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  • Le temps

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    En motorhome dans un des dix-huit trous perdus du golfe du Morbihan.

    Le temps est relatif. 

    Dans sa relativité MC-carrée, d'abord.

    Dans sa perception ensuite.

     

    Le temps qu'il a fait est passé. 

    Repassé, plié, rangé sur la pile des belles journées de pierre blanche.

    Ou jeté chiffonné tel quel dans le bac aux sales jours

    de la mémoire caduque qui semble s'en foutre

    météorologiquement comme de sa première drache.

     

    Celui qu'il va faire est incertain.

    Et pisse souvent sur les espérances les plus sages.

    "Pluie du matin n'empêche pas le pèlerin." Merci Nènenne !

     

    Et celui qu'il aurait dû faire si tout s'était bien passé… comme dans le temps.

    Certainement une chimère boudeuse accrochant quelque noir nuage à son clocher gothique.

     

    Un Normand m'avouait ne pas avoir envie de visiter 

    l'Angleterre à cause du temps. 

    " Pas le manque de temps. Non, le mauvais temps anglais. "

    Et le temps normand ? À cinquante kilomètres près, c'est quand

    même pas loin du climat grand-breton ! N'est-ce pas Coluche qui

    parlait de l'allergie aux bottes en caoutchouc comme

    répulsif aux vacances normandes ? Comme quoi, il ne faut jamais

    laisser trop longtemps ensemble son temps à soi et son quant à soi.

     

    Grand-breton, justement. Parlons-en.

    " Bruine le matin, chouchen à midi ! "

    Aujourd'hui, dans un des dix-huit trous perdus du golfe du Morbihan,

    justement, il fait un temps à laisser un Breton dehors.

    Mi-chien, mi-cochon. Un ciel qui hésite entre les cent nuances du blé noir,

    avant de se nouer le crêpe au bras pour enterrer le blues des sans-Kway. 

    Quand le ciel a rendez-vous avec la mer, et qu'ils se serrent d'un peu trop près.

    Quand on se dit que haute mer et ciel bas finiront par se rejoindre.

    Quand même l'air que l'on respire entre les gouttes semble buvable.

    Quand on se sent buvard.

    Quand, l'esprit trop dilué, la pluie elle-même ne sait plus dans quel sens elle doit tomber.

     

    Trois kilomètres à vélo jusqu'au bourg : Baden (une fois !).

    Pour chercher la sainte baguette "tradition" et tester le sourire de la boulangère.

    Juste de quoi tremper l'avant du kabig et essuyer de front la tronche revêche

    de la pète-sec du seul bar-tabac . Pas de Carte Bleue en-dessous de 15 €.

    Bien ma veine ! Une carte IGN du "pays" et deux cafés et je n'arrive qu'à 14,2 €. 

    " De toutes façons, les cartes étrangères ne sont pas acceptées." Et raciste avec ça !

    Même pas envie de lui dire que ma carte vient de la Deutsche Banque qui a bouffé l'ancien Crédit Lyonnais. Et le nom de son bled ? Il est pas chleu sans doute.

    Baden ! Non mais des fois : "Des haricots, un jour de paye ?"

     

    En Bretagne, il ne pleut que sur les cons ! (Merci Kersauson !) (Ou "… sauçons ?").

    Et ici, j'ai compris, le con, c'est moi. Merci M'sieur-Dame. Votre silence est éloquent.

    Pas besoin de traduction en baragouin celtique. Baragouin : du breton "bara" (pain) et "gwin" (vin). 

     

    C'est pas à La Civette de Bray-Dunes (59 - Nord) qu'on m'aurait laissé dégouliner ainsi, derrière mes lunettes embuées, sans un mot de drôle compassion. Là, d'abord, on m'aurait serré la main. Patron et clients. Chez vous, les "tizautes", on ne se sent jamais longtemps étranger.

    Ici, l'autre est transparent.

    Le gars du coin vient boire son jus matinal sans un mot.

    Mais qui aurait envie de l'ouvrir avec la pète-sec hyperactive derrière le bar.

    Pas le temps, sans doute.

    Demain, elle pétera un peu plus mou. Un ton plus bas. Normal, un temps pareil, à force, ça détrempe. Même les sales caractères en acier trempé. Ou alors, ça rouille.

    Pour toujours.

    Ici, personne ne parle du temps. L'autre temps. Celui qui empêche le ciel bleu des cartes postales d'aller prendre l'air sur le trottoir.

    Celui qui va mouiller l'arrière de mon kabig, en rentrant.

     

    Le temps fait partie du paysage. Pourquoi parlerait-on du paysage ?

    Pas fous ces Bretons ! Pas de salive à user en balivernes météorologico-nostalgiques.

    Du moment qu'il ne pleut pas trop entre deux averses.

    On fait le gros dos.

    Comme le dolmen de Toulvern qui dort sous la mousse depuis cinq mille ans.

    Par tous les temps de la nuit des temps...

    Au fait, à quelle heure l'homme a-t-il décidé de passer de l'âge du fer à celui du bronze ?

      

     

  • Premier joint

    Dictons de bal froid.

     

    En avril, garde ton thermolactyl.

    En mai, mets le pull qui te plait. 

    En juin, oublie le temps, fume un joint.