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Comme ça, en passant...

  • Après l'enterrement...

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    Le sandwich au jambon d’après-enterrement avait un gout de non-dits. Celui au fromage aussi.
    Il est des êtres qui tuent des familles entières avec leur langue. En compensation d’avoir raté leur vie, ils distillent leurs poisons dans les alambics de leurs cerveaux aigris. Ils murissent lentement leurs élucubrations nocives en les ressassant, une Jupiler après l’autre, en prenant à témoin un public de comptoir. Et finissent par y croire.
    Tant et si bien que le vide se fait autour. Un vide de silences et de suspicions. Pour les autres, les stupéfactions, les incrédulités, les incompréhensions du début se laissent doucement contaminer par la haine acide qui ronge les derniers questionnements. Pour qu’un jour, chacun campe sur ses positions. Définitivement ?
    Il suffit parfois qu’une des victimes disparaisse pour que les liens brisés se renouent autour du cercueil. Laissant la vipère achever de se confire dans son bocal de fiel. Déconnectée. Incapable même de jouir du mal qu’elle a causé. Inconsciente. Définitivement.
    Mais certains espoirs de retrouvailles restent aussi brisés sur la dalle du cimetière. Les « si j’avais su », les « je n’ai pas osé », restent plantés dans le monticule de terre fraîche au milieu des fleurs déjà passées. Les rescapés, restent là. Désappointés, désabusés, mais coupables de s’être laissés manipuler sans avoir dépassé le mur de mensonges, de non-dits, de pas-vu, de pas-pris, que l’autre bâtissait lentement pour les séparer et les monter les uns contre les autres.
    Coupables ne ne pas s’être levés à temps pour dire à tous «C’est quoi ce bordel ? ». Mais la dynamique des familles est un étouffoir d’élans et un incubateur de médisances.
    Et les rescapés bernés n’ont plus alors, à défaut de certitudes, que des embrassades pour se consoler.
    Le sandwich d’après l’enterrement a surtout, et trop souvent, un goût de trop tard. Et une forte odeur de gâchis.

  • Bidoche ou poisson ?

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    Dimanche 23 avril :

    Chez les Sikotés, on déteste le poisson. Madame Sikotés va donc chez le boucher. Ce sera un magret rosé pour Benoit, un faux-filet à point pour François, une escalope pour Emmanuel et un steak-tartare bien rouge pour Jean-Luc. Les Tricolo-Bontain, eux, préfèrent de loin le poisson. Chez le mareyeur de Madame Tricolo-Bontain l’encornet décongelé est en promo. Ce sera donc encornet armoricaine pour tout le monde.

    Dimanche 7 mai :

    Madame Sikotés arrive chez le boucher mais il n’y a plus que de l’escalope ! Résultat Jean-Luc, François et Benoit vont encore râler… Mais ce sera escalope ou rien ! On va pas passer au poisson quand même ! N’auront qu’à faire avec.
    Chez son poissonnier, Madame Tricolo-Bontain tire la tronche. Encore de l’encornet ! qui vont dire… Ben ouiche, mais dimanche passé ils ont adoré, alors, on remet ça ! Espérons que la bestiole céphalopode ne goûte pas trop l’escalope… Et s’ils râlent trop, en juin je leur fais des tripes ! Chiche ?

    Lundi 8 mai :

    Chacun aura sûrement encore un peu faim et tirera la tronche sauf peut-être Emmanuel, repus et souriant aux anges... Désormais, et pendant cinq ans, ce sera vraisemblablement escalope à tous les repas. Et pour tout le monde !


    Ah ! Oui ! Ce lundi, c’est aussi l’anniversaire de la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie. Mais bon, ça c’est tous les ans depuis quarante-cinq.


    (Jean-Charles Perrault de La Fontaine)

  • Le premier "Mais"

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    Le premier « Mais »

    Tout commence avec « Areu ! »
    Ou « Areu ! Areu ! » chez les plus bavards.
    Ensuite « Pappp-a » et "Mammm-an"
    Et puis, beaucoup de « Non », « Nan » ou équivalents temps plein.
    Et, enfin, le « Oui »
    Le plus dur à sortir
    Le premier « Mais » se produit généralement
    juste après
    En fait, il s’agit plutôt d’un premier « Oui, mais ! »
    Le « Oui mais », ou, plus grave, le « Oui, ………. mais »
    Celui qui te laisse croire que c’est arrivé … mais que… c’est pas encore gagné
    « Je t’aime… mais… »
    « Je veux bien te filer un coup de main… mais »
    « Je t’appellerais bien plus souvent… mais »
    L’amour, l’amitié sans mais
    Le « Oui » seul, sans surprise, sans arrière-pensée, sans échappatoire, …
    La capitulation sans conditions

    Le « Oui » dernier prix
    Le « Oui » tout de suite, sans réfléchir…
    Pas le «Oui, mais » qui te donne envie d’un « Premier joint »…

  • Grisaille

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    La nuit avait laissé trainer son crayon
    Frissonnant
    Le matin s’en est emparé
    Il a ôté le bleu du ciel
    L’orangé des toits
    Et le rose des briques
    Tremblotant
    Il a hachuré le vert salade qui
    poussait sur les branches
    Et estompé les mots joyeux
    des chansons des oiseaux
    Son haleine a voilé mon cœur
    d’une buée infinie
    Il a regardé le papier
    Puis s’est ravisé
    Il a cherché la gomme
    Mais le mal était fait
    Il a cherché la gomme
    Mais n’est pas revenu
    Le vent
    Complice endormi
    N’a rien dit
    Et sur l’étain poli du fleuve
    Glisse un oiseau blanc
    Seul signe de vie
    Dans ce paysage
    De papier sale
    Infusion d’encre de chine
    Qui attend la pluie
    Perfusé de thé gris
    Mon cœur
    S’est assis
    Pour attendre le soir
    Pour qu’il dise à la nuit
    De ranger son crayon
    Avant de s’en aller
    Afin que le matin
    N’aie rien plus rien sous la main
    Pour griffonner demain

     

     

  • Parenthèses de bonheur

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    Les forces occultes qui nous gouvernent ne sont ni en enfer ni au paradis, elles sont dans les banques et les cénacles politico-financiers.
    Elles résident aussi dans l'obscurantisme (entretenu) des électeurs.
    Les Trumps, Orban, et autres Erdogan, ne sont pas des putschistes. Ils ont été démocratiquement élus.
    Ce qui veut dire, plus qu'hier encore, qu'il ne faut plus faire confiance aux peuples pour savoir ce qui est (ou pas) bon pour eux. 
    Les puissances  qui nous gouvernent ne sont pas occultes, mais identifiées autant qu'inaccessibles. Et ce ne sont pas les frétillements des campagnes électorales, ni les résultats des scrutins, qui vont fondamentalement changer la donne. 
    En choisissant parmi les solutions extrêmes qu'on lui  présente le citoyen opte pour un hypothétique meilleur. Dans ce cas, c'est une part de sa liberté qu'il joue à pile ou face. Rien n'étant moins sûr que l'incertain. Et s'il choisit un parti plus soft, il vote  pour la certitude d'une continuation de ses frustrations.
    Libre à l'homme d'adhérer à une religion pour l'aider à supporter tout ça.
    Ou, pour celui qui ne croit pas en l'existence d'une puissance supérieure extra-terrestre ou de divins envoyés spéciaux venus d'ailleurs, libre à lui de se créer des parenthèses du supportable. 
    Changer toute la société est impossible. Il y aura toujours des profiteurs qui embobineront des électeurs pour satisfaire "majoritairement" leurs ego. Bien loin de l'intérêt général.
    Aux hommes libres de se constituer des ilots de liberté, à l'abri des anti-cyclones de la réalpolitique du tout à l'économique et du bénéfice à court terme.
    Et ces hommes-là existent. Leur simple combat est de vivre autrement. Rattachés à la société par un minimum vital. Société à laquelle ils participent et contribuent  solidairement, se réservant une "double nationalité" salvatrice entre leur écosystème librement créé et la matrice globale à laquelle ils ne peuvent matériellement renoncer.
    Schizophrènes ? Certes, un peu.
    Mais leur bonheur, leur sérénité et leur équilibre est à ce prix.
    Les écologistes ont voulu d'abord changer le système de l'extérieur, puis de l'intérieur.
    Leur combat plein d'espoir se poursuit, entre le mépris supérieur des élites économico-financières (et finassières) qui brandissent le plein emploi, le chaos et la misère à chaque proposition d'avancée écologico-humaniste, d'une part, et les quolibets agacés de ceux qui veulent un air pur sans changer leurs habitudes, d'autre part. 
    Leur idéal et leur courage pèse souvent peu face à l'obscurantisme de ces majorités de moins en moins silencieuses. Mais leur "maladie" de l'esprit est contagieuse.
    Pour vivre positivement il faut à l'homme libre "cancériser" le monde à coups de petites métastases oxygénantes (gênantes ?). Lesquelles, loin de s'attaquer au grand corps sociétal malade, vont créer des cellules de vie immunisée où il sera possible de s'épanouir autrement que par la compétitivité. 
    Par une activation volontariste des propensions naturelles au bonheur. 
    Propensions naturelles à la création désintéressée, individuelle ou collective, à l'initiation à la culture, ... A l'amitié, la famille, le bénévolat, l'art de vivre ensemble, la méditation, le soin de soi par une alimentation raisonnée...
    Des propensions que la paresse légitime engendrée par le travail et ses conditions vient sans cesse contrarier. Aidée en cela par l'engourdissement de l'esprit, cultivé par l'action soporifique de certains médias de masse, propriétés des pseudo-forces obscures dont question plus haut.
    Loin du parasitisme, puisqu'ils payent leurs impôts, ces schizophrènes du bonheur osent sauter du train fou de l'abrutissement. Juste le temps  de récupérer les forces nécessaires  à supporter le stress  de la compétitivité à outrance et du burn-out réunis qu'on leur impose à l'extérieur.
    Sans cracher dans la grande soupière, ils font bol à part.
    Il faut arrêter de croire aux spectres que les politiques traditionnels (et leurs sponsors) agitent sans cesse : sécurité et plein emploi.
    Ils (et nous, et nos parents aussi) ont doucettement, et bien involontairement (pour certains), créé les conditions de cette insécurité généralisée. Faite de mondialisation et d'insatisfaction planétaire. Faisant du bien-être matériel dont nous jouissons un appât pour les moins favorisés. Et il nous faudra nous habituer à vivre avec. Si cela n'est déjà fait.
    Le plein emploi et les technologies de pointe, et l'automatisation qu'elles entrainent, ne feront jamais lit commun.
    Le chômage deviendra une profession reconnue. Il faut s'en  faire une raison, sans juger, ni condamner. Comme les migrations. Sans juger ni condamner. 
    Si la société, et ceux qui travaillent, sont devenus incapables de fournir du travail à tous, il faudra bien un jour passer par le revenu universel, ou quelque chose de semblable, pour éviter les guerres civiles et les marginalisations outrageantes et frustrantes. Ce qu'on appelait le progrès, destiné à sauver les humains, est devenu un poison universel. Mais l'antidote existe. Et il est individuel.
    On ne changera cette société du progrès qu'en s'y adaptant.
    En douceur, parallèlement. Volontairement.
  • Météo fluviale

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    Le poète trace le profil de ses sentiments avec le pinceau de son cœur et les couleurs de ses mots.
    Il travaille en musique aux sons acides des voyelles vertes et des consonnes, sonnent sonnent, sourdes ou vibrantes.
    Son dessin se lit de gauche à droite et de haut en bas.
    Son tableau se lit tout bas pour ne pas déranger la résonance des voix intérieures qui mettent « a capella » ses rimes en musique.
    Ce qu’il dessine importe peu, ce qu’il chante ne compte pas. Seuls comptent les échos que ses mots et ses sons produisent sur le diapason de l’âme.

    IMG_1723.jpgCe matin, le fleuve qu’il regarde ne réfléchit qu’un ciel d’ardoise et les visages tristes des maisons en attente de bruine.
    Le fleuve qui ne réfléchit pas, et qui avance.
    Dont la vie n’a qu’un sens.
    Avaler.
    Répondre à l’appel de la mer, lointaine.
    Comme les anguilles répondent à celui de celle des Sargasses.
    Encore plus lointaines.
    Le temps du fleuve n’est pas celui des hommes. Ni des anguilles.
    Les humains  pestant dans le bouchon qui s’est formé au rond-point du pont des Ardennes.
    Les humains qui courent au boulot, immobiles au volant.
    Les humains qui courent dans tous les sens pour en donner un à leur vie.
    Sur le RAVeL, un chien tire son propriétaire mal éveillé vers un informel urinoir. Ils s’arrêtent. Le maître libère l’animal pressé. Il file au pied d’un magnolia qui entrouvre déjà la coupe de ses fleurs mauves.
    Le temps d’une crotte, l’homme a regardé l’eau. Mouvante. Perdu dans ses pensées et dans l’illusion d’avoir arrêté le temps.
    Une première péniche a troublé le fleuve, indifférent et noyé dans ses réflexions de façades. Brisant le miroir lisse où le ciel se refaisait une griseur, et dérangeant des pensées que l’homme voulait sereines.
    Les temps se sont entrechoqués.
    Le temps de la péniche contrecourante. Pressée par un marinier obsédé par l’idée d’une bassinée imminente.
    Le temps du fleuve, avalant, métronomiquement réglé par l’éclusier et ses ventelles. Imperturbablement nonchalant.
    Le temps du chien. Enfin soulagé et passant sans remord à autre chose.
    Le temps des hommes. Bloqué sur le pont.
    Le temps du maître du chien. Illusoirement maître de son temps. Rêvotant, la laisse pendante au bout du bras.
    Le temps du poète conjuguant à tous les temps.
    Les mille temps de la valse du temps.

     

     

  • "Marche pour la vie" : interdiction de couper les choux !

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    Jusqu’à l’âge de onze ans, j’ai cru dur comme fer que, dans la nuit du 5 décembre, un vieux monsieur déguisé en évêque, avec mitre, crosse et tout le saint tremblement, accompagné de son âne et d’un esclave africain, s’introduisaient chez moi par un conduit de cheminée mesurant à tout casser trente centimètres sur vingt. Qu’ils déplaçaient, en plus, une cuisinière de marque Ciney d’une demi-tonne, et bourrée de charbon rougeoyant, pour pouvoir m’apporter des jouets, des mandarines et des bonbons. Comment faisaient-ils pour remonter en ayant replacé le poêle ? C’était ça le vrai miracle !
    Plus tard, au catéchisme, un autre monsieur, déguisé en veuve calabraise, m’a assuré que c’est un volatile à visage humain nommé Gabriel qui avait envoyé un pigeon (que j’étais) appelé saint Tesprit (qui croyait prendre) pour cocufier un charpentier de Nazareth et faire ainsi un fils à dieu, et par la même occasion à une brave fille qui, non seulement resterait vierge, mais garderait le nom toute sa vie. Vie d’ailleurs qu’elle passerait à revenir sur terre après sa mort pour dire aux autres pigeons qu’elle était toujours immaculée ! Soit. Mais pendant tout ce temps, ma grand-mère m’assurait que les enfants ça naissait dans les choux… Schizophrène moi ? Meuh non… Mais j’allais quand même traîner souvent dans le jardin… au cas où… On ne sait jamais !
    Re-soit ! Mais bon, saint Nicolas cela n’a duré que jusqu’à mes onze ans, et pour le reste Marie, Jésus, Joseph, j’eus vite compris, avec l’aide de mes copains, que Gabriel s’appelait en fait Zizi et que c’était pas des trucs à faire sinon « on était obligé de se marier ».
    Et vl’la t’y pas que dimanche au JT je tombe sur un cortège (une procession mariale ?) constituée de gens qui continuent de croire dur comme fer que Gabriel, saint Tesprit et donc Dieu sont les papas de Jésus, et donc que mama Marie a toujours un hymen non perforé, et qui manifestent contre une loi qui a été votée quand la plupart n’étaient même pas encore nés. Des gens qui croient que Darwin a créé le monde en sept jours, et sans heures sup !
    Et qu’est-ce qu’ils veulent imposer à toutes ces gens-là ?
    Eh ben, ils veulent interdire que l’on coupe les choux fraîchement repiqués. Rien de moins, rien de plus !
    Ben ouais, le raccourci est saisissant. Mais c’est ça. Quand on croit au surnaturel au point d’en faire une règle stricte de vie quotidienne, on en arrive à extrapoler ses croyances au point d’en perdre la raison. Vous verrez, ce seront les mêmes qui bientôt nous obligeront à « étourdir » les huitres avant ouverture. Les mêmes qui proposeront, si on les laisse se reproduire sans capote, le port obligatoire du triangle rose pour les « sexuellement orientés différemment ». Les mêmes qui remettront Zola à l’index. Les mêmes qui n’osent pas écrire « vierge » sans le « i », du moins avant le mariage.
    Ceux-là mêmes qui fustigent les musulmans pour cause d'
    intégrisme !

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  • Insolation...

     

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    - Puisque l’est est l’orient, pourquoi, lorsque l’on perd le nord, ne dit-on pas : « Je suis dénorienté ! ».
    - Vous ne seriez pas un peu à l’ouest ce matin ? Il faut carrément avoir perdu la boussole, et être tout à fait déboussolé, pour tenir de tels propos un samedi matin.
    - La dénorientation n’est rien autre qu’une migration estivale que d’aucuns nomment volontiers la sudation.
    - La sudation ? Et à jeun, qui plus est. Vous avez toujours eu l’art de sauter du coca light…
    - Avouez que le climat méditerranéen provoque une sudation naturelle que les nordiques sont obligés de remplacer par des séances de sauna pour se sentir bien dans la blondeur qui leur sert de peau.
    - Naguère, la sécession a rendu le nord esclave du sud et de son régime ultraviolé. Voilà que je me mets à parler comme vous maintenant.
    - Prenez-en de la migraine. A force de prendre des coups de soleil de minuit, l’aspirine bayère…
    - Et comme disait un membre solaire de la ligue du sud, la ligne de démarcation entre le nord et le sud de la Loire provoqua une faille tectonique et un glissement des plaques qui sclérosent encore aujourd’hui notre société.
    - Certes, et l’exquis nordique, qui est l’apanage des pays éponymes, ne peut décemment se pratiquer en août.
    - C’est ce qu’on appelle l’hiver de la médaille qui n’est pas un endroit de l’homme oslovaque.
    - Le syndrome de Stockomme…
    - Ca c'est l'égout qui fait déborder la vase... Mademoiselle, passez-moi le 112 s’il vous plait. C’est pour une crise de confusion cardinale. Oui, il est complètement désudé. Non pas dénudé. Oui, désudé. C’est comme désorienté, mais inversement et de gauche à droite. Sa l’attitude ? Ben un peu dyslexique sur les bords, fatalement. Oui, il a pétain un câble. Comment ? Du repos et vous rappeler lundi au soleil ! Et boire de l’eau, beaucoup d’eau… Pas de Vichy... De l'évian ! Désaccord Mademoiselle. Bon wékènne à vous aussi. Merci pour votre collaboration Mademoiselle… !

  • Co remémorations



    IMG_0467.jpgMinutes de bruit

    Ou silences minutés
    Paroles fortes
    Lacrimogènes
    Anniversaires surmédiatisés
    Et gerbes déposées
    Micros tendus
    Comme des aspirateurs d’émotions
    Lieux communs pour lieux de mémoire
    Bougies de chauffe-plats 
    Aux flammes tremblotantes
    Cris dérisoires

    Sur les pavés lavés


    C’est pour les vivants
    Pour ceux qui restent
    Habillés de pourquoi

    Pendant que les loups
    Fous jaloux
    Fous frustrés
    Fous de haine
    Habillés de dieu
    Attendent

    Que le troupeau s'habille de peur

    Puis
    Que le troupeau oublie
    Que le troupeau revive

    Avant de le remordre
    Des loups pour qui
    La vie n’a plus de sens
    Ni de valeur
    Des loups qui tuent sans faim
    Et sans plaisir
    Des loups à qui
    Il faudrait
    Simplement
    Un jour
    Réapprendre
    Encore
    Et encore
    A réaimer
    La vie

     

  • Fin d'hiver, faim de printemps

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    L’hiver déprime
    Et pleure à gros bouillons
    Il voudrait bien neiger
    Mais il ne le peut plus
    Il sait ses jours comptés
    Son ciel macadam
    Dégorge sa bile grise
    Sur un paysage coupable
    Buvard et résigné
    Les forsythias ont pris le pouvoir
    Au parti des jonquilles
    L’hiver déprime
    Et fait sa grise mine
    Sa tristaille contagieuse
    Tente de noyer le fleuve
    Qui s’enfuit
    Pressé
    Grossi de toutes parts
    Par les ruisseaux gonflés
    Allant chercher plus loin
    D’autres prés à verdir
    L’hiver déprime
    Déballe son K-Way
    Et range les doudounes
    Il sent que c’est fini
    Et qu’il n’aura bientôt
    Même plus son heure à lui