, on pourrait ignorer le vote de plus de deux tiers de la Flandre ? Ne pas confondre " démocratiquement " et " politiquement ". Astableef.

    C'est comme la façon de poser les questions pour " Le grand baromètre " RTL-IPSOS-Le Soir.

    " Qu'est-ce qui vous séduit le plus dans la N-VA : l'aspect socio-économique ou l'aspect communautaire ? " 

    Et la scission de la sécurité sociale ? Pierre de bisbrouille number one, vous la placez où ?

    Dans le socio ? Dans l'écono ? Ou dans le commu ?

     

    Et cette fameuse marge d'erreur maximale des sondages, établie pour un pourcentage de 50 %  à 3,1 % en Wallonie, 3 % en Flandre et 4 % à Bruxelles. Il faut déjà traduire que pour un pourcentage de 100 %, il convient de lire : 6,2 %, 6 % et 8 % !

    Interviewé, le directeur d'Ipsos l'avoue : " … quand le sondage donne le MR à 18,7 % à Bruxelles, cela doit se traduire par " dans une fourchette comprise entre 15,5 et 21,9 %. " Donc, la marge d'erreur est de 3,2 % en deçà et 3,2 % au-delà. 

    Tant qu'à faire de poildecuter, où sont les 4 % de marge d'erreur bruxelloise annoncés dans la "Fiche technique", caution scientifique censée donner confiance au bon peuple des lecteurs ? Pas clair tout ça.

    Appliquons donc cette marge d'erreur au score (3 %) potentiellement réalisable par la N-VA à Bruxelles. Résultat : la fourchette devrait pouvoir piquer un morceau allant de - (moins) 0,2 % à + 6,2 %. Zeg ! Toch !

    Vus sous cet angle, que signifient encore les gains et les pertes ? Traduisons directement : en Flandre, la N-VA perdrait entre - 0,7 % et + 5,3 % depuis le mois d'août. En Wallonie, le PS gagnerait entre - 2,8 et + 3,4 %. Et cætera, et cetera, etc.

    Pas très glamour tout ça. 

    À cela, les " pros " rétorquent qu'il ne s'agit que de tendances. Pourquoi dès lors s'en servir pour créer des classements, des tableaux d'honneur, calculés au dixième (de - 0,2 à + 0,4) de pour cent près ?  

    Parce que ça, les classements, les gagnants, les perdants, comme au foot, les foules aiment ça. Donc, les journaux aiment ça aussi. Parce que ça crée l'événement. 

    Tant qu'à dire vouloir donner des tendances, pourquoi ne pas que donner des tendances ? 

    Evidemment, avec une fourchette de plus ou moins 6 à 8 % d'erreur suivant la région où l'on est sondé, ce serait statu quo sur tous les graphiques. Ouais, autant dire que ces électroencéphalogrammes seraient plats et pas très bandants.

    Finis les débriefing d'enfer dans les états-majors des partis : " On perd trois pour cent ! C'est la faute à cet enfoiré de … ".

    "On gagne 0,5 % ! Tu vois j'ai bien fait de…"

    Comme en Francollande, où les sondages de popularité commence à bien faire… reculer tout qui a un peu de couilles-rage. 

    On est dans la merde quoi ! Et pour en sortir, statistiquement, faut tout faire sauf vouloir être populaire. 

    Vivement le suffrage universel par tirage au sort !

     

     

  • Cinq euros

    03051_s_lr.jpg" Avec la crise, nous faisons nos courses chez Aldi ou Lidl. Nous n'allons plus chez Delhaize que pour rencontrer des amis. "

     

    J'avais balancé cette vanne, du troisième degré sur l'échelle du mauvais goût, il y a deux ans, quand mon compte Facebook était encore activé.

     

    Hier, soit trente-trois jours avant Noël, j'étais chez Lidl. 

    À la fois alléché et scié devant le rayon " Délicieuse fêtes ".  

    Ce rayon de produits "spéciaux" en habits de soirée et qui portent la marque "Délicieux" ou "Deluxe". 

    Non seulement le rayon avait doublé de volume par rapport à 2012, mais il s'installait encore plus tôt. Le comble, c'est que certains de ces produits frais seraient largement périmés quand les "jingle bells" sonneraient l'heure des réveillons. 

    Ô monde paradoxal où les magasins de pauvres s'amusent à faire saliver leurs chalands plus d'un mois avant la fête. Ô marketing tordu qui pousse les gens à préfaire la fête. Bref, qui aura encore un petit creux d'envie gourmande après avoir déjà bouffé tout ça en guise de grignotage d'essai ? Je me suis laissé tenter, malgré tout mon corps défendant et mon esprit protestant, par un bout de chèvre extra-vieux maturé quatorze mois, un peu de fromage et une mignonnette d'huile parfumés à la truffe, des chips de légumes et un sachet d'ananas enrobés de chocolat blanc.

    Sur le parking, pendant le transbordement, une ombre a surgi silencieusement à mes côtés. Petit, la quarantaine, pesant à peine ce que De Wever a perdu en six mois, pas rasé, grelottant dans un trop vaste pantalon de mariage noir à rayures grises, il me tendit une photocopie froissée. Un petit texte en quatre langues : "Pas de travail. Marié. Trois enfants." Il ne me demandait rien. Il me regardait. Fixement. L'air très gêné. Surpris, et aussi mal à l'aise que lui, je lui ai bêtement répondu : "Non, merci !". 

    Il est parti reprendre timidement son poste dans un coin du parking.

    Le coffre chargé , je suis allé ranger le caddy en me posant les inévitables questions de circonstance et qui tournent toujours autour du même thème : est-ce un vrai-pro-faux-pauvre ou un pauvre-vrai-laissé-de-côté ? J'ai sondé le fond de ma poche à la recherche d'un billet de cinq euros. Pourquoi cinq euros ? Et pourquoi un billet ? Ne le trouvant pas, j'ai réuni l'équivalent en pièces. Bon OK, c'est la même valeur mais ça en jette moins. En jeter. Jeter quoi ? Un peu de poudre à ces yeux qui n'en ont pas besoin ? Ou un coup de blush sur une conscience fripée ? 

    Je suis retourné vers lui. Il m'a regardé venir. Toujours avec ce regard hésitant entre la honte et la peur. J'ai tendu la main avec les sous. Avant qu'il ne tende la sienne. Cinq euros. Le prix de mes deux bouts de fromages "Délicieux" et "Deluxe". 

  • Huit milliards de terres

     

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    En interprétant les observations réalisées grâce au télescope Kepler, la Nasa a révélé qu'une étoile sur cinq dispose d'une planète de la taille de la terre et pourvue d'eau sous forme liquide. 

    Comme il y a 200 milliards d'étoiles dans la galaxie, dont 40 milliards sont semblables au soleil, on peut donc estimer que 8 milliards de planètes sont "habitables". 

    Go to the Wow ! Comme dit le ringard pilote de salon de Cillit Big Bang !

     

    Huit milliards de putains de bordels de terres. Et habitables en plus !

    Donc, 8.000.000.000 multipliés par 7.174.830.387 (*), cela ferait dans les 56.000.000.000.000.000.000 d'âmes et consciences potentielles, bouches à nourrir, électeurs à draguer ou téléspectateurs à youtuber. 

     

    Sauvons la planète ! Yèsse ! Mais laquelle ?

     

    Bon ! Imaginons qu'il doit y en avoir un bon paquet où seules les bactéries ont encore le droit de cité, et pas mal de chemin à parcourir pour arriver à se tenir debout et se commander une grande frite andalouse sans trop bafouiller.

    Il doit aussi y en avoir un autre bon paquet qui ont été jadis habitées par une bande d'hominidés irresponsables et qui en ont rendu les atmosphères irrespirables, au point de s'asphyxier eux-mêmes. Ce qu'on appelle vulgairement suicide par réchauffement climatique.

    Biffons aussi celles qui ont beau avoir de l'eau mais qui restent aussi stériles qu'un pampers troisième âge avant usage.

    OK ? Ben bon, il doit quand même en rester quelques unes pour nous faire rêver, non ?

    Pourquoi pas une planète où les dinosaures gambaderaient encore en écrasant les fougères géantes sous leurs grosses patoches. 

    Une autre, où des gens bronzés, adorant leur soleil-étoile, dessineraient dans le sable la forme d'une pyramide en se disant : " Pourquoi pas ? En cailloux, ça aurait de la gueule ? Et ce serait pas mauvais pour le tourisme ! ".

    Et puis une autre, où un dernier carré de morts-vivants, en train de crever la gueule ouverte, assis sur leur cul de singe, entre une centrale nucléaire et une éolienne, se demanderaient encore pour qui ils vont voter en 2014.

    Une autre, encore, qui ne serait peuplée que par des blonds aux yeux bleu Marine, croyant tous au même truc éternel, parlant la même langue, ayant un seul drapeau à trois couleurs,

    et plantant partout des croix pour rappeler la mort d'un juif-palestinien vers 86 après J.-C. (Jules César).  Et où le seul réchauffement serait charismatique.

     

    Une autre, enfin, où une bande de zouaves se réuniraient dans des villes dont les noms ressembleraient peut-être à Kyoto, Copenhague ou Rio. Pour se dire qu'il est temps. Puis grand temps. Puis urgent. Puis très urgent de faire quelque chose. Pour ne pas avoir la même blague que ces cons de terriens qu'ils observent jour après jour avec un télescope qui pourrait s'appeler Kepler.

     

    Paris 2015. Sommet climatique en vue. Qu'est-ce qu'on fait ? Ben euh, chez vous c'est quand les élections ? L'an prochain ? Chez nous c'est dans deux ans. Ouais mais nous on a des Jeux d'hiver avant tout. Et nous un mondial de foot l'an prochain. On pourrait pas attendre un peu ? Et puis les typhons et les cyclones, ça ne frappe que les pauvres ! Louisianais, Haïtiens, Philippins ! Y vont quand même pas nous mettre des bâtons dans les trous. Quand on construit des cabanes pourries, faut pas venir pleurer quand y a trop de vent. Et les "Trois petits cochons", ça a été traduit dans toutes les langues, non ?

     

    Et pendant ce temps-là, la flamme olympique se balade dans l'espace et l'équipe de France-Hollande va au Brésil. On vit vraiment sur la planète foot. Un monde fou, foot, foutre.

     

     

    (*) http://www.populationmondiale.com/#sthash.1b3PNl9v.dpbs

     

  • Récréation-Compilation



                                       3997799-les-horreurs-de-la-revolution-francaise-vues-d-angleterre.jpg

    Quand les esturgeons apprennent le prix du caviar, ils deviennent prétentieux.

     

    Le sens de la vie ? Un sens unique, souvent interdit.

     

    Les cons sont comme le soleil, ils ne réfléchissent pas, mais ils font réfléchir.

     

    Les canards sourds-muets comprennent-ils le langage des cygnes ?

     

    Beaucoup d'hommes parlent de femmes aux jambes interminables… alors que ce qui les intéressent, c'est précisément l'endroit où elles se rejoignent.

     

    " Nous déclinons toute responsabilité en cas de violences et autres atrocités commises en notre nom. " (Dieu, Jéhovah, Allah et les autres du collectif Sky My Gods) 

     

    Sourate 2, verset 171 : "Les mécréants ressemblent à (du bétail) auquel on crie et qui entend seulement appel et voix confus. Sourds, muets, aveugles, ils ne raisonnent point."

     

    Parfois, j'ai l'impression de tomber comme un "je veux" sur le doute.

     

    La cuisine, c'est l'art de rendre mangeable ce qui est comestible. La gastronomie, c'est la même chose, avec le plaisir en plus.

     

    Comment s'appelle le père du fils Razzi ?

     

    En Espagne, Philippe Geluck est le Papa Gato.

     

    Si Babar est un éléphant, Bambar est-il un éléfaon ?

     

    Un canadair, des canadeaux ?

     

    Quand on dit : "On n'a que le bien qu'on se donne", c'est en général pour s'excuser du mal qu'on est en train de se faire.

     

    Les papiers-culs de l'hypocrisie bouchent souvent les chiotes du bonheur.

     

    GPS : Je connais un Ch'ti qui s'est fait tatouer la grande ourse sur le dos de la main gauche. Avec l'étoile polaire sur l'index. Ainsi, n'importe où dans le monde, chaque fois qu'il tend le bras, son doigt indique la direction de Lille.

     

    Picoler, s'est s'entraîner à disparaître.

     

    "Ce film n'est pas tiré d'une histoire vraie, mais on a quand même changé les noms, parce que, avec les avocats, on ne sait jamais… "

     

    "Dans le showbizz, c'est tous des gars de la narine" ( RocknRolla )

     

    "On aime le verbe. On aime la chair de la parole. " ( Nougaro )

     

    Chantal Goya : "Il jouait du piano Debout. Mais pour moi ça veut dire : des sous !"

     

    Greenpeace dit que le thon rouge va disparaître. Dommage, je l'aimais bien moi, la petite Roumanoff !

     

    Coupe-faim pas cher sur le net ? Tapez "escarres" ou "obésité morbide" sur Google. Cliquez sur images. Et remettez votre assiette au frigo.

     

    Pourquoi, à la télé, la " fois pour toutes " est-elle toujours " bonne " ? Les épaules toujours frêles. Ce qu'on ne peut exprimer toujours magique. Les catastrophes sans précédent. Les sources bien informées. Le vent en poupe. La nature dame. La copie toujours à revoir. La partie de l'iceberg émergée. L'histoire toujours ironique. L'affaire à suivre. Les vents favorables. Les concoctés, toujours pour vous. Les gens présents sur place. Le gâteau sous la cerise… Et pourquoi les braves gens ne font-ils jamais de mal aux mouches ?

     

    Un flatteur place toujours le compliment d'objet direct avant le verbe.

     

    Le plus-que-présent, c'est du presque futur forcément imparfait. 

     

    La désintox ? On y entre bourré. On en sort drogué !

     

    Faut pas confondre les médias avec la presse. Ni la presse avec les journalistes.

     

    J'ai jamais entendu quelqu'un commander un gros rosé bien chaud.

     

    "Les gens se marient parce que les hominidés femelles avaient peur des prédateurs pendant l'allaitement." (Dr. House)

     

    Le mariage serait d'ailleurs la principale cause de divorce.

     

    Weight Watcheuse : " Cherche pas ton string dans le tiroir, tu l'as sur toi !"

     

    Gériatrie : Tant qu'il y a vie, il y a escarres.

     

    Un coup de cafard ? Mesdames (ou messieurs, pourquoi pas au fond ?). Tapez "dieux" sur Google. Et cliquez sur " images ". Je ne vous dis que ça…

     

    Vous vous sentez bien, vous zavez pas envie de râler, votre pied droit est sorti le premier du lit. Et vous culpabilisez ! Une solution, cliquez sur : http://www.inegalites.fr/ … M'en direz des nouvelles !

     

    Une vieille émission sur France Inter : "On va tous y passer".

    Une nouvelle émission sur La Première : "Tout le monde y passe".

    La RTBF ? Le passé recomposé !

     

    Entendu au JT RTBF : "Nos envoyés spéciaux se sont rendus sur place. " " On a planté des arbres géants." Merci Hadja !

    Hier : "Un pédophile canadien déferle la chronique."


  • Monarchie ou république ? Le juste prix.

     

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    Suite à mon monologue humoristique (7/11/2013) sur la colère de Paola à propos des "difficultés" financières d'Albert II, un ami m'a transmis un texte assez orienté.

    Se basant sur une étude de Herman Matthijs, professeur d’administration et de finances publiques à l’Université de Gand, ce texte tend à démontrer que les monarchies coûtent, au contribuable concerné, beaucoup moins cher qu'un président de république française.

    En fait, après quelques recherches, j'ai retrouvé le texte de mon ami sur le site "Riposte catholique". Autrement dit le "Quid-Who's Who-Voilà" de l'église de France.

    Et après recoupement des infos disponibles, on ne peut pas donner tort au pamphlet "bien intentionné" de ce site "bien pensant". OK, toutes les monarchies d'Europe réunies ne coûtent pas plus cher qu'une république présidentielle. Message reçu ! Donc, concluons à la place de "Riposte catholique" : " Les républicains à la lanterne et à quand un nouveau roi de France ( catholique, oeuf corse ! ) à Versailles ?".

    Hier, Le Soir publiait le coût réel de la monarchie belge, soit 38,7 millions à l'Etat. Par an. La méthode de calcul du prof. Matthijs doit être différente, puisqu'il n'arrive lui qu'à seulement 14,2 millions.

    Par ordre décroissant, voici les coûts des différentes monarchie européennes, établi par Herman Matthijs : 

    Pays-Bas : 39,4 millions d’euros ;

    Grande-Bretagne: 38,2 millions d’euros ;

    Norvège : 25,2 millions d’euros ;

    Suède : 13,9 millions d’euros ;

    Danemark : 13,2 millions d’euros ;

    Grand-Duché : 9,2 millions d’euros ;

    Espagne : 8,2 millions d’euros.

     

    Si les budgets annuels restent à peu près stables, et malgré le décret de la fin août 2012 qui a réduit de 30% la rémunération du président de la république, le coût du quinquennat de François Hollande s’élèvera à près de 809 millions d’euros, en tenant compte des élections présidentielles et des retraites des trois anciens présidents : Giscard, Chirac et Sarkozy. Soit 161,8 millions par an. Selon Matthijs, le coût de la présidence allemande ne serait que de 30,7 millions par an.

    Dans le même temps les huit principaux souverains européens réunis ne devraient coûter que 807,5 millions d’euros à l’ensemble de leurs sujets, c’est-à-dire qu’à eux huit ils atteindraient à peine le coût total de l’actuel président français.

    Le salaire de François Hollande est de 14.910 par mois.(178.920/an)

    Celui de son premier ministre : 17.600 par mois !(211.200/an).

    Par comparaison, notre Di Ruppo touche 230.000 pas an.

    Une élection présidentielle française (2012) coûte 228 millions à la République. Tous les 5 ans.

    Sarkozy, Chirac et Giscard coûtent plus de 6 millions par an à la RF.

    Fabiola a vu sa dotation passer de 900.000 à 400.000.

    Monseigneur Léonard se contente de 101.592, à chaque annuelle sainte Touche. Un curé ne palpe qu'un peu moins de 20.000. Un ouvrier belge gagne en moyenne 28.000. Et Didier Bellens :  2.484.136.

    Et pendant ce temps-là, poverello François, comme n'importe quel pape ne gagne rien, et n'est pas soumis à l'impôt.Il travaille pour les ... bulles du pape. Nada ! Niente ! Tout aux frais de la princesse. Ça c'est du job. Bon, d'accord, il n'y a qu'un poste à pourvoir. Et peu de turn over. Et pas moyen, comme à Belgacom, de faire plaisir aux copines, car la roche tarpéienne n'est quand même pas très loin du Vatican.

    Allez ! Carpe diem ! 

     

     

    Le texte de loi sur les dotations :

     

    http://premier.fgov.be/fr/accord-sur-la-réforme-des-dotations-aux-membres-de-la-famille-royale

     

    Pour connaître les salaires des VIP (pas des VRP) :

     

    http://www.votresalaire.be/main/salaire/vip

     

    Le texte publié sur le site "La riposte catholique":

     

    http://www.riposte-catholique.fr/leblogdumesnil/2013-58-du-cout-des-royautes-contemporaines-en-europe-et-de-celui-de-la-presidence-de-la-republique-francaise

  • Cupidité et confiance

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    Il y a quelques années, Citibank d'abord, la Deutsche Bank ensuite, ont proposé des taux d'intérêts très, très (trop ?) intéressants à ceux qui, pendant six mois au moins, y déposeraient une part de leurs économies. J'ai, je l'avoue, effectué la démarche. Sans trop me poser de questions comme on dit au foot. Et, bingo, ça a payé cash. Après la déroute bancaire, j'ai appris que ces deux chères banques avaient utilisé mes petits sous, et ceux de milliers d'autres, pour jouer avec les allumettes des avoirs toxiques. Mais personne, ne m'avait prévenu, surtout pas ces deux chères honorables banques, ni les médias qui publiaient par pages entières leurs pubs racoleuses. Cupidité ? Stupidité ?  Tout le monde y gagnait : moi, mon cher journal et, surtout, les banques.

    Et le photovoltaïque ! Même si certains ont installé sur leur toit ces miroirs aux alouettes dans un but véritablement écologique de développement durable, combien d'autres n'ont considéré cela que comme un investissement via les ex-juteux certificats verts ? On connait la suite. Maintenant, ce sont les irréductibles de l'électricité " traditionnelle " qui râlent de devoir partager le remboursement de l'ardoise. Pourtant, il ne faudrait que neuf fois plus de voltaïque pour égaler la production des centrales de Tihange. Et là aussi, les médias ont largement fait confiance au politique pour décupler l'engouement justifié vers le renouvelable.

    Non seulement en le rendant attirant, mais aussi en diffusant toutes les campagnes de pub de ce nouveau golden secteur d'activité. Ceci, tout en acceptant les pages de pub du Forum Nucléaire, le lobby des électriciens pas propres.

    C'est le système, direz-vous. Mais justement, la confiance, qui devrait être la base de ce système semble avoir atteint ses limites.

    La confiance dans le politique est plus qu'une façade à ravaler.

    La confiance dans les médias ? Ce quatrième pouvoir -après le législatif, l'exécutif, et le judiciaire- a lui aussi, et paradoxalement, besoin de sous pour assurer son indépendance. Mais on dirait aussi que la cupidité des actionnaires passe par là. 

    Exemple : comment voulez-vous faire confiance à votre cher quotidien quand il ouvre ses pages plusieurs fois par an à un supplément intitulé "La Russie d'Aujourd'hui" ? Avec la mention hypocrite : " Ce supplément est édité et publié par Rossiyskaya Gazeta (Moscou, Russie) qui assume seule l'entière responsabilité de son contenu. " Mais ce que mon cher quotidien oublie de mentionner c'est que : "La Russie d'Aujourd'hui est un projet du quotidien russe Rossiyskaya Gazeta, journal officiel du gouvernement russe qui assure la publication officielle des lois, décrets et déclarations officielles des organes de l'Etat."

    Et comme si ça ne suffisait pas, sur son journal en ligne, mon cher quotidien national, me bassine les neuro-transmetteurs pour que je réponde à une enquête à propos de cette "Russie d'Aujourd'hui". 

    Dans le dernier numéro de ce supplément, aucune mention, même pas une allusion, au scandale des Jeux d'hiver de Sotchi, l'endroit de Russie où il tombe le moins de neige.

    Bizarrement, mon cher quotidien est bien discret aussi sur le sujet.

    Evidemment même si l'on n'aime pas l'odeur du bortch, l'argent du bortch semble, lui, beaucoup plus inodore et digeste.

    Cupidité. Confiance…

    Verra-t-on bientôt une "Carte blanche " sur les droits de l'homme en ex-URSS signée par Poutine ?

    Le lendemain de la proclamation de notre Nobel belge, notre quotidien préféré a bien publié une carte blanche signée Marielle Rogie, directrice du Forum Nucléaire. On pouvait y lire -et même pas entre les lignes- une apologie du nucléaire tout terrain sur le dos de François Englert. Il a fallu attendre un mois, et la réaction du prof de l'ULB pour revenir sur le sujet. Et profiter de l'occasion pour redonner la parole à Marielle Rogie afin qu'elle précise : "Nous ne voulions pas du tout agir par opportinisme…"

    È gij gelûûv da ?

    Comme l'argent du bortch, le courant non plus ne semble avoir d'odeur…

    Sauf quand on tire trop sur la ligne et que grille le fusible.

     

     

     

  • Vox populi

    " On a tous quelque chose en nous d'un peu moisi. " (d'après Michel Berger)

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    Âge d'or des romans du terroir, où les gens semblaient simples comme les choses de leur vie.

    Où les changements étaient rares ou tellement lents qu'on en souffrait à peine.

    France de Charles Trénet. Flandre des veillées au coin du poêle de Louvain. Wallonie du jambon d'Ardenne. Ancienne Belgique à la kriek lambic.

    Odeurs de crêpes, de gaufres, de confitures. Chansons de grand-mères, fumées de pipes. Souvenances fœtales. Illusions d'insouciance. Respect de l'autorité. Mirages.

     

    Inconsciemment, l'être humain est toujours l'orphelin de ce paradis perdu et idéalisé.

    Délicieusement simple. Trop simple.

     

    Il suffit qu'un parti traduise ces besoins latents et utopiques en programme politique pour que se réveille un peuple déçu.

    Déçu par un monde incertain. Par une société qui prend chaque jour une semaine d'avance. L'impression de se faire lâcher par des règles qui se compliquent. Et tromper par des responsables qui ne le sont pas toujours.

    Cette lie d'égoïsme, de racisme, de nationalisme que les années, les jalousies, l'apitoiement, l'amertume et les déceptions accumulent, peu ou prou, en chacun de nous, pourrait très bien y rester à l'état de veille. 

    Et continuer de s'opposer quotidiennement, pacifiquement, à la générosité, au besoin de justice, à l'ouverture au monde, à la fraternité, inhérents eux aussi à notre intime conviction.

    Un équilibre naturel qui s'établit entre le bon sens, la bonne volonté et ces poussées de la tectonique instinctive. 

    Repoussant rationnellement la ramassette des détritus empoisonnants sous le tapis du vivre correctement ensemble. 

     

    En temps de crise, lorsque les besoins sécuritaires et matériels semblent menacés,

    certains, en quête d'une rapide prise de pouvoir, exacerbent émotivement les peurs

    ancestrales et proposent des solutions simples. Trop simples.

     

    Dire au peuple déçu ce qu'il veut entendre.

    Eriger en valeurs patriotiques les expressions de l'instinct sécuritaire de base. 

    Sécurité identitaire : être -et rester- entre soi, chez soi. Ne tolérer l'étranger que s'il apporte quelque chose et -surtout- s'il reste à sa place.

    Sécurité matérielle : travailler pour vivre sans l'angoisse du manque, ni de l'agression. Et ne partager qu'avec ses proches, ses pareils. 

     

    C'est le discours du Front National, en France. Fait pour plaire aux déçus, aux laissés pour compte et ceux en voie de l'être. Et pour grossir le troupeau, il suffit de faire encore un peu plus peur à ceux qui s'accrochent encore un tant soit peu au fil ténu de la raison.

    Mais comment construire un projet de société sur la déception, le manque d'espoir, le mensonge et les frustrations, sans s'enfermer dans le repli ?

    À tout ceci, la N-VA flamande ajoute encore le sentiment de revanche.

    Là où les gars de la Marine pointent du doigt l'étranger, le chômeur ou la gauche,

    Bart De Wever y ajoute le francophone. Celui qui parle la langue des responsables de tous les malheurs passés. Une langue synonyme d'injustices avérées mais, aussi, légendaires. Coulées dans le bronze de l'inconscient collectif par des générations de clichés aussi militants que romantiques. Et soigneusement entretenus comme les précieuses braises de "La guerre du feu". Et qui n'attendent qu'un souffle pour embraser le grand soir. Celui de la séparation des territoires linguistiquement bornés pour protéger une langue assignée à un sol sacré. Et inversement.

     

    Le politique, en quête d'électeurs, se devrait de séduire en mettant en avant les valeurs humaines qui guideront son action une fois arrivé au pouvoir. Sa noblesse réside dans le choix des valeurs auxquelles il va demander à l'électeur de s'identifier.

    La nécessité de résistance s'installe dès que certains mettent en avant des non-valeurs. Puisant leur légitimité dans les sentiments inavoués, parce que inavouables, d'une société qui perd son humanité.

    La démocratie, par le biais des élections, est le permis d'avouer ces sentiments.

    Dans le secret de l'isoloir, l'inavouable n'a plus à rougir. Un petit rond blanc mis à part.

    Les résultats d'élections sont-ils pour autant le portrait d'un peuple ?

    Oui, l'instantané d'un moment d'espoir, ou de désespoir.

     

    Pour les tenants des valeurs démocratiques, le suffrage universel est aussi le moment de montrer à l'autre peuple un autre visage du politique. 

    Un visage courageux et lavé de tout soupçon. Qui ne soit pas que présentable, le temps d'une campagne.

     

     

  • Dotation royale : la colère de Paola

    - Ma ! Alberto Noumero Douwé ! Tou va pas te laisser fare par cet abruzzi de fils d'immigrés dou borinaze ! 

    923.000 euros ! Ma santa madona della banca popolare, je ne vais pas abandonner mon prosciutto de chez Rob pour du filet de Saxe, ou du zambon de Cobourg de chez Lidl parce que Mossieu Nouméro Douwé s'est laissé rouler dans la pasta par oune gay wallon digne dè ses aïeux nom dé dieu !

    Guarda Didier Bellens ! C'est pas louwi qui va mendier dou mazout pour son yacht !

    Plou de mazout non plou pour chauffer la piscine dé Grasse. Plou rien dans lé frigidario de l'appartemento dé Paris. E sempre stesso pour celui de Roma. Ma santo Gian Paolo Noumero Douwé, qu'est-ce qué tou as pou fare pendant ces famosi colloques singuliers 

    avec cé bandito di socialisto ? Tou n'a pas viré finocchio no ?

    Et pendant  tout cé temps qué tou a rigolé comme oune imbécile avec cé oufti lidjieu dé Kroll qui té montrait partout en short ou en peignoir de bain ridicoule. C'est kiki  dévait soupporter les rémarques chez lé coiffeur ?

    Garde la Mathilde qu'elle est devenue ? Elle entre joyeusement partout avec notre béné de Don Félippé. Elle change de tenue tous les zours. Gratta pas le beurre sour les biscottes, elle ! È c'est nona Paola qui fait lé babysitting pendant qu'ils font les zozos à notre place !

    È guarda noi ! È cé grand palazzio del Belvedere qu'on est oblizés dé chauffer pour rien puisqu'on est touzours soul voye. Tellement on s'emm... à 1.000 € per ore.

    Au lieu dé faire lé zot sur ta moto, tou séra bientôt oblizé dé piloter oun motocultivatore pour raser il gazone des huit hectares dou parco !

    Posso même pas révendre toutes les babioles qu'on a réçou pendant tous les voyazes. C'est la Fondation dé tuo fratello qui a les clés dé l'armoire.

    Porca miseria ! Povera mia ! Sancti Gucci è Armani !

    Guarda ta bella sorella di Amora y Estragon ! Pour elle toute seule elle a quand même encore 461.000 euros. La moitié dé nous ! A son âze. Ma c'è oune prima d' ancienneté ou che ?

    Ascolta cherissimo Alberto Noumero Douwé, ou tou té débrouille pour l'avoir la rallonge dé dringuelle ou je balance à la presse tous les bambini ché tou a semé à destra è a sinistra pendant toutes tes missions économiques dé Prince dé mes deux Liédgi. È crois-moi ! La piccola Delphina elle aura dé la concourence.

    Posso déjà préparare les cotons tizes pour ton ADN. Ils sont en promo chez Aldi.

    Tou vas pas saliver pour rien mon Douwé...

    Tiens puisqué tou va chez Aldi, passe prendre oun pocco dé Saxe et dé Cobourg chez Renmans. C'est miggliore que céloui de Lidl.

    Et vas en métro hein ! O bisogno de la cinquecento....