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  • Démocratie

    "Ah ! Comme la démocratie serait belle s'il n'y avait pas toutes ces élections..."

  • Une autre journée au Stuyvenberg


    Quelques jours plus tard et 500.000 € de moins...

     

    - Bonjour chère Madame, je suppose que vous venez pour la petite annonce ?

    - Si, yé souis Conchita Amora y Estragon !

    - (Tiens ! Tiens ! Presque le même nom que la patronne…) Vous avez donc pris connaissance du profil de la personne que nous recherchons

    en vue de pourvoir au remplacement du personnel récemment licencié…

    Nous avons dû faire le ménage, voyez-vous … Au propre, comme au figuré…

    - Si ! Vous cherchez une personne tri-lingue, castillan-néerlandais (notions)-français, en vue de d'abattre le travail de deux cuisiniers, trois femmes de chambres, deux maîtres d'hôtel et deux serveurs plongeurs.

    Et vous ? Zêtes qui vous ? Nechtor dé Moulinsart ?

    - Hum ! Hum ! Comment vous dire… ? Jusqu'à zhier, j'étais "le" grand-maître . Et depuis ce matin j'ai été promu au rang supérieur de grand-maître-conseiller-premier secrétaire-deuxième secrétaire-troisième, quatrième et cinquième secrétaire… Pour faire court…

    - ¡Bien! Goed zo ! Bien ! On va bien travailler tous les deux. La Madame va être contente…

    - Non ! Pas tous les deux ! Tous les trois !

    - C'est qui l'autre ?

    - Et bien, la dame de compagnie-chauffeur.

    - Celle en tailleur Chanel avec un képi ?

    - C'est elle même… ou lui même… enfin, ça dépendra... 

    - ¡Bien! Prîma !Bon ! Et la vieille dame en cache-poussière dans son fauteuil roulant qui agite un plumeau Swiffer en chantant du flamenco, elle fait aussi partie de l'équipe ?

    - Je … Hem … Non ! C'est la patronne !

     

    Pour mémoire, avant ce jour et avec 500.000 € de plus, le personnel du Stuyvenberg comptait un grand maître, un conseiller, cinq secrétaires, deux cuisiniers, deux maîtres d'hôtel, deux serveurs-plongeurs, trois ou quatre femmes de chambre et de ménage, une ou deux dames de compagnie, deux voire trois chauffeurs.


  • Une journée au Stuyvenberg *

     

    Une journée au Stuyvenberg *

     

     

     

    - Buenos dias ! Grand maître !

     

    - Bonjour Majesté ! Goeie dag Majesteit ! Gutten t… !

     

    - Yé vou chemprie, Grand maître, cha chouffit. N'en faites pas trop !

     

    - Mais je n'en fais jamais trop Majesté-Majesteit !

     

    - Cha yé chais ! Et yé paye achez pour lé chavoir ! Quel est lé programme auchourd'houi ?

     

    - Voilà, après réunion en colloque singulier avec votre conseiller, nous vous proposons ceci.

     

    - Votre seconde femme de chambre va vaquer à votre toilette. Ensuite, elle vous coiffera et procédera au triple laquage habituel de votre royale coiffure. Une heure plus tard, quand le premier cuisinier aura préparé votre bol de céréales en provenance directe de l'Horno San Onofre de Madrid, votre premier maître d'hôtel les apportera à votre première femme de chambre qui les déposera sur le plateau de votre salle de petit déjeuner où votre première dame de compagnie vous attendra pour la petite lecture matinale de la presse. La première femme de chambre s'occupera de votre lit, pendant que la seconde femme de chambre papotera avec votre deuxième dame de compagnie, en attendant de vérifier si la première femme de ménage aura bien rangé la salle de bains après votre toilette. Pendant ce temps, le second cuisinier aura préparé votre café avec un demi-sucre. Et le second maître d'hôtel dirigera les deux personnes chargées de dresser la table pour le déjeuner.

     

    - Ah oui ! Et nous cherons combien à table ?

     

    - Deux Majesté-Majesteit. Vous et … moi !

     

    - Rien qué nouchautres deux … ?

     

    - Si nosotros dos…

     

    - Yé vouchemprie… Mais pourquoi unicamente nouchautres deux ?

     

    - Mais pour préparer l'agenda de la semaine prochaine Majesté…

     

    - Et queche qué nous chavons au ménou pour le lunch ?

     

    - C'est lundi, votre premier chauffeur est parti chez Lidl' pour les promos. Et comme, c'est la semaine espagnole, il en profitera pour renouveler la provision de paellas surgelées. A ce sujet, votre deuxième cuisinier a déjà programmé le four afin que tout soit prêt en temps et en heure. De là, il fera un saut chez Aldi car, comme je vous l'annonçais hier il y a une promo d'enfer sur les produits d'entretien pour voitures. Et votre deuxième chauffeur piaffe d'impatience pour commencer le simonisage hebdomadaire de vos quatre bolides.

     

    - Et le curé ? Il déjà là ?

     

    - Certes Majesté-Majesteit. Dès que la deuxième femme de ménage aura fini de passer l'aspirateur dans la chambre-chapelle votre deuxième dame de compagnie viendra vous prendre pour la messe. Ensuite, votre première secrétaire devrait normalement en avoir terminé avec le premier tri du courrier. Pendant que la deuxième secrétaire ira porter les publicités au conteneur de la déchetterie, la troisième ouvrira les enveloppes courantes. Seules celles en provenance de l'Opus D…

     

    - Malheureux … !

     

    - Pardons Noble Altesse et Majesté aussi… Je voulais dire de " L'Œuvre de qui vouchavez" !

     

    - Ah ! Ch'estmieux ainchi!

     

    - Donc ces lettres iront directement dans le bureau fermé de votre quatrième secrétaire. Enfin libre, la deuxième secrétaire prendra en sténo les réponses aux demandes courantes dictées par la première.

     

    - Et la chinquième ? Elle ne fait rien auchourd'houi ?

     

    - Chi ! Pardon, si, Majesté ! Elle attend la fin de la prise sténo de la deuxième

     

    pour vous soumettre les projets de réponses dactylographiés par la troisième.

     

    - Yé né sé pas comment vous faites pour vouchiretrouber dans tous ches nouméros.

     

    Faudra démander à ma Fondachion dé leur faire de T-Shirts avec des chiffres !

     

    - Je note. Je note Majesté.

     

    - Et pour ché soir ?

     

    - Vous dînez seule majesté. Mais le second cuisinier sera là pour griller les toasts, le maître d'hôtel pour les beurrer, la femme de chambre pour vous les apporter, la dame de compagnie pour allumer la télé, une femme de ménage pour l'éteindre, une femme de chambre pour vous délaquer et vous redécoiffer. Ah ! Oui ! Votre dame de compagnie a demandé de partir une demi-heure plus tôt pour aller embrasser ses enfants après vous avoir souhaité une douce et sainte nuit.

     

    - Ouh là là ! Quelle chournée d'ech'clave. Yé chouis épouwichée ! Ch'en tremble chour mes fondaciones. Rien qué d'y pencher, yé bien embie dé mé récoucher. Ah ! Baudoin mi querido ! Tou né sé pas la chance qué tou as…

     

     

     

    * D'après "Le Soir", le personnel du Stuyvenberg compte un grand maître, un conseiller, cinq secrétaires, deux cuisiniers, deux maîtres d'hôtel, deux serveurs-plongeurs, trois ou quatre femmes de chambres et de ménage, une ou deux dames de compagnie, deux voire trois chauffeurs.

  • Il était une mauvaise foi dans le Nord.

     

    Certains Flamands de la majorité trouvent que Di Rupo n'a pas " le style pour convaincre" l'opinion flamande.

    Astablééf ! 

    Non Elio ne sera jamais le gendre idéal, fils d'Ardennais, parfait bilingue, ni hétérosexuel, ni CdH ! 

    Donc, aux yeux du Nord, il sera toujours socialo, wallon, homosexuel, émigré et anononant son ABN. La tache rouge sur la nappe immaculée du pique-nique dominical des classes moyennes flamandes à la pensée normalisée par plus d'un siècle de nationalisme ambiant. Quoi qu'il fasse.

    Quand on envoie deux cartes de voeux différentes, à deux amis qui ne se connaissent pas, comment sauront-ils qu'ils n'ont pas reçu la même image ?

    En ces temps éternellement pré-électoraux, quelle importance pour Di Rupo de donner une image quelconque à des gens qui ne voteront jamais pour lui ? Et  un De Haene se souciait-il en son temps de l'image "raffinée" qu'il offrait aux populations wallonnes ?

    Et les médias flamands qui critiquent cette image du premier ministre sont eux-mêmes ceux qui prennent du bon temps à la diffuser et à l'amplifier.

     

    CD&V et VLD se tiennent la main pour demander à Di Rupo de la fermer, et de s'occuper de la crise plutôt que de caresser la N-VA à rebrousse-poil. 

    Astablééf ! 

    Le CD&V, qui grâce au cartel noué par Leterme à servi d'escalator à De Wever !

    Et le VLD qui, en provoquant la chute du gouvernement sur un caca nerveux de De Croo, a ouvert une crise politique record… qui a permis à De Wever, etc. 

     

    Quand le roi rappelle un fait historique avéré, la Flandre entière se gratte et sort ses griffes noires.

    Quand Di Rupo dit que la N-VA est dangereuse pour le pays, alors que justement

    l'article premier de ses statuts vise l'éclatement de celui-ci, les partis flamands de la majorité ont la tripe qui se tord. Pardon ! La fibre électorale qui s'irrite !

    Il est vrai que le populisme (mais non ! mais si !) se nourrit de sa propre martyrisation. Comme on dit à l'hôtel de ville d'Anvers : "C'est todi li p'tit qu'on spotche !" Plus on tape sur Mr Slimste, plus Dr Wever grimpe dans les sondages.

    Et CD&V et VLD sentent déjà l'odeur de la tasse qu'ils vont boire.

     

    Et si Elio le faisait exprès ? Foutre le brain au Nord pour n'avoir qu'un seul interlocuteur fort dans la perspective d'un après 2014 "confédéral" ?

    Et blinder du même coup son statut de premier parti wallon.

    Côté wallon, le MR l'a senti, lui qui se joint aux partis flamands pour critiquer ouvertement l'attitude anti-N-VA de Di Rupo. 

    CdH, Ecolo et SP.A se taisent. Intelligence, attentisme ou froussardise ?

     

    Même si, d'après le CRISP, "confédéralisme" est impropre pour la Belgique, nous allons vers une formule  d'éclatement plus ou moins radicale. Et Charles Piqué, avec son plan B, en a eu plus que l'intuition il y a pas mal de temps.

     

    De toute façon, qui peut dire quand sera mise en place la sixième réforme de l'État, votée mais toujours actuellement en voie (de garage ?) d'accomplissement ?

    Que dire alors du temps qu'il faudra pour se mettre d'accord sur les modalités d'une séparation ou d'un divorce ? Vingt, trente ans ? Ou plus ? L'auberge est grande et les portes pour en sortir très nombreuses.

    Le long terme est un mot incongru dans le dictionnaire pré-électoral limité de 

    nos élites. Ils préfèrent le remplacer par les "brouillards ténébreux" de l'incertitude et de la peur. 

    D'abord les urnes. Après, les cendres !

     

  • Faire play

     

    Les conseillers et les spécialistes croient savoir ce qu'il faut faire.

    Les politiques essayent de faire ce qu'ils peuvent faire. 

    Pour pouvoir dire qu'ils ont fait tout ce qu'ils pouvaient faire.

    Les citoyens, qui n'en ont que faire, laissent faire, en criant qu'ils ne laisseront pas toujours faire.

    Et que même que si c'était à refaire...

  • Deux poids, démesure...

     

    Si vous voulez faire parler de vous, mieux vaut être un Américain moyen, armé jusqu'aux dents, et tuer une vingtaine d'enfants innocents dans une école que d'être chef d'état israélien ou syrien et d'en descendre cent cinquante par semaine...

     

     

  • Deux janvier.

    Bonne année.

     

    Rayon poissonnerie. Deux homards en vente rapide philosophent en soupirant.

    Cuits pour rien, ils ont passé le réveillon et le jour de l'an dans la lumière crue des néons du petit supermarché. Ils guettent le caddy, espérant n'avoir pas été sacrifiés pour rien. 

    À côté, au frais dans leur bourriche, des huîtres en soins palliatifs se demandent, en bâillant, ce qu'on a écrit après "à consommer avant…" sur leur certificat de naissance. 

     

    Deux petits vieux frétillent du béret. Cela fait des années qu'ils attendent le lendemain de la veille pour réveillonner à prix réduit. Ils guettent le moment

    où le chef de rayon va étiqueter de rouge fluo les petits paquets de foie de canard mi-cuit. " Pas grave ! On a le temps. S'il faut, on reviendra demain. Ou après. "

     

    Hier, au journal télévisé, une élégante fêtarde mouillait son string en annonçant face caméra le prix de son uniforme de saint sylvestre : 1.300 € pour les chaussures et 2.000 € pour la robe. "C'est bien ! Non ? J'ai un bon mari !" . 

    Deux heures plus tard une jeune beauté méditerranéenne annonçait effrontément, du défi plein les yeux : "3.500 € pour une table. On paye pour faire la fête !" 

    Na ! Un de ses copains, 25 ans à tout casser, était tout heureux d'ajouter, qu'il avait déboursé 2.000 € pour son forfait champagne-vodka.

     

    Aux USA les riches ont peur ! Les ménages qui gagnent plus de 340.000 € par an vont voir leurs impôts passer de 35 à 39,6 %.   

    En France, comme on peut taxer les riches foyers, mais pas les riches personnes, on respire. Mais ça ne leur rendra pas Depardieu.

     

    Un peu partout, les gens comptent leurs sous. 

    Ceux qu'ils ont gagné, ceux qu'ils auraient mieux fait de ne pas claquer. Ceux qu'ils auraient pu gagner en plus s'il n'y avait pas tous ces emmerdeurs de nouveaux pauvres…

     

    Le jour de Noël à 9 heures, entre 100.000 et 150.000 objets supplémentaires étaient mis en vente sur eBay. Merci Père Noël.

     

    En Alsace, un homme de 20 ans meurt quelques heures après avoir été blessé au visage par un pétard de feu d'artifice.

    Youpy ! C'est la fêêête ! 1.193 voitures incendiées en France la nuit du réveillon. Une piste pour relancer la demande ?

    Les restaurateurs, les traiteurs, les ostréiculteurs, les gaveurs de canards ferment boutique pour filer aux sports d'hiver. Les marchands de cadeaux et de fringues astiquent leurs soldes.

     

    Kris Peeters attend les explications de Di Rupo. 

    Albert II se dit, in petto : "Ouf ! Pas de message royal avant le 21 juillet !". 

    De Wever engueule (de lion) son pèse-personne. 

    La fin du monde n'a pas eu lieu. Le calendrier maya est remis à zéro. 

    Au crématorium, la ronde des corbillards et leurs cortèges en pleurs a repris comme en 2012.

    Les deux petits vieux en béret sortent du supermarché en se marrant.

    Dormez braves gens !

    La vie continue.